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Kasaï-Oriental : Tshisekedi inspecte les routes, la MIBA et l’énergie restent au cœur des attentes

Kasaï-Oriental : Tshisekedi inspecte les routes, la MIBA et l’énergie restent au cœur des attentes
L’aéroport de Mbuji-Mayi photographié en novembre 2011. Photo d’illustration, l’image ne documente pas le séjour présidentiel d’août 2026. Crédit : MONUSCO/Myriam Asmani, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.

Arrivé à Mbuji-Mayi le 29 août, Félix Tshisekedi a mêlé cérémonie religieuse et suivi des grands travaux du Grand Kasaï. Les routes ont donné lieu à un point technique précis. Pour la MIBA, l’électricité et la cimenterie, les habitants attendent encore que les priorités rappelées pendant le séjour se traduisent en réalisations mesurables.

Une sixième visite placée sous le signe de l’itinérance

Félix Tshisekedi est arrivé samedi à l’aéroport de Bipemba pour un séjour de travail au Kasaï-Oriental. Il s’agissait de sa sixième visite à Mbuji-Mayi depuis son accession à la présidence. Le gouverneur Jean-Paul Mbwebwa et les autorités provinciales l’ont accueilli à sa descente d’avion, avant un trajet vers la ville devant une foule nombreuse.

La mission avait été annoncée autour de trois préoccupations familières aux habitants : le développement, le désenclavement et l’amélioration des conditions de vie. Le programme prévoyait un suivi des routes, de l’aéroport de Bipemba et de la relance de la Minière de Bakwanga, la MIBA. À la clôture de cette édition, tous les volets annoncés n’avaient toutefois pas encore fait l’objet d’un compte rendu public détaillé.

Cette réserve est importante. Un chantier inscrit à l’agenda n’est pas nécessairement un chantier visité, et une attente exprimée durant une cérémonie ne vaut pas décision budgétaire. Le passage présidentiel peut donc être lu comme un moment de contrôle, mais aussi comme un rappel des dossiers qui s’accumulent depuis plusieurs années.

La dédicace devient une tribune pour les besoins de la province

Dimanche, le chef de l’État et Denise Nyakeru Tshisekedi ont participé à la dédicace de la paroisse universitaire Notre-Dame de l’Espérance et du sanctuaire Notre-Dame du Balai. Le complexe pastoral de 1 300 places, conduit par l’abbé Blaise Kanda, a été achevé après une attente d’environ quarante ans.

La célébration n’est pas restée cantonnée au religieux. Mgr Emmanuel-Bernard Kasanda, évêque de Mbuji-Mayi, a profité de la présence présidentielle pour remettre plusieurs urgences provinciales au centre du débat. Il a cité la centrale hydroélectrique Tubi Tubidi II, annoncée avec une capacité de 39 mégawatts, la relance de la MIBA, la création d’une cimenterie locale et l’accélération des travaux routiers.

Ces éléments ont été présentés par l’évêque comme des priorités du Kasaï-Oriental. Ils ne constituent pas de nouvelles promesses faites sur place par le Président. Mgr Kasanda a également annoncé une conférence sur le développement du Grand Kasaï, prévue à Mbuji-Mayi du 5 au 7 octobre, autour de l’agriculture, de l’industrie, de l’investissement, de la culture et de l’éducation.

Sur les routes, des kilomètres réalisés et une échéance annoncée

Le lundi 31 août, Félix Tshisekedi a reçu un point d’étape sur les grands chantiers routiers au croisement des avenues Inga et Kasa-Vubu, sur la RN1. Le ministre des Infrastructures, John Banza Lunda, et l’Agence congolaise des grands travaux lui ont présenté l’avancement de plusieurs axes qui relient Mbuji-Mayi au reste du Grand Kasaï.

Le briefing a porté sur la RN1 Mbuji-Mayi vers Nguba, la traversée de la ville, la RN2 entre Mbuji-Mayi et Kabinda, l’axe Bena Kazadi vers le port de Ndomba, ainsi que les liaisons Munkamba-Lusambo et Kananga-Kalamba Mbuji. Ces routes ne répondent pas toutes au même besoin. Certaines doivent fluidifier la circulation urbaine, d’autres permettre aux marchandises et aux productions agricoles de rejoindre les grands corridors.

Sur la RN2 Mbuji-Mayi-Kabinda, les chiffres présentés font état d’environ 20 kilomètres asphaltés et de près de 50 kilomètres déjà ouverts. Le ministre a annoncé un objectif de 80 kilomètres asphaltés avant décembre. Cette échéance doit encore être tenue. Elle offre néanmoins un repère concret pour juger l’avancement dans les prochains mois.

La MIBA reste le test le plus politique

Le dossier de la MIBA pèse davantage que son inscription dans un programme de visite. En août 2024, un plan gouvernemental de relance d’au moins 70 millions de dollars avait été structuré en cinq axes. En décembre de la même année, Félix Tshisekedi avait annoncé une prochaine enveloppe de 50 millions de dollars pour l’entreprise.

À Mbuji-Mayi, la question n’est donc plus de savoir si la relance est souhaitée. Elle consiste à vérifier ce qui a été effectivement décaissé, quelles capacités de production ont été restaurées et combien d’emplois durables peuvent en résulter. Au 31 août, aucun bilan public du séjour ne permettait encore d’établir qu’une inspection physique de la MIBA ou de Bipemba avait déjà eu lieu.

Le déplacement aura produit des images, des contrôles de chantier et un rappel très net des attentes. Sa portée politique dépendra maintenant de la suite : respecter les échéances routières, rendre compte des financements de la MIBA et préciser le calendrier énergétique. Dans une province qui réclame moins d’annonces et davantage de continuité, ce sont ces vérifications qui donneront sa valeur au passage présidentiel.

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