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Police en RDC : l’OIM mise sur le numérique et la proximité pour renforcer la coopération

Police en RDC : l’OIM mise sur le numérique et la proximité pour renforcer la coopération
Des agents de la Police nationale congolaise en formation à Kasangulu en 2017. Photo d’archives : MONUSCO Photos et UNPOL, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons. Elle ne montre pas la rencontre du 7 septembre 2026.

Réunis à l'Université de Kinshasa, la Police nationale congolaise, l'Organisation internationale pour les migrations et leurs partenaires ont placé le numérique au centre de la coopération policière. L'enjeu ne se limite pas aux équipements : il concerne la capacité de prévenir les crimes, de partager des informations fiables et de préserver la confiance du public.

Kinshasa met le numérique au programme

La troisième édition de la Journée internationale de la coopération policière s'est tenue lundi 7 septembre sur le campus de l'Université de Kinshasa. Des responsables congolais et des partenaires internationaux y ont discuté de la transformation des menaces et des réponses que les services de sécurité peuvent construire ensemble.

Le thème retenu portait sur la place du numérique dans la coopération policière. La cybercriminalité, la circulation rapide de fausses identités, les escroqueries en ligne et les nouveaux modes d'action des réseaux criminels obligent les services à travailler au delà de leurs frontières administratives.

Pour Étienne Kalenda, responsable du Service de coopération policière internationale de la PNC, le partage d'informations et les mécanismes communs de prévention sont devenus indispensables. La déclaration fixe une direction. Sa valeur dépendra toutefois des procédures concrètes qui suivront la rencontre.

Une coopération engagée depuis 2010

L'OIM accompagne la Police nationale congolaise depuis 2010 et soutient plus directement sa réforme et sa professionnalisation depuis 2015. Son intervention s'est étendue au Haut Katanga, à l'Ituri, au Kasaï, au Kasaï Oriental, au Nord Kivu, au Sud Kivu et au Tanganyika.

Selon le bilan communiqué à Kinshasa, plus de 2 000 policiers ont été formés à la doctrine de police de proximité. Plus de 70 commissariats de référence et sous commissariats ont aussi été construits. À cela s'ajoutent 2 000 dépliants et 1 500 guides pratiques, notamment utilisés dans la lutte contre le travail des enfants dans les mines.

Ces chiffres montrent une présence durable, mais ils ne disent pas encore si chaque bâtiment est équipé, si les agents formés restent à leur poste ni si la population constate une amélioration. Un partenariat crédible doit relier les moyens annoncés à des résultats observables dans les quartiers et les territoires.

La proximité reste le premier test

Le mot numérique peut donner l'impression d'une réforme lointaine, réservée aux spécialistes. Pour un citoyen, la qualité de la police se mesure pourtant à des choses simples : être accueilli sans humiliation, pouvoir déposer une plainte, recevoir un numéro de dossier et savoir quelle suite lui est donnée.

La police de proximité cherche précisément à créer une relation de prévention et de dialogue avant que la violence n'éclate. Dans une commune urbaine comme dans un territoire minier, un commissariat utile doit connaître les risques locaux, travailler avec les communautés et répondre rapidement aux alertes.

Le numérique peut renforcer cette approche en enregistrant les plaintes, en cartographiant les incidents et en facilitant l'échange entre unités. Il ne remplacera toutefois ni la présence des agents, ni leur formation, ni le respect des droits. Une application ne corrige pas à elle seule un mauvais accueil ou une enquête abandonnée.

Partager des données sans exposer les citoyens

La coopération policière repose de plus en plus sur des fichiers, des communications sécurisées et des preuves électroniques. Ces outils peuvent aider à suivre un réseau qui agit dans plusieurs provinces ou traverse une frontière. Ils peuvent aussi réduire les délais lorsqu'une personne recherchée utilise plusieurs identités.

Mais une donnée policière mal protégée peut mettre une victime, un témoin ou un enquêteur en danger. La collecte doit donc être limitée à ce qui est nécessaire, l'accès réservé aux agents autorisés et chaque consultation traçable. Les informations erronées doivent pouvoir être corrigées avant de produire une arrestation injustifiée.

La RDC aura aussi besoin de règles claires pour les échanges avec des partenaires étrangers. Qui peut transmettre une information, dans quel dossier et avec quel contrôle ? La lutte contre la criminalité transnationale gagne en efficacité lorsque la chaîne de responsabilité est connue de tous.

Des moyens à inscrire dans la durée

Le partenariat avec l'OIM s'ajoute à d'autres appuis, notamment ceux de la coopération japonaise. Un accord signé avec la JICA a financé des infrastructures, des équipements et des formations liés à la police communautaire à Kinshasa et au Tanganyika. Une nouvelle phase annoncée au Tanganyika prévoit également la formation de policiers et le renforcement de structures locales.

Ces apports extérieurs répondent à des besoins réels. Ils ne peuvent cependant se substituer au budget national de la police. Le carburant, l'entretien des véhicules, les communications, les salaires et la maintenance des systèmes numériques doivent rester assurés après la fin d'un projet.

Le prochain pas devrait être un bilan public plus précis : localisation des commissariats construits, nombre d'agents encore en fonction, taux de traitement des plaintes et disponibilité des équipements. Les habitants pourraient alors mesurer ce que la coopération change réellement.

La rencontre de Kinshasa rappelle enfin une évidence : une police moderne n'est pas seulement une police mieux connectée. C'est une institution capable d'échanger vite avec ses partenaires, de protéger les informations sensibles et de rester proche de ceux qu'elle sert. Le numérique sera utile s'il renforce cette relation, au lieu de créer une distance supplémentaire.

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