La Coalition des patriotes pour le changement (CPC) conditionne sa participation au dialogue national à des garanties sur la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC. Son coordonnateur, Pathy Katanga, a exposé cette position à Kinshasa le vendredi 11 septembre 2026, selon le compte rendu de l’Agence congolaise de presse.
La CPC ne rejette donc pas le dialogue, mais elle veut en connaître les règles avant de s’engager. Qui participera ? Que pourront décider les assises ? Et comment faire respecter les engagements une fois les discussions terminées ?
Une condition qui touche au cœur de la crise
La question territoriale pèse sur toute initiative politique depuis la reprise des conflits dans l’Est. Des localités restent sous le contrôle de groupes armés, des millions de personnes ont connu le déplacement et les discussions de paix se déroulent sur plusieurs pistes diplomatiques. Dans ce contexte, une partie de l’opposition redoute qu’un compromis politique interne soit interprété comme une acceptation de faits accomplis sur le terrain.
La plateforme réclame aussi une démarche du gouvernement auprès du Conseil de sécurité pour obtenir un tribunal pénal international consacré aux crimes commis en RDC. Katanga souhaite renforcer les garanties constitutionnelles sur le territoire et placer la lutte contre la corruption dans les discussions. Il s’agit de demandes politiques, non de décisions déjà adoptées.
La plateforme lie ainsi les discussions politiques à la justice pour les victimes. L’arrêt des combats ne répondrait pas, à lui seul, aux demandes de vérité et de réparation liées aux violences.
Le contexte politique évolue avant le 15 septembre
Autre prise de position à l’approche du 15 septembre : le Parti démocrate et social-chrétien soutient la mobilisation annoncée par la C64, rapporte Actualité.cd le 12 septembre. Favorable à un dialogue inclusif, le PDSC précise toutefois qu’il n’adhère pas à cette coalition.
Décryptage : les garanties à examiner
Plusieurs questions restent ouvertes : le choix des médiateurs, les conditions de participation et la portée des décisions. Les informations disponibles ne font pas état d’un accord entre les parties sur ces points.
Ouvrir les discussions à davantage d’acteurs permettrait d’entendre les provinces et les communautés touchées par la guerre. Encore faudrait-il organiser les échanges pour que les propositions des femmes, des jeunes et des déplacés ne se perdent pas dans les discours des partis.
Des comptes rendus réguliers permettraient de suivre les propositions de chaque camp et les décisions retenues. Ils aideraient aussi à réduire les rumeurs autour des négociations.
Le dialogue devra produire des réponses vérifiables
La réaction de la CPC confirme que l’opposition n’aborde pas le rendez-vous avec une position unique. Certains acteurs réclament davantage d’inclusion, d’autres insistent sur la Constitution, la sécurité ou la libération de détenus. Le pouvoir devra traiter ces demandes sans perdre de vue l’urgence quotidienne des populations de l’Est.
Pour être crédible, le dialogue devra déboucher sur des mesures vérifiables. Il pourrait s’agir d’un calendrier public, d’un mécanisme de suivi indépendant et d’engagements précis sur la protection des civils, le retour des déplacés et la restauration de l’autorité de l’État. Sans instruments de contrôle, les promesses risquent de se dissoudre une fois les travaux terminés.
La participation de la CPC reste donc incertaine. Sa position place les garanties territoriales au centre des discussions à venir, avant même que les parties se retrouvent autour de la table.
À lire également
- Dialogue national en RDC : la bataille des garanties commence avant les consultations
- Dialogue national : Fayulu et le FCC contestent l’exclusion de l’AFC/M23
- Dialogue national : le refus de la C64 accentue la pression sur le pouvoir
- RDC : la marche du 15 septembre replace le référendum au cœur du bras de fer politique
Views: 0
