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Djugu : le retour des déplacés ne peut pas précéder une vérification réelle de la sécurité

Djugu : le retour des déplacés ne peut pas précéder une vérification réelle de la sécurité
Des déplacés de Djugu fuyant les violences. Photo d’archive. Crédit : tiers, via Bunia Actualité.
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Le retour des personnes déplacées dans leurs villages ne peut pas être présenté comme un simple mouvement logistique. À Djugu, il s'agit d'une décision qui engage la vie de familles déjà éprouvées par les violences, les pertes de biens et de longues périodes d'exil.

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Une attaque attribuée à des miliciens de la CODECO a été signalée samedi 10 octobre dans plusieurs villages de la chefferie de Bahema Badjere, en territoire de Djugu. Selon la société civile locale, citée par Radio Candip puis Bunia Actualité, un enfant de moins de 15 ans a été tué, plus de 35 habitations ont été incendiées et au moins dix personnes étaient portées disparues au moment du premier bilan.

Les localités citées comprennent Salo, Djuza et Bazuba, où des déplacés avaient commencé à revenir. Le bilan restait provisoire et n'avait pas encore été confirmé de manière indépendante. Aucune réaction des autorités militaires ou sécuritaires n'était disponible dans les informations publiées. Cette prudence est essentielle, car les chiffres et les responsabilités doivent être vérifiés avant toute conclusion définitive.

Un retour volontaire suppose une information fiable

Pour une famille déplacée, la question n'est pas seulement de savoir si les combats ont diminué. Il faut aussi connaître l'état de la route, la présence éventuelle d'hommes armés dans les champs, le fonctionnement du centre de santé, l'accès au marché et la possibilité d'appeler rapidement les secours.

Le retour ne peut être qualifié de volontaire si les personnes concernées ne disposent pas de ces informations ou si l'aide est retirée avant que les conditions minimales ne soient réunies. Il ne peut pas davantage être considéré comme digne si les familles retrouvent des maisons détruites sans solution d'abri, sans eau et sans accès à l'école.

Dans plusieurs zones, l'approvisionnement est déjà fragilisé. NZADI News a expliqué comment des routes agricoles coupées en Ituri peuvent isoler des localités et provoquer des pénuries. Un corridor annoncé comme ouvert doit donc être contrôlé régulièrement, pas seulement au moment d'une mission officielle.

Une carte de sécurité mise à jour avec les communautés

Les autorités provinciales pourraient mettre en place un tableau local de suivi pour chaque zone de retour. Il devrait préciser les incidents récents, les axes praticables, les services disponibles, les points d'alerte et la date de la dernière vérification. Les représentants des déplacés, les chefs locaux, les structures de femmes, les services de santé et les responsables sécuritaires devraient participer à cette évaluation.

La protection des écoles doit aussi faire partie du dispositif. Les patrouilles autour des établissements scolaires en Ituri montrent l'importance d'une sécurité pensée à l'échelle des quartiers. Dans les villages de retour, cette approche doit couvrir les trajets des enfants, les points d'eau et les champs.

Ne pas confondre retour et fin du déplacement

Une personne qui revient mais qui ne peut pas dormir dans une habitation sûre, cultiver sans peur ou accéder aux soins reste en situation de grande vulnérabilité. Le suivi doit donc continuer pendant plusieurs mois après le retour.

La société civile demande un renforcement de la sécurité dans la chefferie de Bahema Badjere et la garantie d'un retour volontaire, digne et sécurisé. Cette demande devrait être traduite en engagements vérifiables : présence adaptée des forces de sécurité, mécanisme d'alerte, enquêtes sur les incidents, accès humanitaire et publication régulière de l'état des axes.

La paix ne se mesure pas uniquement au nombre de familles revenues. Elle se mesure à leur capacité de rester sans être de nouveau contraintes de fuir. À Djugu, toute politique de retour doit partir de ce principe et accepter de suspendre un mouvement lorsqu'une information essentielle reste incertaine.

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