Le président Félix Tshisekedi a lié tout projet de transfert des eaux du bassin du Congo à une consultation référendaire en République démocratique du Congo. Il a présenté cette position jeudi 22 octobre à Luanda, lors de la quatrième Biennale de Luanda consacrée à la culture de la paix en Afrique.
Selon le compte rendu de son intervention, le chef de l’État a indiqué qu’une décision concernant les ressources hydriques du pays devrait respecter la Constitution, s’appuyer sur des garanties scientifiques et environnementales, puis obtenir l’accord de la population. Cette déclaration intervient alors que plusieurs projets régionaux autour de l’eau alimentent régulièrement des débats politiques en RDC.
Une rencontre centrée sur la gouvernance de l’eau
La quatrième Biennale de Luanda se tient les 22 et 23 octobre sous l’égide de l’Angola, de l’Union africaine et de l’UNESCO. Son thème porte sur l’eau comme facteur de paix, de développement durable et de coopération entre les États africains.
Le programme réunit des chefs d’État, des responsables d’organisations régionales, des experts et des représentants de la jeunesse. Les échanges portent notamment sur la gestion des bassins transfrontaliers, la prévention des conflits et le financement des infrastructures hydriques.
Félix Tshisekedi est arrivé mercredi à Luanda. Le ministère angolais des Relations extérieures a confirmé qu’il avait été accueilli par le ministre Tete António avant l’ouverture des travaux.
Une position à distinguer d’un projet adopté
La déclaration présidentielle ne signifie pas qu’un transfert d’eau a été approuvé ou qu’un référendum est déjà organisé. Aucun calendrier, texte soumis au Parlement ou question référendaire n’a été annoncé dans les éléments officiels consultés.
Elle fixe plutôt les conditions politiques que la Présidence entend opposer à une éventuelle proposition future. Le débat devra donc distinguer une hypothèse de coopération régionale d’une décision juridiquement engagée.
La RDC possède une part importante des ressources en eau douce du continent. Cette richesse alimente des attentes dans l’hydroélectricité, l’agriculture, l’accès à l’eau potable et la navigation. Elle suscite aussi des préoccupations sur la souveraineté, l’équilibre des écosystèmes et la répartition des bénéfices entre les populations riveraines.
Les garanties attendues
Un éventuel projet devrait préciser le volume d’eau concerné, les zones de prélèvement, les effets sur le fleuve et ses affluents, ainsi que les mécanismes de compensation. Il devrait également être examiné à la lumière des besoins encore non satisfaits à l’intérieur du pays.
La référence au référendum place la participation populaire au centre du discours présidentiel. Sa portée concrète dépendra toutefois de la procédure retenue, des études rendues publiques et du contrôle exercé par les institutions compétentes.
La Biennale offre à Kinshasa une tribune pour défendre une coopération africaine sur l’eau sans renoncer à la souveraineté nationale. Les prochaines étapes seront mesurées à la publication de documents précis et à la manière dont le gouvernement associera le Parlement, les provinces et les communautés concernées.
À lire également
- Article connexe
- Kinshasa : Tshisekedi reçoit un message d’Alassane Ouattara sur fond de coopération bilatérale
Views: 0
