Aller au contenuAller au contenu

Kananga : la nouvelle usine d’eau devra rendre visibles ses progrès jusqu’en 2029

Kananga : la nouvelle usine d’eau devra rendre visibles ses progrès jusqu’en 2029
Vue aérienne de Kananga. Photo d’archive prise en 2012, elle ne montre pas le chantier de l’usine d’eau. Crédit : MONUSCO et Myriam Asmani, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.
Partager dans un groupe WhatsApp ou copier le lien pour votre chaîne

Le lancement d'une nouvelle usine de traitement d'eau à Kananga ouvre une perspective attendue dans une ville où les coupures et les capacités limitées de l'ancienne installation pèsent depuis longtemps sur les ménages. Le projet vise environ 1,5 million de bénéficiaires d'ici 2029. Entre cette ambition et l'arrivée effective de l'eau au robinet, plusieurs étapes devront cependant être rendues visibles.

Votre publicité ici

Le ministre des Ressources hydrauliques et de l'Électricité, Aimé Molendo Sakombi, a lancé les travaux lundi 5 octobre. L'infrastructure doit capter l'eau de la rivière Lulua, la traiter, la stocker puis la distribuer dans plusieurs quartiers de Kananga. Le financement annoncé atteint 160 millions de dollars américains, dans le cadre d'un programme soutenu par la Banque mondiale.

Les objectifs communiqués portent sur plus de 60 000 ménages, 30 000 branchements particuliers et 266 bornes-fontaines. La moitié des bornes doit être gérée par des structures féminines. Ces chiffres donnent une direction précise. Ils doivent désormais être accompagnés d'un calendrier qui permette de distinguer les études achevées, les travaux engagés, les équipements livrés et les quartiers effectivement raccordés.

Un chantier doit être suivi par étapes

L'échéance de 2029 peut sembler éloignée pour une famille qui consacre déjà du temps et de l'argent à la recherche d'eau. La publication d'étapes intermédiaires aiderait à maintenir la confiance. Les responsables du projet pourraient indiquer chaque trimestre l'avancement du captage, de l'usine, des réservoirs, des conduites principales, des branchements et des bornes-fontaines.

Un pourcentage général ne suffit pas toujours. Une conduite posée n'apporte pas encore de l'eau si elle n'est ni testée ni reliée à un réseau fonctionnel. De la même manière, une borne-fontaine construite ne rend service que si l'approvisionnement est régulier, si le prix est affiché et si la gestion locale peut assurer l'entretien.

La ville part d'une situation difficile. L'usine de Kanyuka est confrontée à des pannes fréquentes et sa capacité ne répond plus aux besoins d'une population en croissance. Les femmes, les enfants et les structures de santé supportent particulièrement les conséquences de cette insuffisance. Réduire la distance parcourue pour obtenir de l'eau peut libérer du temps pour l'école, le travail et les soins.

Les branchements et les bornes devront atteindre les quartiers

La combinaison de branchements privés et de bornes publiques est importante. Tous les ménages ne pourront pas supporter immédiatement le coût d'une connexion individuelle. Les bornes-fontaines doivent donc être réparties en fonction des besoins, notamment dans les quartiers les moins desservis, et non seulement dans les zones les plus faciles à raccorder.

La gestion confiée à des structures féminines peut renforcer l'ancrage communautaire. Elle doit s'accompagner d'une formation technique, d'une comptabilité simple, d'un mécanisme de réparation et de règles claires sur le prix de l'eau. Sans ces garanties, les gestionnaires risqueraient de recevoir la responsabilité sans disposer des moyens nécessaires.

Le chantier doit également être protégé contre les risques qui fragilisent d'autres infrastructures de Kananga. [Le nouveau pont Nganza a rapidement rappelé l'importance de traiter l'érosion autour des ouvrages](https://nzadinews.net/kananga-le-pont-nganza-soulage-kamayi-et-muimba-une-erosion-menace-deja-ses-acces/). Les conduites, stations et accès techniques de l'usine devront intégrer la gestion des eaux de pluie et la stabilité des sols.

Le projet s'inscrit dans [une phase plus large d'exécution des programmes d'eau potable en RDC](https://nzadinews.net/rdc-leau-potable-entre-dans-une-phase-dexecution-kinshasa-et-les-provinces-face-au-test-des-chantiers/). À Kananga, son succès ne se résumera pas à la capacité théorique de l'usine. Il se vérifiera au nombre de jours de service, au volume distribué, à la qualité de l'eau, au coût payé par les ménages et au délai de réparation des pannes.

L'inauguration du chantier crée une attente forte. Un suivi public, quartier par quartier, permettra de montrer que les objectifs de 2029 progressent réellement vers les habitants et ne restent pas seulement inscrits dans un document de projet.

Views: 1

WhatsApp