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Pweto : le choléra progresse pendant que la panne d’eau renvoie les habitants vers le lac Moero

Pweto : le choléra progresse pendant que la panne d’eau renvoie les habitants vers le lac Moero
Le lac Moero vu depuis sa rive congolaise en janvier 2020. Photo d’archive liée à la source d’eau utilisée par une partie de la population de Pweto. Crédit : Makandwe Mwape, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
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La zone de santé de Pweto, dans le Haut-Katanga, fait face à une progression inquiétante du choléra sur fond de pénurie d’eau potable. Plus de quatre cents cas ont été enregistrés depuis le 26 août, selon le médecin chef de zone, le docteur Freddy Mulenda. Plus de trois cents malades ont quitté les structures de soins après leur rétablissement, tandis que vingt-trois décès ont été rapportés.

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La situation sanitaire est aggravée par l’arrêt de la distribution d’eau dans la cité. Une coupure d’électricité provenant du fournisseur zambien a affecté le fonctionnement des installations de la REGIDESO. Faute d’alternative suffisante, de nombreux habitants se tournent vers le lac Moero pour leurs besoins quotidiens.

Le manque d’eau alimente le risque

Le recours à l’eau du lac ne provoque pas automatiquement la maladie, mais il augmente fortement le danger lorsque l’eau est consommée sans traitement ou conservée dans de mauvaises conditions. Le choléra se transmet par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés. Dans un environnement où l’assainissement est insuffisant, un seul foyer peut rapidement contaminer plusieurs ménages.

Les aires de santé de Boma, Tshalanshi et Katabe figurent parmi les secteurs touchés. Les équipes sanitaires doivent à la fois prendre en charge les malades, rechercher les nouveaux cas et sensibiliser la population. Cette triple tâche devient plus difficile lorsque les familles parcourent de longues distances pour trouver de l’eau et utilisent les mêmes récipients pour le transport, le stockage et la consommation.

Le gouvernement provincial a envoyé des médicaments, des intrants et des comprimés de purification de l’eau. Cet appui répond à l’urgence, mais il ne remplace pas le rétablissement d’une desserte régulière en eau potable. Les comprimés peuvent protéger temporairement des ménages, à condition que les consignes de dosage soient comprises et respectées.

La riposte doit sortir des centres de soins

La baisse durable des contaminations dépendra d’actions coordonnées hors des structures médicales. Les points de puisage doivent être identifiés et surveillés. Les familles doivent recevoir des informations pratiques sur le lavage des mains, le traitement de l’eau et la conservation des aliments. Les personnes présentant une diarrhée aiguë doivent être orientées rapidement vers un centre de soins, car la déshydratation peut devenir mortelle en quelques heures.

Les autorités locales sont aussi attendues sur la remise en service des installations de la REGIDESO. Une solution électrique provisoire, si elle est techniquement possible, permettrait de réduire la pression sur le lac. À plus long terme, Pweto a besoin d’un système capable de continuer à fournir de l’eau même lorsqu’une source d’énergie extérieure tombe en panne.

Une crise qui révèle une fragilité ancienne

L’épidémie montre que la santé publique ne se joue pas uniquement dans les hôpitaux. L’accès à l’eau, l’énergie, l’assainissement et la communication communautaire forment une seule chaîne. Lorsqu’un maillon cède, les conséquences se déplacent rapidement vers les centres de traitement.

À Pweto, l’urgence consiste à interrompre la transmission tout en rétablissant l’eau potable. Le nombre élevé de guérisons indique que la prise en charge produit des résultats. Le bilan humain rappelle toutefois que chaque retard dans la détection, le traitement ou l’approvisionnement en eau augmente le risque pour les quartiers encore épargnés.

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