Dans plusieurs quartiers de Nsele, à l’est de Kinshasa, des ménages disent voir les unités de leurs compteurs prépayés diminuer trop rapidement. Certains affirment limiter l’usage du congélateur, du téléviseur ou du fer à repasser sans constater l’économie attendue. À cette inquiétude s’ajoutent des coupures récurrentes, qui rendent le service encore plus difficile à comprendre.
La plainte touche directement au coût de la vie, mais elle ne permet pas encore de conclure que les compteurs sont défectueux ou que les abonnés sont surfacturés. Il faut comparer les crédits achetés, les kilowattheures reçus, les appareils réellement utilisés et l’état de l’installation. Sans ce diagnostic, les ménages restent avec un soupçon et l’opérateur sans réponse vérifiable.
Des familles qui surveillent chaque unité
Le compteur prépayé donne en principe au client la possibilité de suivre son solde avant de consommer. À Nsele, cet avantage semble se retourner contre certains abonnés. Ils regardent leurs unités baisser et adaptent immédiatement leur quotidien, parfois en débranchant des équipements pourtant essentiels à la conservation des aliments ou au travail domestique.
Cette vigilance permanente a un coût. Un congélateur arrêté trop longtemps peut entraîner des pertes de nourriture. Un petit commerce qui dépend du froid risque de jeter des produits ou de vendre moins. Une famille qui renonce au fer à repasser ou au téléviseur ne réduit pas seulement une dépense, elle modifie son organisation pour prolonger un crédit dont elle ne comprend pas la durée.
Les témoignages décrivent un malaise réel. Ils doivent être entendus sans devenir automatiquement la preuve d’une cause technique précise. La première réponse attendue est une vérification contradictoire, effectuée avec des données accessibles au client.
Une plainte ne remplace pas le diagnostic
Un compteur prépayé déduit normalement l’énergie au fur et à mesure de son utilisation. Une baisse rapide du solde peut avoir plusieurs explications possibles : puissance des appareils, durée d’utilisation, installation intérieure défaillante, fuite de courant, paramètres du crédit ou dysfonctionnement du compteur. Ce sont des hypothèses à contrôler.
Les coupures compliquent encore la perception. Le client peut avoir l’impression de payer beaucoup pour un service qu’il reçoit de manière irrégulière. Il faut cependant distinguer la qualité de la fourniture sur le réseau et la quantité d’énergie enregistrée dans le logement.
Une inspection sérieuse doit donc vérifier le compteur, le câblage après compteur et la consommation de quelques appareils connus. Elle doit être conduite par des techniciens qualifiés. Manipuler soi même le coffret ou ouvrir un équipement scellé serait dangereux et pourrait compliquer la plainte.
Un carnet de consommation peut objectiver le litige
Les abonnés peuvent commencer par conserver chaque reçu ou jeton d’achat. Il est utile de noter le montant payé, le nombre de kilowattheures crédités, le solde juste après la recharge et le solde relevé à la même heure les jours suivants. Pendant une courte période, le foyer peut aussi inscrire les principaux appareils utilisés et leur durée approximative de fonctionnement.
Ce relevé ne remplace pas un contrôle professionnel. Il donne toutefois une base concrète à la discussion. Si deux recharges comparables produisent des durées très différentes alors que les usages restent proches, le client peut présenter l’écart. Si un appareil particulier provoque une chute nette, un électricien peut vérifier sa puissance et son état.
Une photographie datée de l’écran du compteur, prise sans toucher à l’installation, peut compléter le dossier. L’objectif n’est pas de transformer chaque habitant en expert, mais de sortir d’un débat fondé uniquement sur des impressions opposées.
Le consommateur dispose d’un droit à l’explication
L’Autorité de régulation du secteur de l’électricité rappelle que le consommateur a droit à l’information sur le coût du service, les causes d’interruption et la procédure de traitement des plaintes. Il a aussi droit à un compteur conforme et peut d’abord saisir son fournisseur, puis l’autorité de régulation si le différend n’est pas résolu.
Ces droits doivent devenir pratiques à Nsele. La SNEL pourrait ouvrir une campagne de contrôle clairement annoncée, remettre un numéro de dossier à chaque plaignant et communiquer le résultat du test dans un langage simple. Le document devrait indiquer ce qui a été vérifié, les valeurs observées et la correction proposée, le cas échéant.
À la date du signalement, aucune réaction de la SNEL n’avait pu être obtenue par le média ayant recueilli les témoignages. Cette absence ne vaut ni reconnaissance du problème ni rejet des plaintes. Elle rend simplement nécessaire une réponse publique et documentée.
Un compteur témoin peut départager les versions
La régulation congolaise a déjà utilisé un compteur témoin dans un litige de consommation à Gombe. Placé à côté de l’appareil contesté, cet équipement devait suivre la consommation et permettre de confirmer ou d’infirmer un mauvais fonctionnement. Le précédent ne prouve rien pour Nsele, mais il montre qu’une méthode de comparaison existe.
Un échantillon de logements pourrait être contrôlé avec un protocole identique et en présence des abonnés. Les résultats agrégés devraient préciser combien de compteurs ont été testés, combien étaient conformes, combien ont été remplacés et quelles anomalies venaient des installations intérieures. Les données personnelles des familles resteraient protégées.
La confiance ne reviendra pas avec une simple assurance que tout fonctionne. Elle dépendra de mesures que les ménages peuvent suivre et contester. Pour des foyers qui comptent chaque franc et chaque unité, une réponse technique transparente est aussi une mesure de protection du pouvoir d’achat.
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