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Epulu : la menace des ADF pèse encore sur les okapis et la réserve

Epulu : la menace des ADF pèse encore sur les okapis et la réserve
Un okapi, espèce emblématique endémique de la RDC. Photo d’illustration. Photo recadrée. Crédit : Steve Wilson. Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

À Epulu, les responsables de la Réserve de faune à okapis s’inquiètent toujours de la menace des ADF. Ils l’ont rappelé au gouverneur de l’Ituri, Gaby Kasongo Mulumba, lors de sa visite du 11 septembre 2026, rapporte Radio Okapi le lendemain. L’alerte porte sur la protection du site, sans faire état d’une nouvelle attaque.

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La réserve a déjà subi des violences : il y a plus de dix ans, des okapis avaient été massacrés dans une attaque attribuée à la milice de Morgan. Ce précédent donne un poids particulier à l’alerte actuelle, qui concerne les animaux, le personnel et les communautés voisines.

Décryptage : protéger l’espèce et son habitat

L’okapi vit à l’état sauvage dans le nord-est de la RDC. Préserver cette espèce endémique suppose donc de protéger la forêt où elle vit, autant que les animaux présents sur le site d’Epulu.

La réserve protège aussi une forêt, des cours d’eau et de nombreuses autres espèces. Son importance dépasse donc les enclos visités à Epulu. Lorsque l’insécurité limite les patrouilles, les risques de braconnage, d’exploitation illégale et de destruction de l’habitat augmentent sur un territoire beaucoup plus vaste.

Emmanuel Balemba, directeur adjoint du site, rapporte que le gouverneur s’est engagé à suivre la situation. Les informations publiées ne précisent cependant ni nouveaux effectifs ni budget ou calendrier de déploiement.

La sécurité des gardes conditionne celle des animaux

Les gardes ne peuvent pas surveiller la forêt sans moyens de communication, mobilité et soutien rapide en cas d’attaque. Leur travail exige des équipements adaptés et une connaissance précise des mouvements dans la zone. Les opérations des FARDC et de l’armée ougandaise contre les ADF constituent un élément du dispositif, mais la réserve a également besoin d’une stratégie propre.

Cette stratégie doit associer les communautés. Les habitants vivant autour du site sont souvent les premiers à remarquer un passage inhabituel, un bruit d’arme ou une activité clandestine. Ils peuvent devenir des partenaires essentiels si leur sécurité est garantie et si la conservation leur apporte aussi des possibilités économiques légales.

Un tourisme responsable pourrait, à terme, créer des revenus. Mais il ne peut se développer tant que les visiteurs, les employés et les routes ne sont pas suffisamment sécurisés. La priorité immédiate reste donc la protection des personnes et la continuité minimale des activités de conservation.

Rendre les engagements mesurables

Après la visite, les responsables de la réserve devront pouvoir compter sur des moyens précis : des agents, des équipements et une coordination avec les services de sécurité. Les engagements annoncés restent à traduire en mesures concrètes.

Il faudra également documenter les incidents sans exposer les équipes. Une cartographie actualisée des menaces permettrait d’adapter les patrouilles et de protéger les voies d’approvisionnement. Les partenaires de la conservation pourraient alors orienter leur soutien vers les besoins les plus urgents.

La protection des okapis dépend aussi des conditions dans lesquelles travaillent les gardes. Tant que les équipes, les routes et les villages voisins restent menacés, la conservation demeure difficile. La visite du gouverneur a remis ces besoins au premier plan.

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