Les raccordements clandestins et la piraterie sur les lignes électriques fragilisent la distribution à Mbuji-Mayi, selon les responsables provinciaux de la Société nationale d'électricité. Le sujet a été examiné mardi 6 octobre lors d'une réunion du comité provincial de sécurité présidée par le gouverneur Jean-Paul Mbwebwa Kapo.
Les responsables de la SNEL et d'Enerka ont présenté l'état des réseaux et les causes attribuées aux perturbations récentes. Leur diagnostic place les branchements frauduleux parmi les facteurs qui dégradent la qualité de la desserte. Cette alerte est sérieuse, mais elle ne doit pas conduire à des opérations improvisées ou opaques.
La fraude électrique met en danger les habitants, surcharge les équipements et prive le fournisseur de recettes. Elle peut provoquer des incendies, des électrocutions et des pannes qui affectent aussi les abonnés en règle. Dans une ville où l'électricité soutient les ateliers, les commerces, les écoles et les services de santé, chaque interruption a un coût social et économique.
Identifier les zones à risque avant toute intervention
La première étape devrait être une cartographie précise des transformateurs surchargés, des lignes piratées et des quartiers où les abonnements légaux restent difficiles. Cette carte permettrait de distinguer les réseaux organisés de fraude des ménages qui se raccordent illégalement faute d'une procédure accessible ou d'une extension suffisante du réseau.
La province et la SNEL devraient publier un calendrier d'intervention, avec les quartiers concernés, la nature des travaux et les possibilités de régularisation. Une coupure collective sans explication peut pénaliser des familles qui paient leurs factures. À l'inverse, une campagne annoncée, documentée et accompagnée par les autorités locales réduit les risques de contestation et de corruption.
Le débat rejoint les priorités financières de la province. La [session budgétaire du Kasaï Oriental](https://nzadinews.net/kasai-oriental-la-session-budgetaire-attendue-sur-les-priorites-concretes/) devrait demander quels moyens sont réservés à la sécurité électrique, à l'éclairage public et au suivi des investissements. Sans ligne budgétaire et sans responsabilité clairement attribuée, les contrôles risquent de rester ponctuels.
Régulariser doit être aussi simple que sanctionner
La répression seule ne suffira pas. La SNEL doit proposer un parcours de régularisation compréhensible, avec des frais publiés, des délais connus et un reçu pour chaque paiement. Des équipes identifiables pourraient enregistrer les demandes dans les quartiers et remettre un numéro de dossier aux ménages.
La ville a déjà besoin d'une meilleure articulation entre services publics, mobilité et économie locale. La récente analyse de NZADI News sur [la hausse du prix du maïs à Mbuji-Mayi](https://nzadinews.net/mbuji-mayi-une-mission-gouvernementale-examine-la-hausse-du-prix-du-mais/) rappelle que les ménages subissent plusieurs pressions en même temps. Une politique électrique efficace doit donc réduire la fraude sans créer de nouveaux paiements informels.
Les agents chargés des inspections devraient travailler en présence d'un représentant communal ou de quartier lorsque la situation l'exige. Un numéro public de signalement et un registre des opérations permettraient de contrôler les abus. Les matériels saisis, les amendes infligées et les raccordements régularisés devraient être comptabilisés dans un bilan périodique.
Protéger les abonnés réguliers
La confiance dépend enfin de la qualité du service. Les abonnés accepteront plus facilement les contrôles s'ils constatent que leurs paiements financent un réseau plus stable, des transformateurs entretenus et un traitement rapide des pannes. La SNEL devrait publier, quartier par quartier, la durée des interruptions et les travaux réalisés.
Le problème soulevé à Mbuji-Mayi offre ainsi une occasion de remettre de l'ordre dans la distribution. L'objectif ne doit pas être seulement de débrancher les installations illégales. Il doit être d'augmenter le nombre d'abonnés réguliers, de sécuriser les lignes et de rendre les opérations contrôlables par le public.
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