Dans un communiqué du 10 septembre 2026 repris le lendemain par Actualité.cd, la Banque centrale du Congo rejette les allégations de manipulation des recettes enregistrées dans ISYS-Régies. Elle explique les écarts avec Navision par les circuits de comptabilisation, notamment ceux de la CADECO.
Le communiqué répond à des soupçons sur la fiabilité du suivi des recettes. Il donne la position de la Banque centrale, mais ne remplace pas un audit indépendant. Les éléments publiés ne permettent pas non plus de conclure à un détournement.
Deux systèmes qui ne couvrent pas exactement le même circuit
ISYS-Régies suit les paiements liés aux recettes publiques, tandis que Navision sert à leur comptabilisation. Une même opération peut donc apparaître dans les deux outils à des moments différents. C’est sur cette distinction que repose l’explication de la BCC.
La BCC affirme que les opérations sont historisées et qu’une transaction validée ne peut être modifiée ni supprimée. Selon elle, la CADECO n’appartient pas à sa chambre de compensation. Un cadre de conciliation réunit les Finances, les régies, le Trésor et la Banque centrale ; ses rapprochements donnent lieu à des procès-verbaux signés, auxquels participe la DGI.
Pour comprendre les écarts, il faudrait encore connaître les opérations concernées, les périodes et les montants. La publication de ces précisions permettrait de vérifier comment les différences ont été rapprochées.
Décryptage : un écart comptable n’est pas encore une fraude
Dans un système complexe, une opération peut apparaître à des dates différentes selon le moment de validation, de compensation ou d’intégration. Cela crée une différence temporaire sans que l’argent ait disparu. À l’inverse, une anomalie répétée, inexpliquée ou non rapprochée peut révéler une faiblesse de contrôle.
Un écart ne prouve pas, à lui seul, l’existence d’une fraude. Mais un démenti ne suffit pas davantage à expliquer chaque anomalie. Les vérifications doivent porter sur les pièces bancaires, les journaux informatiques et les écritures du Trésor.
Un audit crédible devrait préserver les traces numériques, contrôler les profils d’accès et reconstituer un échantillon d’opérations depuis le paiement initial jusqu’à leur comptabilisation finale. Les résultats peuvent être présentés sans exposer les données sensibles des contribuables.
La transparence protège aussi les institutions
La DGI, la BCC, les banques et les services du Trésor ont intérêt à une clarification rapide. Une recette mal expliquée affaiblit la confiance des contribuables et nourrit les soupçons contre l’ensemble de la chaîne, y compris contre les agents qui travaillent correctement.
La publication d’un rapport commun, avec une méthode et des délais, serait plus solide qu’une succession de déclarations. Il devrait distinguer les écarts techniques déjà rapprochés, les anomalies encore ouvertes et les éventuels incidents nécessitant une enquête.
Le logiciel conserve des traces, mais la qualité du contrôle dépend aussi de ceux qui l’utilisent. Les droits d’accès, les sauvegardes et la vérification des opérations restent indispensables pour repérer une erreur et en retrouver l’origine.
Derrière les noms des logiciels, il est question de l’argent versé à l’État. Retracer son parcours permet de savoir ce qui a été encaissé et comptabilisé. Une explication claire des écarts intéresse donc autant les contribuables que les services chargés des recettes.
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