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Tshopo : sans salaire depuis juin, des enseignants réclament un suivi public de la paie

Tshopo : sans salaire depuis juin, des enseignants réclament un suivi public de la paie
Des responsables d’écoles publiques réunis à Kabondo, Kisangani, en mars 2019. Photo d’archives : BamLifa, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons. L’image ne montre pas les enseignants concernés à Basoko et Yahuma.

Dans les territoires de Basoko et de Yahuma, des enseignants disent travailler sans avoir reçu leurs salaires depuis juin 2026. Leur intersyndicale réclame le paiement des mois de juin et juillet ainsi qu’un calendrier régulier. La demande arrive au moment de la rentrée, lorsque les mêmes agents doivent acheter cahiers, uniformes et autres fournitures pour leurs propres enfants.

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La colère vise l’agent payeur Caritas, mais sa réaction n’avait pas pu être obtenue au moment où l’alerte a été rendue publique. Cette précision est essentielle. Le retard est documenté par les déclarations syndicales, tandis que la responsabilité de chaque maillon doit encore être établie. Pour sortir du face à face, les autorités peuvent publier la trace du paiement, depuis l’ordre de décaissement jusqu’au versement à l’enseignant.

Une rentrée assurée malgré les salaires absents

Les enseignants concernés continuent de prendre en charge les élèves alors que leurs propres foyers manquent de ressources. Blaise Bongolo, président de l’intersyndicale, estime que cette situation démotive le personnel et fragilise la rentrée. Derrière cette déclaration, il y a des choix quotidiens très concrets : payer le trajet jusqu’à l’école, nourrir la famille, soigner un enfant ou patienter encore.

Le salaire n’est pas un avantage accessoire accordé après le service. Il permet à l’enseignant d’être présent, de se déplacer et de préparer ses cours dans des conditions minimales. Lorsqu’il tarde, l’école peut rester ouverte en apparence tout en fonctionnant sur la dette, les avances familiales et la bonne volonté du personnel.

Les élèves finissent eux aussi par subir la situation. Un enseignant inquiet ou obligé de chercher une autre activité dispose de moins de temps pour corriger les travaux et accompagner les difficultés. Le problème de paie devient ainsi un problème pédagogique.

Deux mois réclamés, une situation d’août à clarifier

L’alerte indique que les agents sont impayés depuis juin. Dans le détail, les revendications citées portent explicitement sur juin et juillet. Le statut du salaire d’août n’est pas précisé dans ce compte rendu. Il serait donc imprudent d’additionner automatiquement trois mois complets d’arriérés pour tous les enseignants.

Cette prudence n’allège pas la gravité des deux mois réclamés. Une communication officielle devrait préciser, territoire par territoire, le mois payé en dernier, le mois engagé, la date de transfert et le nombre d’agents encore en attente.

En août, des enseignants d’autres secteurs de la province éducationnelle Tshopo II avaient déjà signalé des retards à Isangi et à Opala. Les situations n’étaient pas identiques, mais elles montrent que le problème dépasse un seul établissement et mérite un suivi provincial cohérent.

La chaîne de paiement reste opaque

Les syndicats de Basoko et Yahuma mettent en cause Caritas, chargée de distribuer les salaires dans la zone. L’absence de réaction actuelle de l’organisation ne permet pas de vérifier cette accusation. Des épisodes antérieurs dans la Tshopo montrent d’ailleurs que les responsabilités ont déjà été disputées entre le gouvernement, les structures financières intermédiaires et l’agent payeur.

Cette opacité entretient les rumeurs. Un enseignant peut entendre que les fonds ont été libérés, tandis que l’agent payeur affirme ne pas les avoir reçus. Entre ces deux versions se trouvent plusieurs étapes administratives et bancaires que le bénéficiaire ne voit pas.

Une preuve de paiement utile ne devrait donc pas se limiter à annoncer que l’argent est disponible. Elle devrait indiquer la date à laquelle les fonds ont quitté le Trésor, celle de leur réception par l’intermédiaire, celle de leur mise à disposition locale et le nombre de bénéficiaires effectivement servis.

Le retard touche toute l’économie familiale

Dans un territoire où les revenus réguliers sont rares, le salaire d’un enseignant fait souvent vivre plus d’une personne. Deux mois sans paiement peuvent créer des dettes chez le commerçant, retarder un loyer ou repousser une consultation médicale. La rentrée scolaire ajoute une dépense au moment même où la trésorerie du foyer est épuisée.

Les marchés locaux ressentent également ce manque. Lorsque plusieurs agents publics ne sont pas payés, ils achètent moins auprès des vendeurs, reportent des travaux et réduisent leurs déplacements. Une irrégularité administrative finit ainsi par ralentir de petites activités qui dépendent de la consommation des ménages.

Il faut aussi mesurer l’inégalité territoriale. Un retard supporté à Kinshasa peut parfois être signalé rapidement auprès d’un siège national. À Basoko ou Yahuma, les distances, la connexion et le coût du déplacement compliquent les démarches. Le suivi doit donc être accessible sans obliger chaque enseignant à voyager pour faire reconnaître une anomalie déjà collective.

Un tableau public peut établir les responsabilités

La RDC dispose depuis plusieurs années d’un outil numérique présenté comme capable de suivre l’effectivité de la paie des enseignants. Le dossier de Basoko et Yahuma offre un test concret de son utilité. Les autorités éducatives et financières devraient pouvoir dire, sans exposer les données personnelles, où les fonds se sont arrêtés.

Un tableau mensuel par territoire pourrait afficher cinq éléments : période salariale, date de décaissement, date de réception par l’agent payeur, nombre d’enseignants servis et nombre de dossiers en anomalie. Une cellule de réclamation fournirait ensuite un numéro de suivi à chaque agent concerné.

La priorité reste le paiement des arriérés confirmés. Mais une régularisation silencieuse ne suffirait pas à prévenir le prochain retard. Les enseignants demandent aussi un calendrier fiable. Rendre la chaîne visible permettrait de payer, d’expliquer et de corriger. À Basoko comme à Yahuma, cette transparence serait la première étape pour remettre la confiance au même rythme que la rentrée.

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