À Mahagi, dans la province de l'Ituri, l'éclairage public solaire continue de soutenir les déplacements, les activités commerciales et le sentiment de sécurité après la tombée de la nuit. Plus de trois ans après le lancement d'un projet appuyé par la MONUSCO, la question centrale devient désormais celle de l'entretien des installations.
Un effet visible sur la vie quotidienne
D'après Bunia Actualité, qui cite un reportage de la MONUSCO publié le 15 octobre, les habitants constatent une amélioration dans les zones éclairées. Les vendeuses peuvent poursuivre leur activité plus tard et les motocyclistes circulent sur des axes autrefois plongés dans l'obscurité.
Les lampadaires ne remplacent pas les services de sécurité. Ils réduisent toutefois les zones sans visibilité, facilitent les déplacements et permettent une meilleure observation de l'espace public. Pour les petits commerces, quelques heures supplémentaires d'activité peuvent aussi représenter un revenu important.
Différentes initiatives ont permis d'installer au total 231 lampadaires à Mahagi centre, Nyoka, Amée et Ngote. Un projet financé à hauteur de 93 630 dollars prévoyait à lui seul 66 unités sur plusieurs kilomètres de voirie.
La maintenance doit commencer avant les premières pannes
Un lampadaire solaire dépend de plusieurs éléments. Le panneau capte l'énergie, la batterie la conserve et la lampe assure l'éclairage. Une panne peut donc avoir des causes différentes. Sans technicien formé ni pièce de rechange, une installation cesse parfois de fonctionner pendant des mois.
Les autorités locales devraient publier un inventaire indiquant l'emplacement de chaque lampadaire, son état et la date du dernier contrôle. Ce registre permettrait aux habitants de signaler une panne avec précision et aiderait les responsables à prévoir les remplacements.
Un budget annuel d'entretien doit également être identifié. La construction est souvent financée par un partenaire, tandis que la maintenance revient ensuite à la collectivité. Si cette transition n'est pas préparée, le bénéfice initial diminue avec le temps.
La formation locale constitue un avantage à préserver
Le projet a associé 100 personnes aux travaux, dont 50 femmes vulnérables et 50 jeunes considérés comme exposés à des risques sociaux. Les participants ont reçu une rémunération et une formation en installation de systèmes photovoltaïques.
Cette compétence locale peut devenir le cœur du dispositif d'entretien. Une équipe formée à Mahagi serait en mesure de réaliser des inspections régulières, de changer certaines pièces et de transmettre un diagnostic avant une intervention plus lourde.
Pour que cette formation produise un emploi durable, les autorités et leurs partenaires devraient préciser combien de personnes exercent encore cette activité. Elles pourraient aussi réserver une part des opérations de maintenance aux techniciens formés dans le cadre du projet.
Un mécanisme de signalement accessible
Les usagers sont souvent les premiers à constater une baisse de luminosité ou une batterie défaillante. Un numéro local, un registre à la commune ou un contact auprès des chefs de quartiers permettrait de centraliser les signalements.
Chaque plainte devrait recevoir un numéro et une date de traitement. Cette méthode simple évite que les mêmes pannes soient répétées sans réponse. Elle permet aussi d'identifier les secteurs où le vandalisme, les accidents ou les défauts techniques sont les plus fréquents.
L'éclairage solaire de Mahagi montre qu'une infrastructure modeste peut changer l'usage de la ville pendant la nuit. Pour préserver cet effet, le prochain objectif doit être mesurable. Il consiste à garder les 231 lampadaires en service, à intervenir rapidement en cas de panne et à transformer les compétences acquises en emplois locaux durables.
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