La Tshopo a lancé une campagne de vaccination contre la poliomyélite visant plus de 924 000 enfants de moins de cinq ans. Les équipes doivent passer de porte en porte du 3 au 5 septembre dans 23 zones de santé. Le résultat final ne pourra être établi qu’après la consolidation des données.
Trois jours pour atteindre toute la province
L’opération a été lancée à Kisangani par le gouverneur Paulin Lendongolia. Plus de 1 200 relais communautaires et vaccinateurs sont mobilisés pour aller vers les familles, plutôt que d’attendre leur venue dans les structures de santé. Chaque enfant ciblé doit recevoir quatre gouttes de vaccin.
La tranche d’âge retenue va de la naissance à 59 mois. Elle rassemble les enfants les plus jeunes, dont la protection collective dépend d’une couverture très élevée. L’objectif annoncé est d’atteindre au moins 95 % de la cible dans chacune des 23 zones de santé, et pas seulement de produire un bon total provincial.
Cette nuance est essentielle. Une moyenne élevée peut cacher des poches où trop d’enfants ont été manqués. Or la circulation du poliovirus trouve précisément un terrain dans ces zones de faible couverture. Les responsables doivent donc regarder les résultats aire de santé par aire de santé, puis organiser un rattrapage là où les équipes n’ont pas rencontré toutes les familles.
Le porte-à-porte rapproche le vaccin des enfants
La stratégie choisie répond à plusieurs obstacles. Certains parents vivent loin d’un centre, d’autres ne peuvent pas quitter leur travail ou ignorent les dates de campagne. Le passage à domicile réduit ces barrières et permet de vérifier directement la présence des enfants concernés.
Il exige en retour une bonne identification des vaccinateurs. Les ménages doivent savoir qui frappe à leur porte, quel vaccin est administré et comment signaler un problème. Les relais communautaires jouent ici un rôle de confiance, notamment lorsqu’ils connaissent le quartier, la langue et les inquiétudes des parents.
Le représentant provincial de l’Organisation mondiale de la Santé a appelé les familles à accueillir les équipes. Il a indiqué que les quatre gouttes doivent renforcer la protection contre trois types de poliovirus. Le vaccin oral est utilisé parce qu’il peut être administré rapidement à un grand nombre d’enfants et contribue à l’immunité de la communauté.
Une campagne menée dans un contexte sanitaire chargé
La Tshopo ne travaille pas sur la polio dans un vide sanitaire. Les services restent vigilants face à la maladie à virus Ebola et conduisent aussi des activités contre la rougeole et la rubéole. Pendant cette campagne, un rattrapage de ces deux vaccinations est prévu pour les enfants identifiés comme ayant besoin d’une dose.
La coexistence de plusieurs urgences peut fatiguer les équipes et brouiller les messages. Elle peut aussi devenir une occasion utile si chaque visite permet de vérifier le carnet vaccinal, d’orienter une famille et de rappeler les signes qui nécessitent une consultation. Cette approche doit rester claire pour éviter qu’un parent confonde les vaccins ou pense qu’une seule dose protège contre toutes les maladies.
Des consignes de respect des gestes barrières accompagnent le déploiement en raison de la vigilance autour d’Ebola. Leur application est importante pour protéger les familles et les agents. Elle ne doit pas ralentir au point d’empêcher les équipes d’atteindre les localités prévues, ce qui suppose du matériel, un encadrement et une logistique adaptés.
Les enfants manqués seront le vrai test
Le chiffre de 924 000 est une cible, pas un bilan. Au terme des trois jours, les autorités devront publier le nombre de doses administrées, la couverture par zone et le nombre d’enfants absents, refusés ou inaccessibles. Il faudra aussi expliquer comment les données ont été contrôlées afin d’éviter de compter deux fois un même enfant.
La campagne gagnera en crédibilité si les raisons des refus sont documentées. Une rumeur, une peur d’effet indésirable ou une mauvaise expérience avec un service de santé ne se traite pas de la même manière qu’une absence temporaire. Une réponse ciblée permet de préparer le rattrapage et les prochaines opérations.
Les équipes doivent poursuivre leur travail jusqu’au samedi 5 septembre selon le calendrier annoncé. Tant que les feuilles de passage n’ont pas été vérifiées, personne ne peut affirmer que l’objectif de 95 % est atteint. Le succès ne se résumera pas au lancement à Kisangani, mais à la capacité de retrouver les derniers enfants dans chacune des 23 zones de santé.

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