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RDC : l’eau potable entre dans une phase d’exécution, Kinshasa et les provinces face au test des chantiers

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Après plusieurs mois d’études, de revues techniques et de mobilisation de financements, les projets d’eau et d’assainissement soutenus par la Banque mondiale passent à une étape plus opérationnelle en RDC. Kinshasa, le Kasaï, le Kasaï Central, le Kasaï Oriental et le Kwilu sont au cœur de ce test de mise en œuvre.

RDC : l’eau potable entre dans une phase d’exécution, Kinshasa et les provinces face au test des chantiers
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En République démocratique du Congo, la bataille pour l’accès à l’eau potable et à l’assainissement entre dans une séquence décisive. Ces dernières semaines, les autorités congolaises, la Cellule d’exécution des projets-eau (CEP-O) et la Banque mondiale ont multiplié les étapes techniques autour de plusieurs programmes structurants. L’enjeu est double : augmenter la production et la distribution d’eau dans une capitale en forte croissance, tout en accélérant les investissements dans des provinces où l’accès aux services de base reste fragile.

Kinshasa au centre d’un nouveau paquet d’investissements

Le signal le plus récent est venu du Projet d’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement à Kinshasa (PAAEPA). Dans un avis de mobilisation du marché publié pour une session d’information tenue le 16 juillet 2026, la Banque mondiale indique que le gouvernement congolais prépare, avec un financement de l’Association internationale de développement (IDA), un projet de 640 millions de dollars destiné à accroître l’accès à des services d’eau et d’assainissement résilients au climat dans les zones sous-desservies de Kinshasa.

Le paquet prioritaire concerne notamment le développement de l’usine de traitement de N’djili. Les travaux prévus portent sur la construction d’une nouvelle prise d’eau brute sur le fleuve Congo, appelée à remplacer l’actuelle prise sur la rivière N’djili, la réhabilitation des modules existants de traitement et la construction d’un quatrième module pour augmenter la capacité de production. Pour une métropole où l’urbanisation exerce une pression continue sur les réseaux, la réussite de cette opération sera un indicateur important de la capacité publique à transformer les financements en service régulier pour les ménages.

Le PASEA quitte progressivement la phase préparatoire

Au-delà de Kinshasa, le Programme d’accès aux services d’eau et d’assainissement (PASEA) constitue l’autre chantier majeur. Le gouvernement a clôturé, le 3 juillet 2026 à Kinshasa, la revue à mi-parcours de ce programme financé par la Banque mondiale. Selon la CEP-O, l’exercice a réuni les administrations nationales et provinciales, les unités provinciales d’exécution, des représentants de la Banque mondiale et les principaux acteurs du secteur.

Cette revue a conclu à un basculement progressif vers la phase opérationnelle. Les premières années ont été largement consacrées aux études techniques, à la passation des marchés, aux sauvegardes environnementales et sociales et à la mise en place des équipes. Les prochaines années doivent être celles des chantiers. La première phase du PASEA, couvrant la période 2023-2029 et dotée de 400 millions de dollars, intervient dans les provinces du Kasaï, du Kasaï Central, du Kasaï Oriental et du Kwilu.

Les objectifs affichés sont importants : permettre à 2,9 millions de personnes d’accéder à des services d’eau potable de base et à 2 millions de personnes de bénéficier de services d’assainissement de base d’ici 2029. Le programme prévoit aussi l’équipement de 350 écoles et de 150 centres de santé en infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement, ainsi que la mise en place de quatre régies provinciales du service public de l’eau.

L’assainissement de Kinshasa devient un enjeu de santé publique

La question ne se limite pas à la production d’eau. Le 23 juillet 2026, la CEP-O et la Cellule de développement urbain de Kinshasa ont organisé un atelier consacré au mode de gouvernance de la future station de traitement des boues de vidange et aux orientations du Schéma directeur d’assainissement inclusif de Kinshasa. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Kin Elenda, également appuyé par l’IDA du Groupe de la Banque mondiale.

Le dossier est sensible. Dans une ville où de nombreux ménages dépendent de systèmes autonomes, la collecte, le transport et le traitement des boues de vidange restent insuffisamment structurés. Les rejets non maîtrisés alimentent la pollution des rivières, des zones humides et du fleuve Congo. La future station, prévue sur le site du CNPP/UNIKIN, devra donc être accompagnée d’un cadre institutionnel clair, d’un modèle économique viable, d’une tarification adaptée et d’une implication organisée des opérateurs privés.

Un objectif national ambitieux, mais des risques d’exécution

La Première ministre Judith Suminwa a réaffirmé en avril 2026, lors d’échanges avec la Banque mondiale à Washington, l’ambition du gouvernement de porter l’accès à l’eau potable à 60 % d’ici 2035. Cette cible suppose non seulement des infrastructures, mais aussi une amélioration de la gouvernance, de la performance des opérateurs et de la coordination entre pouvoir central, provinces, ville de Kinshasa, entreprises et partenaires techniques.

Les risques restent élevés. Les projets d’eau sont souvent exposés aux retards de passation des marchés, aux problèmes fonciers, aux contraintes environnementales, à la faiblesse des capacités locales et aux difficultés d’entretien après réception des ouvrages. La revue du PASEA insiste d’ailleurs sur la nécessité d’une culture de performance, de suivi rapproché des marchés et de redevabilité. Sans cette discipline d’exécution, les annonces financières peuvent difficilement se traduire en robinets fonctionnels, latrines améliorées, écoles équipées et centres de santé mieux protégés.

Conclusion

La séquence ouverte en juillet 2026 marque donc un moment charnière pour le secteur congolais de l’eau et de l’assainissement. Kinshasa concentre des investissements lourds pour renforcer sa production et structurer son assainissement liquide, tandis que le PASEA doit désormais produire des résultats visibles dans quatre provinces. Pour les populations, le critère d’évaluation sera concret : moins de files d’attente aux points d’eau, des services plus réguliers, des ouvrages entretenus et un environnement urbain moins exposé aux risques sanitaires. Le défi n’est plus seulement de mobiliser les financements, mais de livrer durablement le service public attendu.

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