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Binza Ozone : jusqu’à trois heures de trajet et des tarifs en hausse

Binza Ozone : jusqu’à trois heures de trajet et des tarifs en hausse
Un taxi dans les rues de Kinshasa en septembre 2010. Photo d’archives : Happiraphael, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

À Binza Ozone, se rendre au travail ou à l’école peut prendre plusieurs heures lorsque la circulation se bloque. Des habitants de ce quartier de la commune de Ngaliema décrivent des attentes prolongées, une offre insuffisante de transports en commun et des tarifs revus à la hausse par certains conducteurs. Le mauvais état de la voirie aggrave chaque difficulté.

Les observations et témoignages recueillis le 7 septembre donnent une mesure concrète de cette fatigue quotidienne. Un trajet présenté comme réalisable en trente minutes peut durer entre deux et trois heures aux périodes les plus difficiles. Cette estimation vient d’un riverain et ne vaut pas pour chaque parcours, mais elle illustre l’ampleur du temps perdu sur certains axes.

Des heures de pointe devenues imprévisibles

Les files se forment aux arrêts dès les premières heures de la journée. Travailleurs, élèves et étudiants attendent un véhicule disponible, puis affrontent les ralentissements sur la route. L’absence de solution régulière transforme l’heure de départ en pari : partir tôt ne garantit pas toujours une arrivée à temps.

Cette incertitude a un coût. Un retard peut réduire une journée de travail, faire manquer un rendez vous ou pousser un usager à emprunter un moyen plus cher. Les parents doivent aussi prévoir davantage de temps pour les trajets scolaires. Aucun montant moyen de cette dépense supplémentaire n’a été établi, car les tarifs et les destinations varient fortement.

Une voirie réparée par les riverains

Dans une partie du quartier, des habitants ont entrepris eux mêmes de réparer un tronçon dégradé pour maintenir la circulation. Leur initiative répond à une urgence visible, mais elle ne remplace pas une réhabilitation conçue, financée et suivie par les services compétents. Un remblai provisoire peut faciliter le passage sans résoudre le drainage, la résistance de la chaussée ou la sécurité des piétons.

La route abîmée ralentit les véhicules et concentre le trafic sur les portions encore praticables. Une panne ou un arrêt mal placé suffit alors à immobiliser toute une file. Avec le retour des pluies, l’entretien des caniveaux et l’évacuation de l’eau deviennent aussi importants que la réparation de la surface.

Moins de rotations, davantage de pression sur les prix

Les conducteurs interrogés expliquent que les embouteillages réduisent le nombre de rotations possibles dans une journée. Un véhicule qui reste bloqué transporte moins de passagers, tout en continuant à consommer du carburant et du temps. Certains chauffeurs disent augmenter le tarif pour compenser ce manque à gagner.

Cette justification émane des transporteurs et ne fixe pas une grille officielle. Aucun nouveau prix précis n’a été documenté pour l’ensemble de Binza Ozone. Elle révèle néanmoins un mécanisme familier aux usagers : lorsque l’offre se raréfie à l’arrêt, la négociation tourne souvent à l’avantage du véhicule disponible. Le passager pressé dispose de peu de choix.

L’absence de Transco revient dans les plaintes

Les riverains affirment ne pas bénéficier d’une ligne régulière de la société publique Transco dans leur secteur. Ils dépendent principalement d’opérateurs privés, dont les horaires, les itinéraires et les prix peuvent changer selon la circulation. Cette dépendance devient plus lourde lorsque la demande augmente le matin et en fin de journée.

Les chauffeurs adaptent eux aussi leur rythme. Certains disent se réveiller dès 3 heures pour espérer circuler plus facilement vers 4 ou 5 heures. Ce choix montre que l’embouteillage ne se contente pas d’allonger le trajet des passagers. Il déplace les horaires de travail et réduit le repos de ceux qui assurent la desserte.

Des solutions réclamées sur plusieurs fronts

Les habitants demandent l’ouverture de nouvelles lignes Transco, une réhabilitation durable de la voirie, le renforcement du train urbain et une coopération mieux organisée entre l’État et les opérateurs privés. Aucune de ces mesures ne suffira isolément. Un bus supplémentaire reste bloqué si la route demeure impraticable, tandis qu’une chaussée réparée ne garantit pas un tarif accessible sans offre suffisante.

La priorité immédiate consiste à préciser les axes les plus touchés, les heures de congestion et les besoins réels en véhicules. Des informations publiques sur les travaux, les déviations et les dessertes aideraient les usagers à organiser leur journée. À plus long terme, la mobilité de Binza Ozone devra être pensée avec celle du reste de Ngaliema et des accès au centre ville.

Pour les riverains, l’urgence se mesure déjà chaque matin. Le coût du transport ne tient pas seulement au montant payé dans le taxi. Il comprend aussi les heures perdues, les occasions manquées et l’épuisement accumulé. C’est cette facture complète qu’une réponse publique devra chercher à réduire.

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