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Sankuru : une vaste campagne de vaccination animale démarre à Lodja

Sankuru : une vaste campagne de vaccination animale démarre à Lodja
Vaccination d’un poussin près de Kaabong, en Ouganda, en septembre 2011. Photo d’illustration : U.S. Army Africa, Kaitlyn Johnson, Wikimedia Commons, CC BY 2.0. Elle ne montre pas la campagne de Lodja.

Une campagne de vaccination animale a été lancée à Lodja pour répondre à la progression de plusieurs maladies qui menacent le cheptel du Sankuru. Les doses sont accompagnées de motos, de congélateurs et de matériel de terrain. Pour les éleveurs, l’enjeu touche directement les revenus et l’alimentation des familles.

Des doses pour trois menaces différentes

Le dispositif remis aux équipes vétérinaires comprend 39 124 doses contre la peste des petits ruminants, 21 763 doses contre la rage canine et 106 484 doses contre la pseudopeste aviaire. Ces trois maladies ne touchent pas les mêmes animaux, mais elles peuvent toutes provoquer des pertes lourdes dans une économie familiale fragile.

La peste des petits ruminants menace notamment les chèvres et les moutons. La pseudopeste aviaire frappe les volailles, souvent élevées à petite échelle autour des habitations. La rage canine présente un risque supplémentaire, car un chien infecté peut transmettre la maladie à l’être humain par morsure.

La campagne lancée par le ministre de la Pêche et de l’Élevage, Jean-Pierre Tshimanga Buana, cherche donc à protéger plusieurs composantes du patrimoine animal local. Elle répond aussi aux alertes venues du terrain sur la progression de pathologies qui affectent les communautés de Lodja.

Les vaccins ne suffisent pas sans logistique

La dotation ne se limite pas aux flacons. Une jeep de type 4×4, huit motos et quatre congélateurs ont été remis pour accompagner le travail. Des glacières, des accumulateurs, des panneaux solaires, des seringues et des équipements de protection complètent le lot.

Ces moyens sont essentiels dans un territoire où les distances et l’état des routes compliquent les déplacements. Une moto peut permettre à une équipe de rejoindre un village inaccessible à un véhicule ordinaire. Un congélateur et une source d’énergie fiable servent à préserver les vaccins dans les conditions recommandées.

Derrière le cheptel, les revenus des familles

Dans de nombreux ménages ruraux, quelques chèvres, poules ou autres animaux représentent une épargne vivante. Ils peuvent être vendus pour payer des frais scolaires, acheter des médicaments ou traverser une période difficile. Lorsqu’une maladie emporte plusieurs bêtes en peu de temps, la perte dépasse largement la valeur immédiate de la viande.

La vaccination protège ainsi une activité économique de proximité. Elle peut réduire la mortalité animale, sécuriser une partie des revenus et préserver l’approvisionnement des marchés locaux. Son effet ne sera toutefois durable que si les éleveurs savent quand présenter leurs animaux et comment signaler rapidement les signes inhabituels.

Une question de santé publique

La rage rappelle que la santé animale et la santé humaine sont liées. Prévenir la maladie chez les chiens réduit le risque de transmission après une morsure. Cela ne remplace pas la prise en charge rapide d’une personne exposée, mais la vaccination animale agit en amont, au niveau de la source du danger.

Les autorités techniques du Sankuru signalent aussi que les maladies animales peuvent affecter l’environnement et les moyens de subsistance. Une réponse cohérente doit donc associer les services vétérinaires, les structures de santé, les autorités locales et les communautés.

Le matériel remis comprend également des antibiotiques et des vermifuges. Leur utilisation devra rester encadrée par des professionnels afin d’éviter des traitements mal adaptés. La campagne gagnera en efficacité si chaque intervention est enregistrée et si les équipes peuvent revenir dans les zones où la couverture reste insuffisante.

Le suivi donnera la vraie mesure du résultat

Le lancement et la remise du matériel constituent une première étape, pas un bilan. Pour savoir si la campagne atteint son objectif, il faudra publier le nombre d’animaux vaccinés par espèce, les localités couvertes et les doses encore disponibles. Les écarts entre les quantités prévues et les vaccinations réellement effectuées devront être expliqués.

Le suivi doit également repérer les villages difficiles d’accès, les refus et les ruptures de froid. Ces informations permettront d’organiser un rattrapage plutôt que de conclure trop vite à une réussite générale. Les services pourront ensuite comparer l’évolution des maladies avant et après l’opération.

L’administrateur du territoire de Lodja, François Muledi, a salué une initiative destinée à répondre aux difficultés des éleveurs. Cette attente rend la transparence encore plus importante. Les habitants doivent pouvoir savoir où les équipes passeront, quels animaux sont ciblés et à qui signaler un foyer suspect.

Une action provinciale aux effets très concrets

Le Sankuru apparaît rarement au centre de l’actualité nationale, alors que ses communautés affrontent des problèmes qui touchent directement leur quotidien. À Lodja, la santé animale rejoint l’économie, l’alimentation et la prévention des risques pour les personnes.

Les quantités annoncées offrent une base importante et les moyens logistiques répondent à des contraintes réelles. La suite dépendra de la présence effective des équipes dans les villages et de la qualité du suivi. Pour les familles qui vivent de l’élevage, le résultat se mesurera simplement : moins d’animaux perdus, des revenus mieux protégés et un service vétérinaire capable de revenir lorsque l’alerte réapparaît.

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