Le Kongo Central prépare la 14e Conférence des gouverneurs, annoncée à Matadi en décembre. Une réunion entre Daniel Mukoko Samba et Grâce Bilolo a confirmé le travail d’organisation, mais ni les dates précises, ni le thème, ni l’ordre du jour détaillé n’étaient encore publics le 3 septembre.
Matadi entre dans la phase pratique
Le gouverneur du Kongo Central, Grâce Bilolo, a rencontré à Kinshasa le vice-Premier ministre chargé de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba. L’entretien du 2 septembre a porté sur les préparatifs de la prochaine Conférence des gouverneurs, prévue dans la province. Le ministère de l’Économie a annoncé son appui dans le cadre de ses attributions.
Cette réunion confirme que l’organisation a commencé. Elle ne permet pas encore de dresser le programme des assises. Les éléments communiqués restent généraux : Matadi doit accueillir les gouverneurs autour du Président de la République et l’événement est annoncé pour décembre 2026. Le jour d’ouverture, la durée, le thème central et la liste des dossiers n’ont pas été précisés publiquement.
Cette distinction est importante à trois mois du rendez-vous. Préparer une conférence nationale suppose de réserver les sites, organiser l’accueil, sécuriser les déplacements et coordonner les services. Préparer son contenu demande un autre travail : recueillir les problèmes des provinces, vérifier les données et choisir les décisions qui peuvent réellement être suivies.
Un cadre constitutionnel, pas une administration parallèle
La Conférence des gouverneurs est prévue par l’article 200 de la Constitution. Elle constitue un cadre de concertation et d’harmonisation entre l’exécutif national et les gouverneurs de province. Elle est présidée par le chef de l’État et doit, en principe, se réunir deux fois par an sur convocation présidentielle.
Son rôle est d’émettre des avis et de rapprocher les politiques publiques. Elle ne remplace ni le gouvernement central, ni les assemblées provinciales, ni les exécutifs locaux. Les recommandations n’ont de portée concrète que si les institutions compétentes les traduisent ensuite en actes, en budgets et en calendriers.
La 13e session s’est tenue à Bandundu du 24 au 27 mars 2026. L’annonce de Matadi comme prochaine ville hôte prolonge la rotation entre provinces. Elle place aussi le Kongo Central sous le regard du pays, avec ses atouts portuaires, routiers et énergétiques, mais également ses attentes en matière de recettes, d’infrastructures et de services publics.
Le contenu pèsera plus que le protocole
L’appui du ministère de l’Économie peut être utile si la conférence traite de la circulation des biens, de la formation des prix ou du partage des responsabilités entre Kinshasa et les provinces. Le Kongo Central concentre des portes d’entrée essentielles pour les importations et les exportations. Les décisions prises sur son territoire peuvent donc être confrontées à des réalités très concrètes, du port jusqu’aux marchés.
Pour éviter un ordre du jour trop large, les organisateurs pourraient distinguer quelques sujets mesurables. Le financement des provinces, la rétrocession, l’entretien des routes, la mobilisation des recettes locales et le suivi des projets nationaux reviennent régulièrement dans le débat sur la décentralisation. Une liste resserrée permettrait d’identifier, pour chaque recommandation, le responsable, le coût et la date de vérification.
Les provinces gagneraient aussi à arriver avec des données comparables. Un même tableau sur les recettes, les routes, l’accès à l’électricité ou l’exécution des investissements rendrait les échanges plus utiles. Sans base commune, chaque gouverneur risque de présenter ses urgences sans que la conférence puisse fixer des priorités nationales.
Trois informations encore indispensables
La première information attendue est la date exacte. Les administrations, les médias et la société civile doivent pouvoir se préparer. La deuxième est le thème officiel, qui donnera la ligne politique de la session. La troisième est un état des recommandations de Bandundu, avec ce qui a été réalisé, ce qui est en retard et ce qui a été abandonné.
Ce bilan éviterait que Matadi recommence la discussion à zéro. Il permettrait aussi au public de juger la conférence sur des résultats plutôt que sur le nombre de discours ou de délégations. La publication des documents avant et après les assises renforcerait cet exercice de reddition des comptes.
Le Kongo Central a désormais la responsabilité de l’accueil, mais le succès ne dépendra pas seulement de la province hôte. La Présidence, les ministères et les 26 exécutifs provinciaux devront préparer des engagements réalistes. Pour l’instant, décembre est connu et Matadi se met en ordre de marche. Le calendrier précis et le contenu restent à rendre publics.

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