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Fret en RDC : SYGREM numérise les documents et les redevances de l’Ogefrem

Fret en RDC : SYGREM numérise les documents et les redevances de l’Ogefrem
Le port de Matadi entre 1980 et 1986. Photo d’archives illustrant la chaîne du fret, sans lien avec la cérémonie de lancement de SYGREM. Crédit : Agence Zaire Presse, domaine public, via Wikimedia Commons.

La plateforme SYGREM a été lancée à Kinshasa pour gérer en ligne les documents de traçabilité du fret et les recettes de l’Ogefrem. Paiement, suivi des cargaisons et centralisation sont annoncés. Le bénéfice pour les opérateurs se mesurera désormais dans les délais, les coûts et la fiabilité du service.

Trois documents réunis dans un même système

Le vice-Premier ministre chargé des Transports, Jean-Pierre Bemba, a présidé le lancement le 1er septembre. SYGREM, pour Système de gestion des redevances multimodales, résulte d’un partenariat entre l’Office de gestion du fret multimodal et PADS Corporation.

La plateforme doit prendre en charge trois instruments utilisés dans le commerce extérieur congolais. La FERI rassemble les renseignements liés à l’importation. L’Attestation de destination suit l’arrivée de la marchandise. La FERE concerne, elle, les renseignements à l’exportation. Le système couvre aussi les actes qui génèrent des recettes pour l’Ogefrem.

Ces documents ne sont pas nouveaux. Leur souscription obligatoire est encadrée par des arrêtés adoptés en janvier 2019. L’évolution annoncée porte sur la manière de les gérer, de les payer et de suivre le fret. Le ministère des Transports cite notamment la géolocalisation de bout en bout, le paiement en ligne, l’accélération des transactions et le versement des fonds vers des comptes bancaires dédiés à l’Office.

Une promesse de contrôle qui doit devenir un service

Pour l’État, l’objectif affiché est de mieux connaître les marchandises qui entrent et sortent, de limiter la fraude et de sécuriser les recettes. Pour l’importateur ou l’exportateur, l’attente est plus quotidienne : déposer un dossier sans multiplier les déplacements, savoir où il se trouve, payer par un canal reconnu et recevoir une preuve vérifiable.

Cette différence de regard est importante. Une plateforme peut centraliser des données sans réduire le temps passé par l’usager si les mêmes pièces continuent d’être demandées sur papier. Elle peut aussi déplacer la file d’attente vers un écran si l’assistance, la connexion ou la validation restent lentes.

Le coût du fret finit souvent dans le prix d’un produit. Une journée d’immobilisation, une démarche répétée ou une redevance mal comprise pèsent sur la trésorerie de l’opérateur. Rien ne permet encore de chiffrer une économie produite par SYGREM. Le lancement marque le début de l’évaluation, pas la preuve d’un gain déjà obtenu.

Deux outils numériques à ne pas confondre

La mise en service intervient au moment où la RDC déploie également un portail d’informations commerciales. Les deux outils se situent autour des importations et des exportations, mais ils n’ont pas la même fonction.

Le portail commercial doit expliquer les procédures, les pièces, les frais et l’ordre des démarches. SYGREM est présenté comme un système d’exploitation pour les instruments de traçabilité et les recettes gérés par l’Ogefrem. En pratique, l’un doit dire à l’opérateur ce qu’il faut faire, tandis que l’autre doit lui permettre d’accomplir une partie de ces formalités.

La cohérence entre les deux sera un premier test. Un tarif, une exigence ou un délai affiché sur le portail d’information devrait correspondre à ce que demande SYGREM. Dans le cas contraire, le numérique reproduirait la confusion qu’il est censé réduire.

Des résultats qui peuvent être publiés

L’Ogefrem dispose d’une longue expérience. Créé en 1980 pour le fret maritime, l’Office a vu ses attributions étendues à toute la chaîne multimodale en 2009. Il gère donc des flux qui passent par la route, le rail, les ports et les frontières. Cette couverture donne à SYGREM un potentiel national, mais aussi une difficulté : les conditions de connexion et d’accompagnement ne sont pas identiques à Matadi, Kasumbalesa, Goma ou dans un poste éloigné.

Un tableau de bord public permettrait de suivre le changement. Il pourrait indiquer le nombre de FERI, d’attestations de destination et de FERE traitées, le délai médian de délivrance, la part des paiements effectués en ligne, les interruptions du service et les réclamations résolues. La concordance entre les montants payés, les reçus délivrés et les fonds effectivement enregistrés mérite aussi un contrôle régulier.

La protection des comptes et des données devra accompagner cette transparence. Un système qui concentre les informations sur les cargaisons et les paiements devient sensible pour les entreprises comme pour l’État. Des droits d’accès clairs, des traces de chaque modification et une procédure de secours en cas de panne seront essentiels.

SYGREM peut simplifier un maillon du commerce extérieur. Sa crédibilité ne viendra toutefois ni de son nom ni de la cérémonie. Elle se construira lorsqu’un opérateur pourra terminer sa démarche plus vite, comprendre ce qu’il paie et retrouver la même information du portail public jusqu’au point de passage de sa marchandise.

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