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Haut-Katanga : les petites coupures contre la hausse silencieuse des prix

Haut-Katanga : les petites coupures contre la hausse silencieuse des prix
Un billet de 100 francs congolais émis en 2007. Photo d’illustration mise au format 16:9 sans ajout génératif. Crédit : Auteur inconnu/National Museum in Krakow, CC0 1.0, via Wikimedia Commons, mise au format 16:9.

Au Haut-Katanga, la Banque centrale rappelle que les billets de 50, 100 et 200 francs congolais ont toujours cours légal. Leur retour effectif dans les échanges quotidiens pourrait freiner les arrondis qui renchérissent discrètement les petits achats.

Des billets toujours valables

Les petites coupures n’ont pas été retirées de la circulation. Le directeur provincial de la Banque centrale du Congo au Haut-Katanga, Willy Kumbu, l’a rappelé à Lubumbashi le 28 août. Les billets de 50, 100 et 200 francs congolais font partie de l’éventail fiduciaire national et conservent leur pouvoir libératoire.

La précision peut sembler élémentaire. Elle répond pourtant à une habitude bien installée dans de nombreux points de vente, où ces valeurs sont refusées, ignorées ou considérées comme inutiles. La monnaie officielle se retrouve ainsi amputée de ses plus petites unités dans la pratique, alors qu’aucune décision juridique ne les a supprimées.

La direction provinciale de la BCC affirme disposer de stocks suffisants de billets de ces trois valeurs, en bon état. Elle invite les banques, les supermarchés, les grands magasins et la population à s’en procurer à ses guichets. Le problème ne serait donc pas seulement la présence des billets dans les coffres, mais leur remise en circulation jusqu’aux caisses et aux marchés.

L’arrondi qui finit par coûter cher

Quand une coupure de 100 ou 200 francs disparaît de l’échange, le prix affiché perd une partie de son sens. Un article vendu 200 ou 300 francs peut être facturé 500 francs faute de monnaie. La différence paraît faible prise isolément. Répétée sur plusieurs achats quotidiens, elle devient une ponction régulière sur le budget des ménages.

Cette hausse ne passe ni par une nouvelle étiquette ni par une annonce du commerçant. Elle naît au moment du paiement. C’est une inflation silencieuse, particulièrement sensible pour les clients qui achètent à l’unité, prennent un transport sur une courte distance ou complètent leur panier avec de très petites quantités.

Le remplacement de la monnaie par une sucrerie pose le même problème. Le client ne reçoit pas ce qui lui est dû et ne choisit pas forcément le produit donné en échange. La BCC a publiquement déploré cette pratique dans certains supermarchés. Remettre les petites coupures dans les caisses revient donc aussi à restaurer un droit simple, celui de récupérer exactement sa monnaie.

La disponibilité ne garantit pas la circulation

Le rappel de la Banque centrale ne suffira pas si les billets restent concentrés dans ses guichets. Entre leur disponibilité officielle et leur usage dans un quartier, plusieurs acteurs interviennent. Les banques doivent accepter d’en commander et d’en supporter la manutention. Les commerces doivent organiser leurs fonds de caisse. Les transporteurs et vendeurs de rue doivent pouvoir les redonner sans craindre qu’un autre client les refuse.

La confiance joue ici un rôle décisif. Un billet que personne ne veut recevoir devient vite difficile à dépenser, même s’il est parfaitement légal. Chacun le repousse par crainte de rester avec une valeur inutilisable. Inverser cette logique demande une circulation continue, pas une opération ponctuelle.

La BCC pourrait rendre son message plus concret en indiquant aux banques et aux grandes enseignes les modalités d’approvisionnement, puis en vérifiant que les coupures atteignent réellement les caisses. Les commerces, de leur côté, gagneraient à afficher clairement qu’ils les acceptent. Un client hésite moins lorsque la règle est visible et appliquée à tous.

Un petit outil de protection du pouvoir d’achat

Les billets de faible valeur ne régleront évidemment pas le coût de la vie. Ils ne feront pas baisser le prix du maïs, du carburant ou du transport. Ils peuvent toutefois empêcher qu’un prix déjà élevé soit encore majoré par défaut de monnaie. À l’échelle d’un ménage aux revenus serrés, cette précision compte.

Le test sera facile à observer dans les prochaines semaines. Les caissiers rendront-ils 100 ou 200 francs au lieu d’un bonbon? Les commerçants accepteront-ils ces billets sans discussion? Les banques alimenteront-elles leurs clients professionnels? Si la réponse reste négative, il faudra identifier le maillon où les coupures cessent de circuler.

Le débat ouvert au Haut-Katanga dépasse finalement la seule monnaie papier. Il concerne la fidélité entre le prix annoncé et le montant payé. Dans une période où chaque dépense est surveillée, faire respecter les petites unités revient à empêcher que les arrondis deviennent une taxe informelle supportée surtout par ceux qui achètent peu, mais souvent.

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