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FOGECA à Porto : Tshisekedi invité, la RDC doit encore préciser sa participation

FOGECA à Porto : Tshisekedi invité, la RDC doit encore préciser sa participation
Porto, ville annoncée pour le Forum Afrique-Portugal des 8 et 9 octobre 2026. Photo d’illustration, elle ne montre ni le forum ni l’audience présidentielle. Crédit : Dimitry Anikin, CC0 1.0, via Wikimedia Commons. Recadrage éditorial.

L’invitation au prochain FOGECA a été remise à Félix Tshisekedi le vendredi 28 août et rendue publique le lendemain. Les organisateurs souhaitent le voir ouvrir les travaux à Porto, les 8 et 9 octobre. Au 2 septembre, sa participation et le contenu d’une éventuelle offre congolaise n’étaient pas confirmés.

Une invitation remise avant le déplacement au Portugal

Amadou Diagne, ambassadeur itinérant du président gambien Adama Barrow et président fondateur du FOGECA, a été reçu à la Cité de l’Union africaine. Il a remis à Félix Tshisekedi une invitation à la prochaine édition du Forum des opérateurs pour la garantie de l’émergence économique en Afrique, annoncée au Portugal.

La chronologie mérite d’être précisée. L’audience s’est tenue le 28 août et la Présidence l’a relatée le 29. Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle activité présidentielle du 2 septembre. Le développement à suivre est désormais la réponse de Kinshasa à l’invitation, puis la préparation éventuelle d’une participation congolaise.

Selon le compte rendu présidentiel, le FOGECA souhaite que Félix Tshisekedi ouvre les travaux. Le souhait de l’organisateur n’est ni une acceptation ni une confirmation de présence. Aucun communiqué ultérieur consulté au 2 septembre n’annonçait le déplacement du chef de l’État, la composition d’une délégation ou les projets que la RDC voudrait présenter.

Porto promet des rencontres, pas encore des investissements

Le rendez-vous est présenté comme un espace de contacts entre chefs d’entreprise, patronats, responsables publics et partenaires venus d’Afrique, du Portugal et des Émirats arabes unis. Le site du forum annonce une journée de travaux le 8 octobre et un gala le 9. Il met en avant les partenariats, les coentreprises et la mobilisation de capitaux.

Ces objectifs restent ceux des organisateurs. Un forum ne garantit ni contrat, ni financement, ni création d’emploi. Il ouvre des conversations qui doivent ensuite passer par la vérification des partenaires, les études techniques, les autorisations, la négociation financière et le suivi administratif.

L’édition organisée avec l’Association entrepreneuriale du Portugal en 2024 donne une idée du format utilisé lors d’un précédent rendez-vous : présentations sectorielles, rencontres entre entreprises et échanges institutionnels. Ce précédent ne constitue pas le programme définitif de 2026. Il montre simplement que l’intérêt du déplacement dépendra de la qualité des dossiers apportés à la table.

La RDC doit choisir ce qu’elle veut défendre

Kinshasa dispose de nombreux projets susceptibles d’intéresser des investisseurs, dans l’énergie, l’agriculture, les infrastructures, la transformation minière, la santé, le numérique et les services. Arriver avec une liste trop large risquerait pourtant de diluer le message. Quelques projets mûrs, documentés et assortis d’un interlocuteur clairement désigné seraient plus utiles qu’un catalogue de promesses.

Pour chaque dossier, les partenaires potentiels voudront connaître le besoin de financement, le modèle économique, le statut foncier, les autorisations, l’accès à l’électricité, les garanties publiques et la part attendue des entreprises congolaises. Les autorités devront aussi distinguer les projets qui cherchent un investisseur, ceux qui ont besoin d’un prêt et ceux qui appellent seulement une coopération technique.

La participation du secteur privé congolais compte autant que la présence officielle. Des entreprises préparées à des rendez-vous ciblés peuvent défendre leurs besoins réels, trouver des fournisseurs ou construire des partenariats. Sans sélection transparente, le risque est de réserver l’accès à quelques acteurs déjà proches des réseaux institutionnels.

Une invitation qui doit devenir une méthode

Le FOGECA, fondé à Dakar en 2007, se présente comme une plateforme consacrée à l’intégration économique et aux partenariats public-privé. L’Union africaine a elle-même reçu Amadou Diagne en 2025 pour un échange sur le rôle du secteur privé dans le développement durable du continent. Cela établit l’existence de l’interlocuteur et sa présence dans les réseaux panafricains. Cela ne valide pas à l’avance les projets ou les chiffres promotionnels du forum.

La Présidence et les ministères compétents peuvent donc utiliser les semaines restantes pour préciser trois éléments : le niveau de représentation de la RDC, les secteurs prioritaires et les résultats attendus. Une liste publique des entreprises retenues, des critères de sélection et des rendez-vous prévus renforcerait la crédibilité de la démarche.

Après le forum, la même exigence devrait s’appliquer au bilan. Combien de réunions ont eu lieu ? Quels accords ont été signés ? S’agit-il d’intentions, d’études ou de financements effectivement mobilisés ? Ces distinctions évitent de présenter comme acquis ce qui n’est encore qu’une piste.

L’invitation remise à Félix Tshisekedi offre une possibilité de visibilité économique. Elle ne constitue pas encore une politique d’investissement. La valeur de Porto se mesurera à la préparation congolaise, au choix des partenaires et à la capacité de publier des suites concrètes.

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