Une trentaine d’experts travaillent à Kisantu, dans le Kongo Central, à l’élaboration de la Stratégie nationale de l’enseignement technique et professionnel pour la période 2027-2036. Les travaux ont été lancés lundi 19 octobre 2026 et doivent se poursuivre jusqu’au 31 octobre.
Le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté présente cette démarche comme une réponse au décalage entre certaines formations proposées dans les écoles et les compétences recherchées dans l’économie congolaise.
L’atelier est placé sous le patronage de la ministre d’État Raïssa Malu Dinanga, avec l’appui technique et financier de l’UNICEF. Il réunit des responsables de l’administration centrale, des cadres provinciaux, des inspecteurs et des partenaires techniques.
Relier les formations aux besoins économiques
Le diagnostic présenté par le ministère relève que des établissements continuent de former des élèves à des métiers peu adaptés à leur environnement économique. Dans le même temps, des entreprises disent avoir des difficultés à trouver localement certaines compétences techniques.
La future stratégie doit tenir compte des besoins liés aux grands projets d’infrastructures. Le Grand Inga, le corridor de Lobito, la liaison route-rail entre Kinshasa et Brazzaville ainsi que le couloir vert Kivu-Kinshasa sont cités parmi les programmes susceptibles de créer une demande en énergie, génie civil, électromécanique, transport, logistique et maintenance industrielle.
La transformation locale des minerais et le développement des métiers liés à l’environnement figurent aussi dans les secteurs étudiés. L’objectif annoncé est de mieux préparer les apprenants à des emplois existants ou appelés à se développer.
Six domaines de travail retenus
Les experts mobilisés examinent notamment l’intelligence artificielle, l’entrepreneuriat, l’alternance entre l’école et l’entreprise, l’approche par les situations, le chiffrage et la planification pluriannuelle.
Ces thèmes devront être traduits en programmes, équipements, formation des enseignants et partenariats avec les entreprises. Sans calendrier d’investissement et sans mécanisme d’évaluation, une stratégie nationale risquerait de rester un document d’orientation sans effet visible dans les écoles.
Le recours à l’alternance peut rapprocher les élèves du monde professionnel. Il suppose toutefois que les établissements disposent de partenaires capables d’accueillir les apprenants dans des conditions sûres et d’encadrer réellement leur apprentissage.
Une validation annoncée en deux étapes
Le ministère prévoit une validation technique du projet le 30 octobre. Le document doit ensuite être soumis au Comité technique au plus tard le 15 novembre 2026.
Ces deux échéances permettront de vérifier si les propositions de Kisantu sont consolidées dans un texte cohérent et chiffré. La publication du document final faciliterait le suivi des engagements par les écoles, les parents, les entreprises et les provinces.
La réussite de la réforme dépendra ensuite de sa mise en œuvre. Les indicateurs les plus utiles seront le nombre de filières adaptées, les équipements installés, les enseignants formés, les stages effectivement organisés et l’insertion professionnelle des diplômés.
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