Une des quatre barges du bateau Global Express a sombré dimanche 4 octobre au port Général Kalume, à Nganda Musolo, dans l’ouest de Kinshasa. L’accident s’est produit pendant des manoeuvres à quai. Des témoins cités par Radio Okapi signalent des passagers portés disparus, mais aucun bilan officiel n’était encore disponible en début de soirée. Cette absence de chiffre vérifié impose de concentrer l’information sur les recherches et sur l’identification des personnes qui se trouvaient à bord.
La barge transportait des passagers et une importante cargaison d’huile de palme. Une partie du produit s’est répandue à la surface du fleuve. Cette nappe complique les opérations de secours et crée un second risque pour les personnes qui approchent la zone sans équipement.
Établir d’abord la liste des passagers
Dans les premières heures d’un accident fluvial, les estimations circulent vite et se contredisent souvent. Le port, l’exploitant du bateau et les services de sécurité doivent rapprocher le manifeste, les billets, les déclarations de l’équipage et les témoignages des familles. Cette méthode permet de distinguer les personnes réellement manquantes de celles qui ont quitté les lieux sans être enregistrées.
Le Global Express venait de Mbandaka et était amarré depuis samedi. Les autorités n’avaient pas encore expliqué pourquoi la barge a coulé pendant la manoeuvre. Une enquête technique devra vérifier sa stabilité, la répartition de la cargaison, l’état des attaches, les consignes données à l’équipage et le nombre de personnes présentes au moment de l’accident.
La priorité reste toutefois la recherche des survivants. Les équipes engagées ont besoin d’un périmètre sécurisé, d’équipements adaptés et d’une coordination unique. Les mouvements de pirogues non autorisées autour du site peuvent gêner les secours et exposer davantage de personnes.
L’huile répandue ne doit pas devenir un produit de récupération
Selon les informations recueillies sur place, des habitants se sont approchés pour récupérer l’huile flottante dans des bassins, des bidons et d’autres récipients. Cette pratique présente plusieurs dangers. Le produit peut être mélangé à l’eau du fleuve, au carburant ou à des déchets provenant de l’embarcation. Sa qualité alimentaire ne peut plus être garantie.
La zone doit donc être sécurisée et le public informé clairement. Les services compétents devraient empêcher la revente ou la consommation de l’huile récupérée, tout en évaluant l’étendue de la nappe. Le nettoyage doit éviter de disperser davantage le produit vers les prises d’eau, les zones de pêche et les berges fréquentées.
La sécurité fluviale ne s’arrête pas au balisage
La RDC a récemment relancé le balisage du fleuve Congo et de la rivière Kasaï afin de rendre la navigation plus sûre. L’accident de Nganda Musolo rappelle qu’une partie des risques se situe aussi dans les ports, au chargement et pendant les manoeuvres. Les contrôles doivent porter sur l’état des barges, les limites de charge, la présence de gilets, la tenue des listes de passagers et les procédures d’urgence à quai.
L’incendie du MV Pacifique à Kigoma avait déjà montré la nécessité de séparer le bilan humain, les causes techniques et les conséquences environnementales. La même rigueur est nécessaire à Kinshasa. Les autorités doivent communiquer des chiffres datés, préciser ce qui est confirmé et corriger publiquement toute estimation devenue inexacte.
Trois réponses attendues
Les familles attendent d’abord une liste fiable des rescapés et des personnes recherchées. Les riverains ont ensuite besoin de consignes sur l’huile déversée et sur l’accès au site. Enfin, le public doit connaître les premières mesures prises pour éviter qu’un accident similaire se reproduise pendant une manoeuvre portuaire.
Le naufrage de la barge ne peut pas être traité comme un simple incident matériel. Il réunit une urgence humaine, un risque sanitaire et une question de contrôle du transport fluvial. Le bilan devra être annoncé lorsque les vérifications seront achevées, sans précipitation mais sans silence prolongé.
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