La riposte contre Ebola en Ituri se heurte à une difficulté qui dépasse la disponibilité des médicaments et des équipes : la méfiance d’une partie de la population. Les résistances communautaires ralentissent l’identification des contacts, compliquent les enterrements sécurisés et peuvent exposer les agents sanitaires à des incidents.
À Mambasa et dans d’autres zones touchées, les autorités sanitaires, les leaders locaux et les partenaires insistent sur la lutte contre la désinformation. Les rumeurs se diffusent rapidement dans un contexte déjà marqué par l’insécurité. Lorsqu’elles ne sont pas traitées à temps, elles peuvent conduire des familles à cacher des malades ou à refuser les mesures de prévention.
La réponse doit donc placer les communautés au centre. Les chefs coutumiers, responsables religieux, associations de femmes, jeunes et radios locales peuvent expliquer les symptômes, les modes de transmission et les procédures de prise en charge dans les langues comprises par la population. Les messages doivent aussi répondre aux préoccupations concrètes, notamment le respect des familles et la transparence sur le suivi des patients.
Le renforcement de la sécurité autour des équipes peut être nécessaire, mais il ne remplacera jamais la confiance. Une riposte durable associe protection, écoute et information vérifiable. Plus les communautés participent aux décisions, plus elles deviennent actrices de la lutte contre l’épidémie.

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