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RDC et Royaume-Uni : le Forum de Londres doit convertir les promesses en contrats

RDC et Royaume-Uni : le Forum de Londres doit convertir les promesses en contrats
Julien Paluku lors du Global Gateway Forum à Bruxelles en octobre 2025. Photo d’archive : Lukasz Kobus, Union européenne, Wikimedia Commons, CC BY 4.0. Elle ne montre pas la rencontre du 7 septembre 2026.

Kinshasa prépare un Forum économique entre la RDC et le Royaume-Uni prévu du 2 au 4 novembre à Londres. Le rendez-vous promet des investisseurs, des débouchés et des projets structurants. Son utilité se mesurera pourtant ailleurs : dans les contrats signés, les produits congolais effectivement vendus et les emplois créés en RDC.

Une rencontre pour préparer Londres

Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a reçu lundi 7 septembre à Kinshasa la baronne Sandip Verma, responsable d’un consortium britannique de partenariat commercial. Leur échange a porté sur la préparation du Forum économique entre la RDC et le Royaume-Uni, annoncé à Londres du 2 au 4 novembre 2026.

L’objectif affiché est de rapprocher les autorités publiques, les entreprises congolaises et les investisseurs britanniques. Le commerce, l’agriculture, les mines, l’énergie et l’environnement figurent parmi les secteurs mis en avant. Julien Paluku doit se rendre au forum avec les responsables de l’Agence nationale pour la promotion des investissements et de l’Agence nationale pour la promotion des exportations.

Cette composition peut aider à présenter des dossiers plus complets. Encore faut-il que chaque projet arrive à Londres avec un porteur identifié, un besoin de financement chiffré, un calendrier réaliste et des règles lisibles pour les partenaires.

Les exportateurs congolais devant le test des normes

Le ministère du Commerce extérieur affirme que 99,8 % des produits fabriqués en RDC peuvent entrer sur le marché britannique sans droits de douane. Cet avantage ouvre une porte, mais il ne garantit pas une vente. Un producteur de café, de cacao ou d’épices doit aussi assurer la qualité, la traçabilité, l’emballage, la régularité des volumes et le respect des normes sanitaires.

Pour beaucoup de petites entreprises congolaises, ces exigences représentent un investissement important. Elles ont besoin de laboratoires accessibles, de procédures de certification compréhensibles et d’un accompagnement qui ne reste pas concentré à Kinshasa. Les coopératives des provinces productrices doivent pouvoir connaître les critères britanniques avant de négocier avec un acheteur.

Le forum sera donc utile s’il met face à face des exportateurs prêts à livrer et des partenaires capables de les aider à franchir les derniers obstacles. Une liste de produits prioritaires, avec les volumes disponibles et les besoins de mise à niveau, serait plus convaincante qu’un catalogue général de potentialités.

Investir pour transformer en RDC

Kinshasa veut également attirer des entreprises britanniques dans les zones économiques spéciales. Le gouvernement met en avant le Code des investissements, les facilités prévues dans ces zones et la protection accordée aux opérateurs installés dans le pays.

Pour la population, la question centrale reste la valeur créée localement. Dans les mines, vendre uniquement une matière peu transformée limite les emplois industriels et les recettes possibles. Dans l’agriculture, l’absence d’unités de conditionnement ou de transformation réduit la marge des producteurs. Un investissement solide devrait donc apporter des équipements, des compétences, des débouchés et une participation réelle des entreprises congolaises.

Le lancement d’une Chambre de commerce Royaume-Uni RDC en mars 2026 avait déjà posé cette ambition. Le forum de novembre doit maintenant montrer ce que cette structure a permis de préparer, notamment pour le financement des petites entreprises et les partenariats entre sociétés des deux pays.

Une ligne aérienne et des visas pour réduire les distances

Julien Paluku a de nouveau plaidé pour une liaison directe entre Londres et Kinshasa, avec une attention particulière au fret. Il a aussi demandé l’ouverture à Kinshasa d’un service de délivrance des visas britanniques destiné à faciliter les déplacements des opérateurs économiques.

Ces demandes ne sont pas accessoires. Un produit périssable perd sa compétitivité lorsque le transport est long, coûteux ou imprévisible. Un entrepreneur peut manquer une rencontre lorsqu’une démarche de visa exige un déplacement supplémentaire. La connectivité aérienne et la mobilité des personnes font donc partie de la chaîne commerciale.

Toutefois, une compagnie aérienne décide en fonction de la demande, des coûts et de la rentabilité attendue. Kinshasa devra présenter des données crédibles sur les flux de passagers et de marchandises. De même, la simplification des visas dépendra d’une décision britannique distincte du forum.

Le bilan devra être public après le forum

Sandip Verma a promis de porter le dossier congolais auprès des autorités et des investisseurs britanniques. Ce relais peut ouvrir des portes. Il ne remplacera ni la préparation technique des projets ni la confiance quotidienne recherchée par les entreprises.

Pour éviter un nouveau rendez-vous sans suite visible, le gouvernement gagnerait à publier, après Londres, le nombre de rencontres tenues, les lettres d’intention signées, les contrats conclus et les montants réellement engagés. Il faudra distinguer clairement une promesse, une étude en cours et un investissement arrivé sur le terrain.

La diplomatie économique devient concrète lorsqu’un producteur trouve un acheteur régulier, lorsqu’une usine commence à transformer localement et lorsqu’un emploi durable apparaît. Le Forum de Londres peut créer cet élan. Son succès ne se lira pas dans les discours de novembre, mais dans les résultats vérifiables des mois suivants.

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