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RDC-Israël : Tshisekedi et Netanyahou renforcent les liens sécuritaires et économiques

RDC-Israël : Tshisekedi et Netanyahou renforcent les liens sécuritaires et économiques
Félix Tshisekedi lors de sa visite officielle en Israël le 27 octobre 2021. Photo d’archives, l’image ne montre pas les entretiens du 1er septembre 2026.

Félix Tshisekedi et Benjamin Netanyahou ont convenu à Jérusalem de renforcer les relations économiques et sécuritaires entre la RDC et Israël. La volonté politique est désormais clairement affichée. Aucun nouveau contrat, financement ou calendrier d’exécution n’a cependant été rendu public à l’issue de la rencontre.

Une visite qui dépasse le simple rappel de l’agenda

Le déplacement présidentiel avait été annoncé autour d’un vaste éventail de secteurs : sécurité, défense, agriculture, infrastructures, énergie et hautes technologies. La rencontre du 1er septembre avec le Premier ministre israélien a ajouté une conclusion politique à ce programme. Les deux dirigeants ont formellement convenu d’approfondir les liens économiques et sécuritaires entre leurs pays.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a participé à l’entretien. Dans la même séquence, Félix Tshisekedi a échangé avec le président Isaac Herzog sur les questions internationales et régionales, ainsi que sur les défis de paix et de sécurité auxquels les deux États sont confrontés.

Cette précision compte. Avant les réunions, la visite indiquait surtout les intentions de Kinshasa. Après les entretiens, les deux parties disposent d’une orientation commune. Il reste toutefois un écart entre cette décision de principe et un projet prêt à démarrer. Aucun montant, aucune entreprise désignée et aucune échéance nouvelle n’ont accompagné l’annonce.

Des accords de juillet comme première base de travail

La coopération ne part pas d’une page blanche. Le 27 juillet, les ministres des Affaires étrangères des deux pays avaient signé des mémorandums portant notamment sur la formation diplomatique, l’agriculture, la santé et les technologies. La visite présidentielle devait précisément faire le point sur ces textes et examiner les moyens de leur donner une suite.

Pour la RDC, l’enjeu est d’éviter l’accumulation de cadres sans application visible. Un accord agricole peut répondre à des besoins très concrets, comme l’irrigation, la conservation des récoltes ou la formation technique. Dans la santé, le résultat se mesure à l’équipement, aux compétences transférées et à la capacité des structures congolaises à maintenir les services. Dans les technologies, il faut distinguer une coopération institutionnelle d’un investissement créateur d’emplois.

Cette méthode vaut aussi pour le volet sécuritaire. Le terme recouvre plusieurs domaines possibles, de la formation à la protection d’infrastructures, en passant par les équipements ou l’échange d’expertise. Les comptes rendus disponibles ne précisent pas encore lesquels seront prioritaires ni les garde-fous prévus. La nature exacte des prochains engagements devra donc être rendue publique avant toute évaluation sérieuse.

L’Est de la RDC placé dans une discussion plus large

Les échanges ministériels tenus en marge de la visite ont abordé la situation dans l’Est congolais et les évolutions au Moyen-Orient. Ils ont aussi porté sur le renforcement du soutien mutuel dans les organisations internationales.

Pour Kinshasa, cette dimension est importante au moment où la RDC veut faire entendre ses positions sur la souveraineté, la protection des civils et le respect de son intégrité territoriale. Israël cherche de son côté à consolider ses relations en Afrique et à élargir ses appuis diplomatiques. Le rapprochement répond donc à des intérêts réciproques, même si ceux-ci ne sont pas identiques.

Cette convergence ne dispense pas d’une ligne congolaise lisible. Un soutien dans une enceinte internationale doit rester compatible avec les engagements de la RDC, ses positions officielles et ses priorités africaines. Le Parlement, les administrations concernées et l’opinion auront besoin de connaître le contenu précis des arrangements lorsque ceux-ci dépasseront la déclaration politique.

Le Corridor de Lobito entre aussi dans la discussion

La Présidence congolaise avait indiqué que les possibilités d’investissements israéliens liées au Corridor de Lobito seraient examinées. Le sujet relie la diplomatie à une question économique centrale : la modernisation des transports ne doit pas seulement accélérer la sortie des minerais, mais aussi soutenir la transformation locale, les services logistiques et l’emploi.

Toute participation devra répondre à des besoins congolais clairement définis, avec des règles transparentes, des formations et des retombées provinciales mesurables.

À ce stade, il s’agit d’une piste d’investissement, pas d’un financement acquis. La nuance protège le débat public contre deux excès : présenter une rencontre comme un contrat déjà signé, ou minimiser une ouverture qui peut devenir utile si elle est correctement négociée.

Une relation relancée, désormais attendue sur les résultats

La séquence actuelle prolonge la visite de Félix Tshisekedi en Israël en 2021, puis celle d’Isaac Herzog à Kinshasa en novembre 2025. Le déplacement de la cheffe de la diplomatie congolaise en juillet 2026 a préparé le terrain technique. Le rendez-vous de septembre relève maintenant le niveau politique de cette relation.

Le prochain test sera celui de l’exécution. Pour chaque secteur, Kinshasa devra préciser l’administration responsable, le calendrier, les moyens mobilisés et les bénéfices attendus. Une coopération moderne ne se juge pas au nombre de domaines cités dans un communiqué, mais à la qualité des projets effectivement livrés.

L’accord de Jérusalem donne donc une direction sans fermer le débat. La sécurité et l’économie sont placées au premier plan, tandis que l’agriculture, l’eau, la santé, la technologie, la formation et les investissements restent dans le champ du partenariat. La portée réelle de la visite apparaîtra lorsque ces priorités seront traduites en décisions vérifiables pour les Congolais.

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