Le Complexe scolaire La Renaissance a été inauguré à Kananga après plusieurs années de travaux. Le dernier inventaire publié fait état de 298 salles pour plus de 7 500 élèves et treize établissements. Des chiffres antérieurs, nettement plus élevés, rendent nécessaire une fiche officielle unique sur la capacité réelle du site.
Treize écoles réunies sur le même site
Le gouverneur du Kasaï-Central, Joseph-Moïse Kambulu, a inauguré le complexe mardi 1er septembre, jour de la rentrée scolaire. L’établissement occupe le site de l’ancien Athénée Royal de Kananga et rassemble treize structures : une école maternelle, six écoles primaires et six instituts secondaires.
Les travaux lancés en 2021 ont abouti à la construction de treize bâtiments et à la réhabilitation de sept autres. Le compte rendu détaillé publié après l’ouverture recense 298 salles de classe et une capacité supérieure à 7 500 élèves. Le financement est attribué à la Banque mondiale et au gouvernement congolais.
Le chantier ne s’est pas limité aux classes. Le site comprend une bibliothèque, des laboratoires, des ateliers et une salle polyvalente. Deux blocs sanitaires et deux forages d’eau potable sont annoncés. Une centrale photovoltaïque doit fournir l’électricité. Des terrains de football, de basketball et de volleyball, une salle de gymnastique et une piscine complètent l’ensemble.
Un retour attendu après la délocalisation
Pendant les travaux, les élèves et les enseignants ont été répartis dans plusieurs structures d’accueil de Kananga. Cette dispersion a allongé certains déplacements et aggravé le manque de place sur les sites provisoires. La réouverture permet de regrouper les établissements dans un cadre rénové.
Ce retour compte autant que la cérémonie. Une école moderne ne produit ses effets que si les élèves disposent effectivement d’une place, si les enseignants peuvent utiliser les équipements et si l’eau, l’électricité et les sanitaires restent fonctionnels toute l’année. Les ateliers et les laboratoires exigent aussi du matériel, des consommables et du personnel formé.
Le complexe conserve par ailleurs la salle historique dite « Luluabourg », présentée comme le lieu où fut rédigée la première Constitution du pays. Sa présence donne au projet une dimension patrimoniale. Elle appelle une gestion qui protège le bâtiment tout en l’intégrant à la vie scolaire.
Des chiffres publics qui ne coïncident pas
Une difficulté apparaît dans les informations communiquées avant et après l’inauguration. Le 24 août, un premier compte rendu évoquait 350 salles et plus de 17 000 élèves attendus. Le bilan publié le 3 septembre parle de 298 classes pour plus de 7 500 élèves. Une autre publication locale avait également annoncé cinq années de travaux, là où d’autres sources en comptent quatre depuis 2021.
Ces écarts ne prouvent pas une irrégularité. Ils peuvent venir de méthodes de calcul différentes, d’une confusion entre capacité théorique et effectif réellement inscrit, ou de l’inclusion de locaux qui ne sont pas des salles de classe. Aucune explication officielle détaillée n’avait cependant été publiée.
Une fiche technique signée par le maître d’ouvrage permettrait de lever le doute. Elle devrait préciser le nombre de salles livrées, leur usage, la capacité par établissement, le montant final des travaux et les équipements effectivement réceptionnés. Les parents sauraient ainsi ce qui est disponible dès cette rentrée et ce qui reste à achever.
L’entretien devient le prochain chantier
La taille du complexe rend la maintenance décisive. Les forages doivent être entretenus, les panneaux solaires surveillés et les sanitaires approvisionnés. Les terrains et la piscine demandent des règles d’usage et un budget. Sans ces moyens récurrents, des équipements coûteux peuvent rapidement se dégrader.
La sécurité mérite la même attention. Plus de 7 500 élèves concentrés sur un site supposent des entrées organisées, des itinéraires d’évacuation, une surveillance et une circulation maîtrisée autour de l’établissement. La rentrée permettra de tester ces dispositifs dans des conditions réelles.
L’inauguration de La Renaissance est une avancée visible pour Kananga après des années de délocalisation. Elle ouvre aussi une période d’évaluation. Le nombre d’élèves accueillis, le fonctionnement des équipements et la publication d’un inventaire cohérent diront si le complexe tient toutes les promesses attachées à sa remise en service.

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