Le passage de Félix Tshisekedi à Mbuji-Mayi a remis les routes, la MIBA, l’énergie et l’aéroport de Bipemba dans le débat provincial. Au 1er septembre, il n’a toutefois débouché sur aucun nouvel engagement chiffré ni calendrier public pour ces dossiers. L’après-visite commence donc par une exigence simple : dater ce qui doit l’être.
Un séjour terminé, un tableau de bord encore incomplet
Félix Tshisekedi est arrivé à Mbuji-Mayi le 29 août pour une mission annoncée autour du désenclavement et du suivi des projets de développement. Après la dédicace de l’église Notre-Dame de l’Espérance, il a reçu un état d’avancement des principaux axes routiers du Grand Kasaï.
Ce point technique a livré quelques repères. Pour la RN2 entre Mbuji-Mayi et Kabinda, environ 20 kilomètres étaient présentés comme asphaltés et près de 50 comme ouverts. Le ministre des Infrastructures a fixé l’objectif de 80 kilomètres asphaltés avant décembre. C’est l’échéance la plus nette rendue publique pendant la séquence.
Pour le reste, les informations disponibles décrivent des priorités, des inspections annoncées ou des attentes locales. Elles ne constituent pas toutes des décisions nouvelles. Cette distinction est essentielle pour éviter qu’un dossier cité lors d’un séjour présidentiel soit aussitôt présenté comme financé, lancé ou achevé.
Bipemba attend toujours un compte rendu précis
Avant l’arrivée du chef de l’État, l’inspection des travaux de l’aéroport de Bipemba figurait dans le programme annoncé. Au terme du séjour, aucun compte rendu public distinct n’avait confirmé la tenue d’une visite physique du chantier ni détaillé son état d’exécution.
Cette absence ne prouve ni l’arrêt des travaux ni leur retard. Elle signifie seulement que le public ne dispose pas encore des éléments permettant de vérifier ce volet du programme. Un suivi utile devrait préciser les ouvrages achevés, ceux qui restent à réaliser, le coût actualisé, l’entreprise responsable et la date de réception prévue.
Pour une ville dont la connexion aérienne pèse sur les déplacements des personnes et l’activité économique, ces données ne sont pas accessoires. Elles permettent de juger le chantier sur ses résultats plutôt que sur sa seule présence dans un agenda officiel.
La MIBA reste sans nouvelle échéance publique
La relance de la Minière de Bakwanga demeure le dossier le plus sensible du séjour. L’entreprise porte à la fois l’histoire industrielle de la province, les attentes d’emploi et les revendications de travailleurs confrontés aux arriérés de salaires.
Le déplacement présidentiel n’a pas produit, au 1er septembre, de nouveau montant annoncé, de calendrier de décaissement ou d’objectif de production rendu public. Les engagements antérieurs restent donc la base de référence, mais ils ne doivent pas être comptés une seconde fois comme des décisions prises pendant cette visite.
La prochaine information vraiment utile serait un état d’exécution : sommes effectivement versées, dettes sociales réglées, équipements remis en service, production obtenue et emplois stabilisés. Sans ces indicateurs, le mot relance continue de désigner une intention plus qu’un résultat mesurable.
Énergie et cimenterie, des demandes locales à ne pas transformer en promesses
Lors de la cérémonie religieuse, l’évêque de Mbuji-Mayi a rappelé plusieurs besoins de la province : la centrale hydroélectrique Tubi Tubidi II, annoncée à 39 mégawatts, la MIBA, une cimenterie locale et l’accélération des routes. Il s’agit de priorités formulées devant le Président, pas de nouveaux engagements présidentiels chiffrés sur place.
Cette nuance protège la parole publique. Elle évite de créer une promesse qui n’a pas été faite et permet de concentrer le suivi sur les décisions réellement documentées. La Conférence sur le développement du Grand Kasaï, annoncée du 5 au 7 octobre à Mbuji-Mayi, offre déjà un prochain rendez-vous pour demander des calendriers, des responsables et des modes de financement.
Un geste social en marge, sans confusion de responsabilités
En marge du séjour présidentiel, Denise Nyakeru Tshisekedi a visité l’orphelinat Saint-Joseph Bena Tshibuabua, qui accueille 74 enfants. Des vivres, médicaments, produits d’hygiène, uniformes, fournitures scolaires et jouets ont été remis. Ce fait relève de l’action de la Première dame et ne doit pas être attribué au Président.
Aucune valeur financière globale ni engagement de suivi n’a été publié avec cette remise. L’aide ponctuelle répond à des besoins immédiats, tandis qu’un accompagnement durable supposerait des responsabilités et des ressources clairement identifiées.
Après les cérémonies et les briefings, le bilan politique du passage se jouera donc dans la précision. La RN2 dispose d’une échéance annoncée. Bipemba, la MIBA, l’énergie et la cimenterie attendent encore des calendriers publics comparables. C’est cette reddition de comptes, mois après mois, qui permettra aux habitants de mesurer ce que la visite aura réellement changé.

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