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Upemba : l’alerte minière exige une cartographie publique des concessions

Upemba : l’alerte minière exige une cartographie publique des concessions
Panneau du parc national de l’Upemba en décembre 2015. Photo d’archive, elle ne montre pas les activités minières signalées en 2026. Crédit : Chris Power Ilunga Mpako, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0. Photo recadrée.
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Vingt-quatre organisations de la société civile et associations environnementales demandent une enquête sur les activités minières qu’elles disent avoir observées dans le parc national de l’Upemba et dans certaines zones périphériques. Leur alerte, adressée au président de la République et relayée vendredi matin par Radio Okapi, concerne un espace protégé situé entre le Haut-Katanga, le Haut-Lomami et le Lualaba.

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Les organisations citent le secteur de Bena Mulumbu, présenté comme une zone intégrale du parc. Elles y signalent la présence d’engins lourds, d’infrastructures minières, de travailleurs et d’opérations de prospection. Elles évoquent aussi une activité extractive dans le secteur de Kipafu, au sein du domaine de chasse de Lubudi-Sampwe, notamment autour de Kyubo.

Ces éléments constituent des allégations documentées par une coalition, pas encore les conclusions d’une enquête publique contradictoire. La première urgence consiste donc à établir une carte vérifiable des titres, des coordonnées, des installations et des travaux réellement présents.

Une carte pour sortir du débat général

Une mission crédible ne devrait pas se limiter à une visite guidée. Elle doit comparer les limites officielles du parc, les éventuelles concessions, les permis de recherche, les coordonnées des engins et les images satellitaires disponibles. Cette méthode permettrait de distinguer une activité située hors du périmètre protégé d’une intrusion effective dans une zone interdite.

La publication d’une carte simplifiée serait également utile aux communautés. Une frontière qui n’existe que dans les dossiers administratifs reste difficile à défendre sur le terrain. Les habitants, les agents du parc, les autorités territoriales et les entreprises doivent pouvoir identifier les mêmes limites.

La coalition s’inquiète pour les zèbres, les éléphants de savane, les buffles, plusieurs espèces de grues et la faune aquatique. La pression minière ne se mesure pas uniquement à l’endroit où une excavation apparaît. Les pistes, le bruit, les rejets, les camps de travailleurs et les mouvements de véhicules peuvent fragmenter les habitats et modifier l’accès à l’eau.

Le plan de gestion doit produire des preuves

Le chargé de communication du parc affirme que des mécanismes de protection existent déjà, notamment un plan d’aménagement et de gestion élaboré avec les autorités compétentes. Ce document peut devenir un outil de réponse, à condition que ses zones, ses interdictions, ses responsabilités et ses indicateurs soient accessibles.

Un plan ne protège pas un parc par sa seule existence. Il faut savoir combien de patrouilles couvrent les secteurs signalés, quels incidents ont été enregistrés, quelles installations ont été contrôlées et quelles mesures ont suivi. Un tableau périodique, même simple, réduirait la place laissée aux versions contradictoires.

Le dossier rappelle celui de Watsa, où un camion minier renversé près d’un cours d’eau a créé [un besoin de prélèvements indépendants avant toute conclusion](https://nzadinews.net/watsa-apres-laccident-dun-camion-minier-leau-doit-etre-testee-avant-toute-conclusion/). Dans les deux cas, la confiance dépend moins des communiqués que de données contrôlables et d’une restitution publique.

Protéger sans ignorer les réalités locales

La conservation ne peut pas être organisée contre les communautés riveraines. Une enquête doit aussi établir qui travaille sur les sites signalés, pour le compte de qui et dans quelles conditions. Des creuseurs artisanaux peuvent dépendre de cette activité pour vivre, tandis que des opérateurs mieux équipés disposent de moyens très différents.

La réponse doit donc combiner contrôle légal, protection des agents du parc, solutions économiques locales et responsabilité des entreprises. Fermer un site sans suivre les circuits d’achat du minerai risque de déplacer l’activité de quelques kilomètres sans réduire la pression.

NZADI News a déjà montré, à propos du parc marin des Mangroves, pourquoi [un audit doit distinguer les droits communautaires, les titres et les occupations contestées](https://nzadinews.net/muanda-laudit-foncier-des-mangroves-doit-distinguer-droits-villageois-et-occupations/). La même exigence de précision s’impose à l’Upemba.

L’alerte des vingt-quatre organisations appelle une réponse rapide, mais surtout vérifiable. La décision la plus utile serait une mission indépendante dotée de coordonnées précises, d’un calendrier public et d’une obligation de publier ses conclusions. Sans cela, les accusations et les démentis continueront de circuler pendant que l’état réel du parc restera difficile à mesurer.

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