À Kananga, le litre d’essence vendu par les revendeurs est passé de 3 000 à 5 000 FC, tandis que le gasoil est annoncé à 3 700 FC contre 2 700 auparavant. Sur l’axe Tshiamba Diba-Saint Jean de la Croix, une course en taxi-moto coûte désormais 2 000 FC au lieu de 1 000.
Le carburant remonte chez les revendeurs
Le nouveau relevé a été communiqué le 3 septembre par le président du comité municipal des conducteurs de taxis-motos de Katoka. Selon lui, l’essence se négocie à 5 000 FC le litre chez les vendeurs informels, couramment appelés « Khadafi », après un prix de 3 000 FC. Le gasoil atteint 3 700 FC, contre 2 700 FC auparavant.
La hausse est forte, mais un détail impose de la prudence. Le titre du compte rendu initial évoque 40 %, alors que le passage de 3 000 à 5 000 FC représente une augmentation d’environ 67 % par rapport au prix de départ. Pour éviter d’entretenir une contradiction, il vaut mieux retenir les montants observés et ne pas reprendre le pourcentage annoncé.
Le prix déclaré à la pompe est identique au niveau actuel du commerce informel : 5 000 FC pour l’essence et 3 700 FC pour le gasoil. Cette égalité ne signifie pas que tous les points de vente de Kananga appliquent exactement le même tarif. Elle montre que, dans le relevé disponible, le marché parallèle ne propose plus le litre d’essence à 3 000 FC.
L’approvisionnement par l’Angola de nouveau en cause
Le représentant des conducteurs attribue la situation à un faible ravitaillement en provenance d’Angola par le poste de Kalamba-Mbuji, dans le territoire de Luiza. Cette route est un axe important pour l’entrée des produits pétroliers au Kasaï Central. Quand les volumes diminuent ou que le trajet devient difficile, Kananga ressent rapidement la tension.
La ville a déjà connu plusieurs mouvements de prix cette année. En mars, le litre d’essence avait reculé à 3 000 FC chez les revendeurs après une amélioration de l’approvisionnement. En juin, il avait atteint 6 000 FC lors d’une rupture associée aux difficultés sur la route de Kalamba-Mbuji et au fonctionnement irrégulier d’autres circuits. Le niveau de 5 000 FC observé en septembre s’inscrit donc dans une forte volatilité, plutôt que dans une progression régulière.
Cette chronologie suggère que la question ne se limite pas à la marge des détaillants. La disponibilité du produit, l’état de l’axe routier, le passage de la frontière et la diversité des sources d’approvisionnement comptent ensemble. Une ville dépendante de quelques corridors supporte le moindre blocage jusque dans le prix d’une course.
Le passager paie déjà la différence
Entre l’arrêt Tshiamba Diba, dans la commune de Kananga, et le terminus de la paroisse Saint Jean de la Croix à Katoka 2, le tarif indiqué est passé de 1 000 à 2 000 FC. Le doublement sur cet itinéraire ne peut pas être présenté comme le nouveau prix de toutes les courses de la ville. Il donne néanmoins une mesure concrète de l’effet sur les déplacements quotidiens.
Pour un travailleur qui effectue l’aller et le retour, la dépense supplémentaire atteint 2 000 FC par jour sur cet axe. Répétée sur plusieurs semaines, elle pèse sur le budget consacré à l’alimentation, au téléphone ou aux frais scolaires. Le conducteur, de son côté, cherche à couvrir un carburant plus cher sans perdre sa clientèle. Les deux parties absorbent une tension qu’elles ne contrôlent pas.
Une hausse de transport peut ensuite se transmettre aux petits commerces. Les vendeurs paient plus cher pour se déplacer, livrer ou aller chercher des marchandises. Le lien n’est pas automatique pour chaque produit, mais il explique pourquoi le carburant est observé bien au-delà des stations et des parkings de motos.
Ce qu’il faut vérifier pour sortir de l’urgence
Les autorités provinciales peuvent d’abord publier un relevé par point de vente, avec les stocks disponibles et les jours d’approvisionnement attendus. Cette information limiterait les rumeurs et permettrait de distinguer une rupture générale d’une difficulté localisée. Elle devrait aussi préciser le tarif réglementaire applicable dans la zone d’approvisionnement concernée.
La seconde priorité est la route. Si Kalamba-Mbuji reste le principal passage cité par les opérateurs, son état et la fluidité du poste frontalier deviennent des données économiques. La troisième consiste à diversifier les arrivages, afin qu’un seul incident ne fasse pas varier brutalement le prix à Kananga.
Au 3 septembre, les chiffres disponibles décrivent une alerte, pas une moyenne officielle pour toute la ville. Ils suffisent toutefois à montrer que les ménages ont déjà commencé à payer. La suite devra être jugée sur la régularité des stocks, le retour éventuel du litre sous 5 000 FC et l’évolution réelle des tarifs de transport.

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