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Kinshasa : les coupures d’électricité rendent le recouvrement de la SNEL plus sensible

Kinshasa : les coupures d’électricité rendent le recouvrement de la SNEL plus sensible
Un véhicule d’une entreprise d’électricité photographié à Kinshasa en mars 2020. Photo d’archive illustrant les interventions électriques, sans lien avec les équipes de la SNEL ni avec les coupures signalées en octobre 2026. Crédit : Rahul Tilak, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
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Les plaintes sur les coupures d’électricité se multiplient dans plusieurs communes de Kinshasa au moment où la SNEL lance une opération de recouvrement forcé des factures impayées. Le rapprochement de ces deux informations place la qualité du service, la facturation et le traitement des réclamations au centre du débat.

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Selon des témoignages recueillis par Radio Okapi, des habitants de Bandalungwa, Limete, Lemba, Salongo, Kintambo et de certains quartiers de la Gombe disent subir des interruptions prolongées. Les durées évoquées varient fortement, de plusieurs semaines à plusieurs mois. Ces témoignages montrent l’ampleur du mécontentement, mais ils ne remplacent pas un état technique quartier par quartier.

Une panne longue exige un calendrier public

Lorsqu’une cabine, un câble ou un transformateur tombe en panne, les abonnés ont besoin de trois informations simples : la zone concernée, la cause identifiée et la date estimée du rétablissement. Sans calendrier, chaque retour temporaire du courant peut être pris pour une réparation définitive, avant une nouvelle coupure.

Des habitants de Kintambo affirment que le courant revient parfois tard dans la nuit avant d’être interrompu au petit matin. Une desserte de quelques heures peut permettre de recharger des appareils, mais elle reste insuffisante pour conserver des aliments, faire fonctionner un commerce ou organiser normalement les activités d’un ménage.

NZADI News avait déjà documenté [les pertes et les dépenses supplémentaires subies par des commerces de Kinsuka-Pêcheur](https://nzadinews.net/kinsuka-pecheur-les-commerces-fragilises-par-les-coupures-delectricite/). Un réfrigérateur arrêté, un téléphone rechargé ailleurs ou un groupe électrogène alimenté en carburant transforme une panne en coût direct pour l’abonné.

Le recouvrement doit distinguer dette et contestation

La SNEL a annoncé le début, ce 1er octobre, d’un recouvrement intensif des factures impayées. L’entreprise demande aux clients de payer à ses guichets contre un acquit informatisé et de conserver les preuves de règlement. Elle prévient qu’une dette non régularisée peut conduire à une coupure et que le rétablissement dépendra du paiement des montants dus et des frais associés.

Le recouvrement est un droit pour un fournisseur qui a livré un service facturé. Il doit toutefois être accompagné d’une procédure visible pour les abonnés qui contestent une facture pendant une longue interruption. Il faut pouvoir enregistrer la plainte, vérifier le compteur, consulter l’historique de consommation et obtenir une réponse motivée avant qu’un désaccord ne se transforme automatiquement en sanction.

La question se pose aussi pour les clients prépayés. À Nsele, des ménages avaient déjà demandé [un contrôle de leurs compteurs et une meilleure explication de la consommation des unités](https://nzadinews.net/a-nsele-des-menages-demandent-un-controle-de-leurs-compteurs-prepayes/). Une coupure prolongée peut concerner aussi bien un client à facturation mensuelle qu’un client ayant déjà acheté son crédit.

La SNEL doit publier des données de service

Au moment du reportage de Radio Okapi, la direction générale de la SNEL n’avait pas encore répondu aux questions portant sur les coupures et la facturation. Une réponse utile devrait aller au-delà d’un communiqué général. Elle devrait préciser les incidents en cours, les équipes mobilisées, les pièces attendues et les délais par zone.

La publication régulière d’indicateurs renforcerait la confiance : nombre de cabines en panne, délai moyen de réparation, quartiers alimentés par rotation, réclamations reçues et dossiers résolus. Ces données permettraient également de distinguer une panne locale d’un déficit plus large de production ou de distribution.

À Kinshasa, le débat ne se limite donc pas au paiement ou au refus de payer. Il concerne l’équilibre entre l’obligation de l’abonné et celle du fournisseur. La SNEL a besoin de recettes pour entretenir le réseau. Les clients ont besoin d’un courant plus prévisible, d’une facture explicable et d’un recours qui fonctionne. Le recouvrement sera d’autant plus crédible que ces trois garanties avanceront en même temps.

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