Aller au contenuAller au contenu

RDC : le ministère recense 52 095 détenus et 74 prisons non opérationnelles

RDC : le ministère recense 52 095 détenus et 74 prisons non opérationnelles
Mission de la MONUSCO auprès d’un détenu à Karuba, territoire de Masisi, en janvier 2012. Photo d’archive. Crédit : MONUSCO et Sylvain Liechti, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.
Partager dans un groupe WhatsApp ou copier le lien pour votre chaîne

La République démocratique du Congo comptait 52 095 personnes détenues au 20 octobre 2026, selon les chiffres présentés par le ministre d’État à la Justice Guillaume Ngefa devant une commission parlementaire. Parmi elles, 11 835 avaient été condamnées et 40 260 se trouvaient en détention préventive.

Votre publicité ici

Le ministère a également recensé 214 sites susceptibles de servir d’établissements pénitentiaires. Seuls 116 reçoivent une subvention régulière, 24 fonctionnent sans subvention et 74 sont déclarés non opérationnels.

Ces chiffres décrivent un système marqué à la fois par la surpopulation, le poids de la détention avant jugement et l’inégale capacité des établissements à accueillir les prisonniers.

La détention préventive représente la majorité des cas

Les personnes en attente de jugement représentent plus des trois quarts de la population carcérale recensée. Cette proportion traduit les lenteurs de l’instruction, les difficultés d’organisation des audiences et le recours prolongé à la détention préventive.

Le ministère a indiqué que 80 femmes vivaient en prison avec des enfants ou des nourrissons et que 27 détenues étaient enceintes. Ces situations exigent un suivi médical, alimentaire et social adapté.

Le document présenté au Parlement signale aussi des décaissements irréguliers pour l’alimentation et les soins. Lorsque les crédits arrivent tardivement, les directions pénitentiaires dépendent davantage de l’aide des familles, des organisations religieuses et des partenaires humanitaires.

Des capacités très inférieures aux besoins

La prison centrale de Makala illustre la pression exercée sur les infrastructures. Des informations communiquées cette semaine font état de plus de 16 000 détenus pour une capacité théorique de 1 500 places. Les admissions y ont été temporairement suspendues afin de limiter une nouvelle aggravation.

Cette mesure réduit la pression immédiate sur Makala, mais elle transfère le problème vers les commissariats, les cachots et les autres établissements. Elle ne remplace pas l’examen des dossiers ni la construction de capacités supplémentaires.

Le ministère annonce un projet de prison à Mbandaka et une prison école pilote à Bulambemba. Il a aussi demandé la création d’un fonds spécial pour financer la justice et l’administration pénitentiaire.

Les contrôles attendus

La première vérification concerne la ventilation des 52 095 détenus par province, établissement, sexe, âge et statut judiciaire. Ces données permettraient d’identifier les sites les plus urgents et de mesurer l’évolution de la détention préventive.

Un calendrier public des audiences, des transferts et des travaux faciliterait également le suivi. Les mécanismes de libération provisoire, de mise en liberté des personnes détenues au-delà des délais et d’alternatives à l’emprisonnement peuvent réduire la population carcérale sans affaiblir les procédures judiciaires.

Les chiffres présentés au Parlement proviennent du ministère de la Justice. Leur publication régulière, accompagnée d’indicateurs vérifiables, permettra de mesurer si les annonces améliorent effectivement les conditions de détention et le traitement des dossiers.

À lire également

Views: 0

WhatsApp