L’emploi de drones armés prend une place croissante dans les affrontements qui opposent les Forces armées de la République démocratique du Congo à l’AFC/M23 et à ses alliés dans l’Est du pays. Les incidents signalés en août dans le Sud-Kivu montrent que cette technologie modifie la conduite des opérations tout en augmentant les risques pour les populations.
Le 21 août, l’armée congolaise a affirmé avoir abattu dans les Hauts-Plateaux de Fizi un drone kamikaze attribué aux forces rwandaises et au M23. Quelques jours auparavant, un porte-parole des FARDC avait accusé le même camp d’avoir utilisé un drone d’attaque pour frapper un hôtel à Mwalu, dans le territoire de Fizi. L’AFC/M23 a de son côté accusé la coalition progouvernementale d’employer des drones et des mortiers contre plusieurs villages proches de Minembwe.
Ces affirmations émanent de parties directement engagées dans le conflit et doivent être traitées avec prudence tant qu’elles ne sont pas corroborées par des enquêtes indépendantes. Elles convergent néanmoins sur un constat : les drones sont désormais intégrés aux opérations menées dans une région montagneuse où le contrôle du terrain change fréquemment.
Des affrontements ont également été rapportés autour de plusieurs localités du Sud-Kivu. Les FARDC disent avoir repoussé des attaques simultanées contre des villages des territoires de Kabare et de Kalehe. D’autres sources ont signalé des changements de contrôle autour de Lumbishi et de Chambombo. La multiplication des lignes de front complique la circulation, l’aide humanitaire et la vérification des bilans.
Pour les civils, le danger ne se limite pas à l’impact direct des frappes. La peur des drones provoque des déplacements, perturbe les marchés et réduit l’accès aux champs, aux écoles et aux structures sanitaires. L’utilisation d’armes à distance dans des zones habitées impose aux belligérants le respect strict du droit international humanitaire, notamment les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution.
Une documentation indépendante des incidents devient urgente. Les autorités devraient préserver les débris, identifier les lieux d’impact et permettre aux observateurs compétents d’établir la chaîne des responsabilités. Sans vérification crédible, chaque camp peut instrumentaliser les attaques pour alimenter sa communication de guerre.
Rédaction Nzadinews.net

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