Jean-Michel Sama Lukonde a représenté Félix Tshisekedi à la prestation de serment de Hakainde Hichilema pour un second mandat. La présence des gouverneurs du Haut-Katanga et du Lualaba dans l’accueil de la délégation souligne le poids du voisinage, mais aucun nouvel accord bilatéral n’a été annoncé.
Une représentation confiée au président du Sénat
Le choix de Jean-Michel Sama Lukonde donne à la participation congolaise un rang institutionnel élevé. Le président du Sénat s’est rendu à Lusaka pour représenter Félix Tshisekedi à la cérémonie organisée au National Heroes Stadium. Hakainde Hichilema et la vice-présidente Mutale Nalumango y ont prêté serment pour un deuxième mandat de cinq ans.
La délégation congolaise a été accueillie par l’ambassadeur de la RDC en Zambie, Bapaga Tepupileka Serge Didier. Les gouverneurs Martin Kazembe, du Haut-Katanga, et Fifi Masuka, du Lualaba, étaient également présents, aux côtés d’élus et de représentants de la communauté congolaise. Cette composition est le fait politique le plus intéressant pour Kinshasa. Elle associe à la séquence présidentielle les deux provinces qui vivent chaque jour les échanges avec la Zambie.
Il faut toutefois s’en tenir à ce qui est public. La présence de ces responsables ne prouve pas qu’une négociation particulière leur avait été confiée. Aucun message présidentiel détaillé, entretien bilatéral formel ou document signé n’a été rendu public à l’issue de la cérémonie.
Une cérémonie zambienne, un voisinage congolais
L’investiture clôt la séquence ouverte par le scrutin zambien du 13 août. Les autorités de Lusaka avaient fixé la prestation de serment au 1er septembre après l’expiration du délai prévu pour contester l’élection, sans requête enregistrée. La journée a installé le nouveau mandat autour du programme « Grow Zambia », présenté comme le passage de la stabilisation économique à une politique davantage tournée vers la production.
Pour la RDC, l’intérêt n’est pas de commenter à nouveau le résultat électoral zambien. Il réside dans la continuité d’une relation de voisinage qui touche directement les routes, les postes frontaliers, les minerais, l’électricité et la circulation des personnes. Le Haut-Katanga et le Lualaba partagent avec la Copperbelt zambienne des flux commerciaux et industriels qui ne s’arrêtent pas aux cérémonies officielles.
La représentation de Félix Tshisekedi permet donc de maintenir le contact politique au début du nouveau mandat. Elle ne règle cependant aucun des dossiers pratiques qui concernent les opérateurs, les transporteurs et les habitants des zones frontalières.
Les gouverneurs placés au plus près des enjeux
La présence de Martin Kazembe et de Fifi Masuka peut faciliter la remontée des préoccupations provinciales. À Kasumbalesa comme sur d’autres axes, la fluidité des échanges dépend de décisions prises par plusieurs administrations. Douanes, migration, police des frontières, services sanitaires, autorités routières et exécutifs provinciaux doivent travailler avec leurs homologues zambiens.
Les provinces minières sont aussi concernées par les choix de Lusaka sur le cuivre, l’énergie et les corridors régionaux. La Zambie veut accroître sa production et améliorer ses capacités électriques. La RDC poursuit, de son côté, ses propres projets de transformation locale et de raccordement au Corridor de Lobito. Les ambitions peuvent se compléter, mais elles peuvent aussi créer une concurrence pour les capitaux, les infrastructures et les débouchés.
Ce contexte donne du sens à une représentation comprenant des responsables provinciaux. Pour autant, un signal politique n’équivaut pas à un mécanisme de travail. Les prochaines avancées devront être documentées par des réunions identifiées, des décisions conjointes et des échéances vérifiables.
Ce qui reste à rendre concret
Le communiqué sur le déplacement ne précise ni feuille de route bilatérale ni calendrier de suivi. Il n’indique pas davantage si Sama Lukonde a remis un message écrit au président zambien ou tenu une séance consacrée aux dossiers congolais. Cette absence d’information n’autorise pas à conclure que rien n’a été discuté. Elle oblige simplement à ne pas transformer une participation protocolaire en accord qui n’existe pas publiquement.
La suite utile serait une restitution claire. Les citoyens et les acteurs économiques ont besoin de savoir si Kinshasa et Lusaka prévoient de travailler sur les frontières, les infrastructures, l’énergie ou la sécurité des échanges, et selon quel calendrier. Les gouverneurs concernés peuvent aussi préciser ce qu’ils attendent du nouveau mandat zambien pour leurs provinces.
À Lusaka, la RDC a assuré une présence politique remarquée. Le véritable bilan commencera après les applaudissements, lorsque les administrations traduiront le bon voisinage en temps d’attente réduits, en routes plus fiables et en coopération suivie. À ce stade, ce travail reste à démontrer.

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