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Watsa : après l’accident d’un camion minier, l’eau doit être testée avant toute conclusion

Watsa : après l’accident d’un camion minier, l’eau doit être testée avant toute conclusion
La rivière Uele à Dungu, dans le Haut-Uele, en juillet 2008. Photo d’archive illustrant les cours d’eau de la province, sans lien direct avec l’accident sur la route Durba-Faradje. Crédit : Julien Harneis, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.
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Un camion de Kibali Gold Mines s’est renversé mardi 29 septembre dans une rivière située sur la route Durba-Faradje, entre Tanzi et Abinva, dans le territoire de Watsa au Haut-Uele. L’incident inquiète les riverains qui utilisent cette eau. Deux versions s’opposent sur la nature du produit transporté et sur son risque éventuel.

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La société civile locale affirme que le véhicule transportait de l’acide et signale la mort de poissons. L’entreprise minière répond qu’il s’agissait de chaux et soutient que le produit ne présente pas de danger pour la santé publique ou l’écosystème. Ces déclarations doivent être rapportées comme des positions contradictoires, pas comme un résultat scientifique.

La première mesure consiste à protéger les usages

En attendant des analyses, les autorités sanitaires et environnementales doivent identifier les villages qui puisent dans le cours d’eau, informer clairement les habitants et prévoir une solution provisoire si l’usage de l’eau est suspendu. Une consigne de prudence n’est applicable que si les ménages disposent d’une autre source pour boire, cuisiner et se laver.

La présence de poissons morts, si elle est confirmée, constitue un signal qui exige une investigation. Elle ne permet pas à elle seule d’identifier la substance ni d’établir la cause. La mortalité aquatique peut être liée à plusieurs facteurs. Des prélèvements correctement localisés et conservés sont nécessaires pour sortir du conflit de versions.

Les échantillons doivent suivre le trajet du produit

Une enquête crédible devrait prélever l’eau en amont du lieu de l’accident, au point d’entrée présumé du produit et à plusieurs distances en aval. Les sédiments et, si possible, les poissons retrouvés morts doivent aussi être examinés. L’heure du prélèvement, la météo, le débit du cours d’eau et la chaîne de conservation doivent être consignés.

Le laboratoire devra rechercher les substances compatibles avec le chargement déclaré, sans se limiter à une seule hypothèse. L’entreprise doit fournir le manifeste du camion, la fiche de sécurité du produit, la quantité transportée et le rapport de son équipe technique. La société civile doit pouvoir transmettre ses observations et les lieux où les poissons auraient été retrouvés.

La RDC a déjà connu des controverses minières où les résultats d’analyse tardaient à devenir publics. NZADI News a suivi [les prélèvements d’eau et de sols réalisés autour de TFM au Lualaba](https://nzadinews.net/lualaba-eau-et-sols-preleves-autour-de-tfm-les-resultats-restent-attendus/). L’enseignement est simple : prélever ne suffit pas. Il faut publier la méthode, les seuils utilisés, les résultats et les mesures correctives.

Une enquête indépendante protège aussi la crédibilité

Kibali Gold Mines affirme avoir envoyé des équipes techniques sur place. Cette intervention est nécessaire pour sécuriser le véhicule et limiter tout déversement. Elle ne remplace pas une vérification conduite ou supervisée par les services publics compétents, avec un laboratoire identifiable et des résultats accessibles.

Une expertise indépendante ne signifie pas que l’entreprise est déclarée coupable. Elle protège les habitants contre un risque ignoré et protège également l’entreprise contre des accusations non vérifiées. La confiance dépendra moins des communiqués que de données comparables et rendues publiques.

Le territoire de Watsa se trouve au cœur d’une activité minière dont les retombées doivent aussi financer les services locaux. Le bilan national de la redevance minière, analysé par NZADI News, fait état de [projets communautaires consacrés notamment à l’eau, à la santé et aux infrastructures](https://nzadinews.net/redevance-miniere-en-rdc-335-projets-communautaires-realises-sur-521-approuves/). La prévention des accidents et le contrôle environnemental font partie de cette responsabilité territoriale.

Pour les riverains, la priorité est immédiate : savoir si l’eau peut être utilisée sans danger. Pour les autorités, l’obligation est méthodique : sécuriser le site, prélever, analyser, communiquer et suivre les effets éventuels. Tant que ces étapes ne sont pas terminées, ni l’accusation d’un déversement acide ni l’assurance d’une absence totale de risque ne doit être présentée comme un fait établi.

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