La redevance minière et les cahiers des charges ont permis d’approuver 521 projets communautaires dans les zones d’exploitation de la République démocratique du Congo. Selon le bilan présenté le 26 août par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, 335 de ces projets sont achevés et 186 restent en cours d’exécution.
Ce bilan place les infrastructures sociales au centre de l’utilisation des revenus tirés de l’activité extractive. Les réalisations annoncées comprennent 80 écoles et 65 centres de santé construits ou réhabilités. Le ministère fait également état de 62 projets consacrés à l’eau potable et à l’énergie, de 28 projets agropastoraux, de 47 initiatives socioculturelles et de 52 projets routiers.
Au-delà des chiffres, l’enjeu est celui de la transformation des recettes minières en services directement visibles pour les populations. Dans plusieurs territoires producteurs, les communautés réclament depuis des années que l’exploitation du cuivre, du cobalt, de l’or ou du coltan se traduise par des routes praticables, des écoles équipées et un meilleur accès aux soins. La redevance minière et les cahiers des charges constituent précisément deux mécanismes destinés à rapprocher une partie de la richesse produite des besoins locaux.
Louis Watum affirme que ces investissements ont également créé des milliers d’emplois. Cette dimension reste toutefois difficile à apprécier sans données détaillées sur la durée des contrats, la répartition géographique des postes et la part réellement occupée par les habitants des zones concernées. Le suivi des projets devra donc aller au-delà du nombre d’ouvrages annoncés et mesurer leur fonctionnement effectif, leur entretien et leur impact.
Le ministre insiste par ailleurs sur la gouvernance, la traçabilité, la lutte contre la fraude et la transformation locale des minerais. L’objectif affiché est de réduire la dépendance à l’exportation de matières brutes et de retenir davantage de valeur ajoutée en RDC. Cette orientation suppose des investissements dans l’énergie, les transports, les capacités industrielles et la formation professionnelle.
Le chiffre de 335 projets réalisés représente une avancée importante, mais il appelle aussi un contrôle indépendant. La publication d’une liste détaillée des ouvrages, de leurs coûts, de leurs maîtres d’ouvrage et de leur état d’achèvement permettrait aux communautés, aux élus et aux organisations de la société civile de vérifier les résultats annoncés. Les 186 projets encore en chantier devront faire l’objet d’un calendrier public et d’un suivi régulier.
La réussite de cette politique se mesurera finalement à la qualité des services rendus. Une école construite mais dépourvue d’enseignants, un centre de santé sans médicaments ou une route rapidement dégradée ne suffisent pas à produire le développement attendu. La redevabilité doit donc porter à la fois sur l’argent mobilisé, les infrastructures livrées et leur utilité durable.

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