Une commission réunissant le gouvernement provincial du Lualaba et Tenke Fungurume Mining a prélevé de l’eau et des sols dans quatre villages concernés par des soupçons de pollution. La mission a eu lieu du 25 au 27 août. Ses conclusions n’étaient pas encore publiques au 1er septembre.
Des plaintes désormais soumises à des analyses
Le dossier a franchi une étape concrète. Après la diffusion d’allégations visant des émanations provenant des usines 10 et 11K de TFM, une équipe mixte s’est rendue dans quatre villages riverains. Elle a échangé avec les communautés, rencontré les responsables de l’entreprise, visité les installations mises en cause et prélevé des échantillons d’eau et de sol.
La délégation comprenait des représentants des services provinciaux des Mines, de l’Environnement, de la Santé, des Affaires foncières et de l’Agriculture, ainsi que des experts de l’entreprise. La mission devait vérifier les éléments contenus dans un rapport de la plateforme CASMIA-G, qui avait relayé les plaintes des habitants.
À ce stade, il faut parler de soupçons et non d’une pollution établie. Les prélèvements prouvent qu’une vérification a commencé, pas que les accusations sont confirmées. La société civile concernée a elle-même appelé les communautés à attendre les résultats avant de tirer une conclusion.
Ce que les résultats devront permettre de comprendre
Une analyse utile ne se limite pas à annoncer qu’un échantillon est conforme ou non conforme. Le public doit pouvoir connaître les lieux de prélèvement, la profondeur des sols, les dates, les substances recherchées, les méthodes employées et les seuils de comparaison. Le laboratoire chargé des tests et son degré d’indépendance seront également déterminants.
La chaîne de garde mérite la même attention. Entre le prélèvement et l’analyse, chaque échantillon doit être identifié, conservé et transporté de manière à éviter une contamination ou une substitution. Des prélèvements en double, accessibles aux différentes parties, peuvent renforcer la confiance si une contre-expertise devient nécessaire.
Les plaintes rapportées concernent notamment des émanations. Or, l’eau et le sol ne répondent pas seuls à toutes les questions liées à la qualité de l’air. Si les autorités veulent vérifier ce volet, elles devront préciser si des mesures atmosphériques ont aussi été réalisées ou si une campagne complémentaire est prévue.
Une commission mixte utile, mais pas suffisante à elle seule
La présence de TFM dans la mission permet l’accès aux installations et aux données techniques de l’entreprise. Elle peut aussi faciliter une réponse rapide si un problème est identifié. Mais cette participation rend indispensable une transparence renforcée, puisque l’opérateur visé par les plaintes contribue à l’exercice de vérification.
La crédibilité du processus reposera donc sur la publication de la méthode, des résultats complets et des éventuelles observations divergentes. Une expertise tierce, conduite par un laboratoire indépendant ou une institution scientifique reconnue, pourrait être sollicitée si les conclusions sont contestées.
Au 1er septembre, aucun communiqué autonome du gouvernement provincial détaillant la mission, le laboratoire retenu ou la date de publication des résultats n’avait été retrouvé. Le silence sur le calendrier entretient une incertitude évitable pour les communautés comme pour l’entreprise.
Ne pas confondre ce dossier avec les précédents
Le Lualaba a déjà connu plusieurs controverses liées aux effets environnementaux de l’activité minière. Des études indépendantes publiées en juin ont documenté des problèmes d’air, d’eau et de sédiments dans différentes zones de la province. TFM a contesté certains liens de causalité et souligné l’existence de plusieurs facteurs possibles.
Ces travaux constituent un contexte, pas la conclusion de l’enquête actuelle. Les quatre villages visités, les installations examinées et les prélèvements d’août doivent être évalués pour eux-mêmes. Il faut aussi éviter de confondre cette mission avec le dossier ancien de Kabombwa ou avec d’autres entreprises minières mises en cause ailleurs dans le Grand Katanga.
Après les analyses, des décisions attendues
Si les résultats mettent en évidence une contamination, il faudra en déterminer la source, mesurer l’exposition des habitants et définir les mesures correctives. Celles-ci peuvent concerner l’accès à une eau sûre, la santé, les sols agricoles, les équipements industriels ou la réparation de dommages établis. Si les tests ne confirment pas les soupçons, les autorités devront expliquer pourquoi les plaintes persistent et quelles vérifications supplémentaires sont nécessaires.
Dans les deux cas, les communautés ont besoin d’une restitution compréhensible, dans les villages concernés, et pas seulement d’un document technique diffusé à Kolwezi. Les habitants doivent savoir ce qui a été recherché, ce qui a été trouvé et ce qui sera fait ensuite.
La mission du 25 au 27 août a fait passer le dossier de la plainte au prélèvement. C’est un progrès de méthode. Il ne deviendra un progrès de gouvernance que si les résultats, le calendrier et les suites sont rendus publics sans laisser chaque partie remplir le silence par sa propre version.

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