La Police de circulation routière du Kasaï-Oriental a annoncé, le 10 septembre 2026, une limite de trois élèves transportés simultanément à moto à Mbuji-Mayi. Son commandant provincial, Félix Mukuna, a également annoncé des contrôles renforcés, selon Radio Okapi le 11 septembre. La police dit constater des motos transportant jusqu’à cinq ou six élèves.
Trois enfants sur une moto ne voyagent pas pour autant sans risque. La place disponible, le port d’un casque adapté et l’état du véhicule restent déterminants. La limite annoncée par la police ne vaut pas garantie de sécurité.
Décryptage : entre sécurité et contraintes des familles
Limiter le nombre d’élèves peut aussi modifier le budget du trajet scolaire. Regrouper les enfants sur une même moto évite de payer plusieurs courses, mais augmente les risques liés à la surcharge. Trouver une solution abordable fera partie des difficultés d’application.
Des trajets scolaires organisés, des points de rassemblement sûrs ou des tarifs négociés pourraient offrir d’autres possibilités aux parents. Ce sont des pistes à discuter avec les écoles et les conducteurs, pas des dispositifs déjà annoncés.
La PCR prévoit des patrouilles et des sanctions. Le reportage ne précise pas le montant des amendes. Les conducteurs et les parents devront être informés des modalités de contrôle.
Le casque reste le grand absent
Réduire la surcharge ne règle pas toutes les questions de sécurité. Le casque, la vitesse et la position de l’enfant sur la moto comptent également. La sensibilisation devra donc porter sur l’ensemble du trajet, pas seulement sur le nombre de passagers.
Les écoles peuvent participer à la sensibilisation. À l’entrée et à la sortie des classes, elles voient les véhicules utilisés et peuvent alerter les parents lorsqu’une situation devient dangereuse. Une campagne courte, menée dans les établissements et les parkings de motos, serait probablement plus utile qu’une annonce diffusée une seule fois.
Les associations de conducteurs ont également un rôle. Elles peuvent identifier les chauffeurs qui assurent régulièrement le transport d’élèves, organiser des rappels de sécurité et discuter d’un tarif réaliste avec les familles. La responsabilité ne doit pas reposer uniquement sur l’enfant, qui n’a souvent aucun pouvoir sur le choix du véhicule.
Mesurer les effets de la décision
Dans les prochaines semaines, la ville devra observer si la surcharge diminue réellement. Le nombre de contrôles ne suffira pas. Il faudra suivre les accidents aux heures scolaires, les zones où la pratique persiste et l’évolution du prix des courses.
Une mesure de sécurité gagne en efficacité lorsqu’elle est comprise, équitable et applicable. Si elle se réduit à quelques opérations ponctuelles, les anciennes habitudes reviendront. Si elle pousse les familles vers des solutions plus coûteuses sans alternative, elle risque aussi d’être contournée.
La décision sera surtout jugée aux heures d’entrée et de sortie des classes. Reste à voir si les contrôles réduiront durablement la surcharge et quelles solutions les familles pourront adopter pour les trajets quotidiens.
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