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RDC : la C64 confirme sa marche du 15 septembre et durcit le bras de fer politique

RDC : la C64 confirme sa marche du 15 septembre et durcit le bras de fer politique
Mobilisation politique de l’opposition congolaise. Photo : Communication PNP.

La rentrée politique congolaise s’annonce tendue. La Coalition Article 64, qui réunit plusieurs figures majeures de l’opposition, rejette les consultations annoncées autour du dialogue national et maintient une marche nationale le 15 septembre 2026. Le pouvoir, lui, présente son initiative comme un processus territorial de paix et de refondation de l’État.

Un refus formulé au lendemain de l’annonce présidentielle

Dans un communiqué publié le 28 août, la C64 a opposé un refus aux consultations populaires annoncées par Félix Tshisekedi. La coalition estime que ce format ne répond pas à sa demande d’un dialogue national inclusif doté de garanties politiques et d’une médiation crédible.

La plateforme regroupe notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga. Elle lie sa mobilisation à son opposition à toute modification de la Constitution susceptible, selon elle, d’ouvrir la voie à un troisième mandat après 2028.

La marche du 15 septembre maintenue

La C64 appelle à une marche nationale le 15 septembre. Cette date avait déjà été avancée avant l’allocution présidentielle. Sa confirmation transforme la contestation institutionnelle en test de mobilisation populaire, à Kinshasa comme dans les provinces.

Le caractère pacifique du rassemblement sera un enjeu central. Les précédentes manifestations ont montré les risques de confrontation entre militants, forces de l’ordre et groupes politiques rivaux. Les autorités auront la responsabilité d’encadrer la liberté de manifester, tandis que les organisateurs devront prévenir les débordements.

Deux visions du dialogue

La Présidence décrit un processus d’une durée maximale de trois mois, commençant dans les 26 provinces avant des assises nationales à Kinshasa. Félix Tshisekedi affirme vouloir recueillir la parole des territoires et éviter un dialogue réduit au partage des postes.

L’opposition conteste toutefois le pilotage du processus et demande des garanties d’indépendance. Elle critique notamment l’absence, à ce stade, d’un tiers médiateur accepté par tous. La place des Églises, souvent sollicitées dans les crises politiques congolaises, reste l’une des questions ouvertes.

La Constitution au centre du rapport de force

Derrière la querelle de format se trouve la question constitutionnelle. La C64 soupçonne le pouvoir d’utiliser les consultations pour préparer une révision. La Présidence affirme, pour sa part, vouloir traiter les causes structurelles de l’instabilité et renforcer les institutions.

Cette divergence nourrit une crise de confiance. Pour la réduire, le pouvoir devra préciser le mandat du comité d’organisation, les critères de participation, le statut des résolutions et les mécanismes de suivi. L’opposition devra, de son côté, indiquer les conditions concrètes qui permettraient sa participation.

Une séquence politique à haut risque

Le pays affronte simultanément la guerre dans l’Est, les urgences sociales et les défis budgétaires. Une confrontation prolongée autour du dialogue pourrait détourner l’attention de ces priorités. À l’inverse, un processus crédible pourrait offrir un cadre de désescalade.

Les prochaines semaines seront donc déterminantes. Le dialogue annoncé et la marche du 15 septembre ne sont pas deux événements isolés : ils constituent les premiers actes d’un rapport de force qui pourrait structurer toute la rentrée politique. La responsabilité des acteurs sera d’empêcher que la compétition politique ne bascule dans la violence.

La société civile et les partenaires internationaux suivront également cette séquence. Leur vigilance portera sur les conditions de la marche, le respect des droits et la possibilité d’un retour à la table des discussions. Une issue politique exigera probablement des concessions de méthode plutôt qu’un accord immédiat sur le fond. Plus les règles seront transparentes, moins chaque camp pourra présenter le processus comme un instrument exclusivement contrôlé par l’autre.

Le premier indicateur sera la capacité des deux camps à maintenir des canaux de discussion malgré la mobilisation annoncée dans la rue.

Sources consultées

Actualite.cd ; Reporter.cd ; Présidence RDC.

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