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Djugu : la campagne pour la paix devra se mesurer à la sécurité des routes et des villages

Djugu : la campagne pour la paix devra se mesurer à la sécurité des routes et des villages
Une équipe féminine de la MONUSCO échange avec des habitantes de Lodha, dans le territoire de Djugu, en septembre 2021. Photo d’archive, distincte de la campagne lancée en octobre 2026. Crédit : MONUSCO Photos, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.
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Une campagne de sensibilisation à la paix et au vivre-ensemble a été lancée dans le territoire de Djugu, en Ituri. L'initiative répond à un besoin urgent dans une zone où les violences, les déplacements et la méfiance entre communautés perturbent régulièrement les villages et les axes de circulation. Pour produire un effet durable, le message de cohésion devra être relié à des engagements concrets et à un suivi local.

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Le lancement s'est tenu lundi 5 octobre à Djugu-Centre, à l'initiative du chef du secteur de Walendu Djatsi, Justin Gudza Kiza. La campagne s'est ensuite poursuivie à Jina et à Pitso-marché. Les habitants ont été appelés à privilégier l'acceptation mutuelle, le pardon et la libre circulation.

Cette démarche intervient après de nouveaux incidents sécuritaires dans la zone, notamment une attaque signalée contre une position des Forces armées congolaises. Les autorités locales estiment que les tensions et les discours de division peuvent faciliter la manipulation des communautés. Cette inquiétude justifie le travail de proximité, mais elle impose aussi de ne pas faire reposer la paix uniquement sur les habitants.

La cohésion ne remplace pas la protection

Demander aux communautés de dialoguer est nécessaire. Leur sécurité dépend toutefois aussi de la présence et du comportement des services publics. Un village qui accepte le retour de familles déplacées doit pouvoir alerter rapidement la police, obtenir une réponse et circuler sans craindre une nouvelle attaque.

NZADI News a déjà rapporté que [plusieurs villages et sites de déplacés de Djugu restent préoccupés par l'absence ou le manque de moyens de la police](https://nzadinews.net/djugu-labsence-de-policiers-inquiete-plusieurs-villages-et-sites-de-deplaces/). La campagne actuelle devrait donc permettre de recueillir, entité par entité, les besoins de protection et les obstacles rencontrés par les habitants.

La route entre Bunia et Mahagi occupe une place importante dans les appels lancés à Djugu. Sa stabilité conditionne le mouvement des personnes, l'approvisionnement des marchés et l'accès aux services. Une circulation annoncée comme libre doit être vérifiée par des faits simples : absence de barrages illégaux, baisse des incidents, passage régulier des transports et accès des équipes humanitaires.

Associer les jeunes et les femmes aux décisions

Une campagne de paix peut perdre de sa portée si elle reste limitée aux discours des autorités. Les jeunes, souvent exposés aux pressions des groupes armés ou aux rumeurs, doivent participer à la définition des activités. Les femmes disposent également d'informations essentielles sur les déplacements, les risques autour des points d'eau, des marchés et des écoles.

Des comités locaux peuvent servir de relais, à condition de ne pas reproduire les divisions qu'ils cherchent à combattre. Leur composition doit être connue, équilibrée et ouverte aux différentes communautés. Ils devraient aussi disposer d'un mécanisme clair pour transmettre les alertes aux autorités civiles, à la police et aux acteurs de protection.

La protection des écoles fournit un autre indicateur concret. [Un dispositif de patrouilles a déjà accompagné près de 18 000 élèves et candidats autour des centres d'examen à Djugu](https://nzadinews.net/djugu-pres-de-18-000-eleves-proteges-sur-les-routes-et-autour-des-centres-dexamen/). Cette expérience montre qu'une coordination entre communautés, forces congolaises et partenaires peut sécuriser temporairement des trajets précis. Le défi consiste à étendre cette logique au quotidien, sans attendre uniquement les périodes d'examens.

Publier des résultats locaux

La campagne gagnerait en crédibilité avec un bilan régulier. Celui-ci pourrait indiquer les localités visitées, le nombre de réunions, les engagements pris, les alertes transmises et les incidents enregistrés sur les principaux axes. Il devrait aussi distinguer les améliorations confirmées des zones qui restent dangereuses.

Le pardon ne peut pas effacer les responsabilités pénales ni remplacer la justice. Une initiative de cohésion doit donc éviter de demander aux victimes de se taire au nom de la paix. Elle peut en revanche créer des espaces où les communautés refusent les représailles, signalent les menaces et protègent ensemble les activités civiles.

À Djugu-Centre, Jina et Pitso-marché, le message est désormais lancé. Sa réussite se mesurera lorsque les habitants pourront voyager, cultiver, étudier et commercer avec moins de peur, et lorsque les alertes locales recevront une réponse avant qu'une nouvelle crise ne commence.

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