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Basoko : l’alerte sur l’Aruwimi réclame des analyses publiques de l’eau

Basoko : l’alerte sur l’Aruwimi réclame des analyses publiques de l’eau
Photo d’archive de la rivière Aruwimi réalisée entre 1941 et 1942. Annemarie Schwarzenbach, Bibliothèque nationale suisse, domaine public.
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À Basoko, l’alerte lancée sur l’état de la rivière Aruwimi ne devrait pas rester un conflit de déclarations entre exploitants miniers, autorités et communautés riveraines. Elle appelle une réponse vérifiable : des prélèvements indépendants, des résultats publics et un calendrier précis de contrôle des dragues utilisées pour l’extraction de l’or.

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La société civile locale affirme que certaines opérations aurifères menées dans le lit de la rivière modifient la couleur de l’eau, réduisent les prises de poisson et fragilisent les moyens de subsistance. Radio Okapi rapporte ces accusations, formulées par Emmanuel Madipa, l’un des animateurs de la société civile de Basoko. Les entreprises concernées et l’administration territoriale n’avaient pas encore présenté leur version dans le compte rendu consulté.

Sortir du débat sans mesure

Une eau trouble ne suffit pas, à elle seule, à identifier un polluant ou à attribuer une responsabilité. Elle constitue cependant un signal qui doit déclencher des analyses. Les paramètres à vérifier sont connus : turbidité, matières en suspension, métaux lourds, hydrocarbures et évolution de la faune aquatique.

Ces tests devraient être réalisés en amont et en aval des zones d’exploitation, avec des points de prélèvement géolocalisés. Leur publication permettrait de comparer les résultats dans le temps et d’éviter que l’enquête ne se réduise à une visite administrative sans suite.

La Constitution congolaise reconnaît le droit à un environnement sain et prévoit la responsabilité en cas de pollution causée par une activité économique. L’enjeu à Basoko n’est donc pas seulement écologique. Il concerne aussi la santé, l’alimentation et le revenu des ménages qui dépendent de l’Aruwimi pour l’eau et la pêche.

Contrôler les équipements et les autorisations

La présence de dragues et d’engins mécanisés pose une deuxième question : qui les a autorisés, pour quelle durée et sous quelles obligations environnementales ? Un registre public des opérateurs, des titres détenus et des inspections déjà réalisées aiderait les habitants à comprendre qui répond de chaque site.

Ce registre devrait être accompagné d’un contrôle physique. Les services des Mines et de l’Environnement doivent pouvoir vérifier les limites des zones d’activité, les techniques employées, la gestion des carburants et la remise en état des berges. Lorsque les règles ne sont pas respectées, les mesures correctives et les sanctions doivent être annoncées clairement.

Les communautés riveraines devraient également participer au suivi. Des comités locaux peuvent signaler rapidement une mortalité inhabituelle de poissons, un changement durable de l’eau ou un incident impliquant une drague. Ces alertes ne remplacent pas le laboratoire, mais elles permettent de choisir plus vite les lieux où prélever.

Publier un état initial de l’Aruwimi

La meilleure façon de protéger la rivière est d’établir un état de référence. Sans données initiales, chaque nouvel incident relancera la même contestation sur l’origine de la pollution. Avec des mesures périodiques, il devient possible d’identifier une dégradation, de la dater et de rechercher la source probable.

À Basoko, la réponse attendue n’est pas une promesse générale de surveillance. Il faut une campagne d’analyses annoncée publiquement, conduite avec un laboratoire identifiable et suivie d’une restitution accessible aux habitants. Tant que les résultats resteront inconnus, la défiance progressera au même rythme que les inquiétudes sur l’eau et le poisson.

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