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CAN 2032 : Kinshasa et Brazzaville étudient une candidature commune

CAN 2032 : Kinshasa et Brazzaville étudient une candidature commune
Kinshasa vue depuis Brazzaville, deux capitales appelées à coordonner leur projet pour la CAN 2032. Photo d’archives : Karin Lakeman, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

La République démocratique du Congo et la République du Congo travaillent sur la faisabilité d’une candidature commune pour accueillir la Coupe d’Afrique des nations 2032. L’idée séduit par sa géographie : Kinshasa et Brazzaville se font face sur les deux rives du fleuve Congo. Mais le passage du symbole au dossier de candidature obligera les deux pays à répondre ensemble à des questions de transport, de financement, de sécurité et de gouvernance.

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Une intention politique, pas encore un dossier

Le ministre congolais des Sports, Didier Budimbu, a fait état de pourparlers avec son homologue de la République du Congo. Selon sa cellule de communication, les deux responsables ont reçu l’accord de leurs chefs d’État pour examiner la faisabilité d’une candidature commune à la CAN 2032.

Le mot important reste « faisabilité ». Au 10 septembre, aucune remise formelle de dossier n’avait été annoncée. Les gouvernements évaluent encore leur capacité à porter le projet jusqu’au bout. Cette prudence est saine, car l’organisation d’une CAN engage plusieurs années de dépenses, de travaux et de coordination.

La CAF a ouvert le 3 juillet un appel aux candidatures pour les éditions 2028, 2032 et 2036. Elle a élaboré un cadre d’évaluation avec l’appui de conseillers techniques, financiers et juridiques. Une déclaration politique peut lancer l’élan, mais elle ne remplacera ni les garanties publiques ni les preuves de préparation.

Le fleuve rapproche les capitales sans résoudre la mobilité

L’image de deux capitales voisines constitue le premier atout du projet. Un tournoi partagé entre Kinshasa et Brazzaville pourrait offrir une identité forte, facile à raconter au public africain. Les deux villes disposent aussi de communautés passionnées de football et d’une expérience dans l’accueil de rencontres internationales.

La proximité visuelle ne signifie toutefois pas que les déplacements sont déjà simples. Supporters, équipes, journalistes et officiels devront franchir le fleuve rapidement, à des horaires étendus et dans des conditions prévisibles. Les formalités d’entrée, les contrôles de sécurité, la billetterie et le transport des équipements devront être pensés comme un seul parcours.

Un candidat crédible devra donc démontrer comment les aéroports, les routes, les ports et les navettes fonctionneront pendant les semaines de compétition. La qualité de l’expérience entre deux matches comptera autant que la distance dessinée sur une carte.

La CAF attend beaucoup plus que des stades

Le débat public se concentre souvent sur les enceintes. Elles sont essentielles, mais une CAN mobilise aussi des terrains d’entraînement, des hôtels, des centres médicaux, des dispositifs de diffusion, des réseaux de télécommunication et une alimentation électrique stable. Chacun de ces éléments doit répondre à des normes précises et être testé avant le tournoi.

Les deux Congo devront établir un inventaire honnête de ce qui existe, de ce qui doit être rénové et de ce qui reste à construire. Promettre plusieurs chantiers sans calendrier réaliste fragiliserait la candidature. Présenter des équipements moins nombreux mais financés, suivis et livrables renforcerait au contraire sa crédibilité.

Le coût d’entretien après 2032 mérite la même attention. Un stade rénové peut servir aux clubs, aux sélections et aux jeunes. Une infrastructure trop grande ou mal située peut devenir une charge. Le dossier devra montrer l’usage prévu bien après la finale.

Deux pays devront parler avec une seule méthode

Une candidature commune partage la dépense, mais elle multiplie aussi les lieux de décision. Qui dirigera le comité d’organisation ? Comment seront répartis les matches ? Quel pays prendra en charge un retard sur un chantier commun ? Ces questions paraissent administratives, pourtant elles déterminent la solidité du projet.

Kinshasa et Brazzaville auront besoin d’un mécanisme conjoint, avec des responsabilités écrites, un budget consolidé et une procédure claire pour régler les désaccords. La CAF devra pouvoir identifier rapidement l’autorité compétente pour chaque dossier. Les entreprises et les partenaires financiers réclameront la même lisibilité.

Cette gouvernance devra également protéger l’argent public. Des marchés transparents, un suivi indépendant et des rapports réguliers permettraient aux citoyens de comprendre ce qui est dépensé au nom de la CAN. Le tournoi gagnerait alors une valeur institutionnelle, au delà du spectacle sportif.

La crédibilité se construira avant la candidature

Les précédentes idées d’organisation commune n’ont pas abouti. Cette fois, les annonces devront être suivies de décisions visibles : équipe technique binationale, étude budgétaire, diagnostic des infrastructures et calendrier partagé. Ce sont ces étapes, plus que les discours, qui diront si le projet avance réellement.

La candidature peut aussi devenir un accélérateur utile. Améliorer une liaison fluviale, sécuriser un trajet urbain ou moderniser un terrain d’entraînement profiterait aux habitants avant et après 2032. Encore faut il choisir les investissements selon leur utilité quotidienne et non uniquement pour satisfaire une échéance sportive.

Le rêve est à la hauteur de la passion que le football suscite sur les deux rives. Il reste désormais à construire la méthode qui rendra ce rêve défendable devant la CAF. Kinshasa et Brazzaville possèdent un récit commun. Pour gagner, elles devront surtout présenter un plan commun, financé, vérifiable et capable de survivre au tournoi.

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