La Mission permanente a annoncé que la RDC devait présider une séance plénière du Forum de haut niveau de l’ONU sur la culture de paix, réuni le 2 septembre à New York. Sans restitution officielle détaillée, l’exercice de ce rôle et ses résultats restent à documenter. Le thème portait sur le leadership des femmes.
Une présidence de séance annoncée
Le rendez-vous s’est tenu dans la salle du Conseil de tutelle, au siège des Nations unies. La présidente de la 80e session de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, a convoqué le forum et prononcé l’allocution d’ouverture. Avant la réunion, la représentation congolaise a annoncé que la RDC devait présider une séance plénière.
Ces rôles doivent être distingués. Kinshasa n’a pas pris la présidence de l’Assemblée générale ni organisé seul l’ensemble du forum. L’annonce concernait la conduite d’une partie de la séance inscrite au programme, une place visible dans un débat multilatéral consacré à la prévention de la violence, au dialogue et à la participation. Au 3 septembre, aucun compte rendu officiel consulté ne détaillait cette séquence.
La réunion s’est déroulée le 2 septembre, de 10 heures à 13 heures selon le programme onusien. Elle faisait suite à une résolution adoptée le 24 juillet et devait examiner la mise en œuvre du Programme d’action pour une culture de paix. Ce cadre remonte à 1999. Le forum n’était donc pas une négociation nouvelle sur le conflit dans l’est de la RDC.
Le leadership féminin placé au centre
Le thème retenu était le leadership des femmes dans la promotion d’une culture de paix. Dans son intervention, Annalena Baerbock a insisté sur une participation pleine, égale, significative et sûre des femmes aux processus de paix. Elle a rappelé que leur présence ne relève pas seulement de l’équité, mais de la capacité des accords à durer.
Pour la RDC, le sujet n’a rien d’abstrait. Des femmes vivent les conséquences directes des conflits, assurent la continuité de familles déplacées, animent des réseaux communautaires et participent à la médiation locale. Pourtant, les espaces de négociation les plus visibles restent souvent dominés par des responsables politiques, militaires ou diplomatiques masculins.
Être annoncée à la présidence d’une plénière sur ce thème permet à la RDC de porter un message. Cela ne prouve pas que le message est déjà appliqué. La cohérence devra se mesurer dans la composition des délégations congolaises, la présence de médiatrices aux tables de discussion et l’accès des organisations féminines à l’information sur les processus en cours.
De New York aux mécanismes congolais
Une culture de paix ne se limite pas à l’absence d’affrontements. Elle suppose des institutions capables de traiter les désaccords, de protéger les droits, de combattre les discours de haine et d’offrir une voie politique aux revendications. Les femmes doivent pouvoir agir dans chacun de ces domaines, du quartier jusqu’aux négociations internationales.
La RDC pourrait donner une suite concrète à sa présidence de séance en publiant quelques indicateurs. Combien de femmes participent aux équipes de médiation et de suivi ? Quelle part occupent-elles dans les délégations officielles ? Quelles organisations des provinces affectées ont été consultées ? Quels moyens leur permettent de se déplacer et de contribuer sans mettre leur sécurité en danger ?
Ces données éviteraient que le leadership féminin reste une formule de conférence. Elles permettraient également de repérer les obstacles. Une présence numérique ne suffit pas si les participantes n’accèdent pas aux documents, ne prennent pas la parole ou ne participent pas aux décisions.
Une visibilité utile si elle produit un suivi
Le forum du 2 septembre n’a pas été présenté comme l’adoption d’un traité ou d’un accord propre à la RDC. Son intérêt est politique : il rappelle des engagements et offre un espace où les États expliquent leur approche. La valeur pour les Congolais dépendra de la traduction nationale de ces principes.
Cette traduction pourrait commencer par une restitution publique de la plénière présidée par la RDC. Le ministère des Affaires étrangères et la mission à New York pourraient préciser qui a pris la parole, quelles priorités ont été défendues et quelles suites sont envisagées. Sans compte rendu détaillé, la présidence de séance restera un fait protocolaire difficile à évaluer.
Le mandat international de la RDC donne à cet engagement une résonance particulière. Plus Kinshasa demande au système multilatéral de soutenir la paix sur son territoire, plus il lui revient de montrer comment il associe les personnes qui vivent le conflit et œuvrent déjà à le prévenir.
À New York, la RDC a été annoncée pour occuper le fauteuil de la présidence pendant une partie du forum. Une restitution doit maintenant confirmer le déroulement et expliquer le message défendu. Le test de fond consiste à ouvrir davantage les mécanismes de paix aux femmes, à rendre leur participation mesurable et à publier les résultats obtenus. C’est à cette condition qu’un rôle diplomatique pourra devenir un progrès politique.

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