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Route Kalemie-Manono : l’écart entre les trois lots impose un suivi public du chantier

Route Kalemie-Manono : l’écart entre les trois lots impose un suivi public du chantier
Route nationale dans la province du Tanganyika. Photo d’archive prise sur l’axe Lulimba-Bendera, sans lien direct avec le chantier Kalemie-Manono. Crédit : MONUSCO Photos, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.
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La modernisation de la route Kalemie-Manono couvre 427,323 kilomètres et représente l'un des principaux chantiers de désenclavement du Tanganyika. Les données rendues publiques cette semaine montrent cependant des écarts importants entre les trois lots. Cette différence doit être suivie avant qu'elle ne se transforme en retard durable sur une partie de l'axe.

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Le premier lot, long de 107,5 kilomètres et exécuté par CREC7, affiche un avancement global de 76,88 pour cent. Les travaux de chaussée, de plateforme et de fondation atteignent 88,51 pour cent, tandis que le pont sur la Luvua est annoncé à 96,86 pour cent.

Le deuxième lot, compris entre les points kilométriques 107,5 et 255,55, est confié à Qiaoyang. Son avancement global atteint 75 pour cent. Les ponts et les ouvrages hydrauliques sont annoncés achevés, mais la chaussée reste à 65,33 pour cent.

Le troisième lot, également exécuté par Qiaoyang jusqu'au point kilométrique 427,323, reste à 45 pour cent d'avancement global. Les travaux de base sont à 39 pour cent, la chaussée à 40 pour cent et les ouvrages hydrauliques à 90 pour cent. Les dispositifs de sécurité ne sont pas encore réalisés, tandis que les équipements de péage et d'accompagnement restent peu avancés.

Un même axe ne peut pas fonctionner par morceaux

Ces pourcentages montrent qu'une route peut être presque terminée sur un tronçon et rester difficilement praticable sur un autre. Or l'intérêt économique de Kalemie-Manono dépend de la continuité. Un goulot d'étranglement suffit à ralentir les voyageurs, augmenter le coût du transport et réduire l'effet des travaux déjà achevés.

Le chantier doit donc être évalué comme un corridor complet. Cette logique rejoint celle du [corridor de Lobito, dont le raccordement congolais doit encore être accéléré](https://nzadinews.net/corridor-de-lobito-lappui-de-la-bad-a-la-zambie-pousse-la-rdc-a-accelerer-son-raccordement/). Une infrastructure produit sa valeur quand les différents segments, les frontières et les plateformes logistiques fonctionnent ensemble.

Le gouvernement et le maître d'ouvrage gagneraient à publier chaque mois un tableau par lot. Il devrait présenter les travaux réalisés, les paiements effectués, les obstacles rencontrés, les délais révisés et les mesures correctives. Les pourcentages globaux sont utiles, mais ils ne montrent pas toujours si les ponts, la signalisation, les accotements et les équipements de sécurité seront livrés au même moment.

Préparer l'entretien avant la livraison

Le désenclavement ne s'arrête pas à la pose de la chaussée. Les pluies, les charges lourdes et le trafic minier peuvent dégrader rapidement une route sans contrôle des tonnages, drainage fonctionnel et budget d'entretien. Les postes de péage annoncés doivent donc s'inscrire dans un mécanisme transparent dont les recettes et l'utilisation seront vérifiables.

L'axe est aussi lié aux perspectives minières de Manono. NZADI News a souligné que [les exportations de lithium ouvrent un nouveau corridor vers Kalemie](https://nzadinews.net/rdc-les-exportations-de-lithium-ouvrent-un-nouveau-corridor-minier-a-kalemie/). Cette dynamique peut augmenter le trafic lourd. Elle renforce l'urgence de normes claires pour éviter que l'infrastructure publique ne se dégrade sous l'effet d'une activité privée croissante.

Les communautés riveraines doivent être informées des passages prévus, des zones de chantier et des mesures de sécurité. Les emplois locaux, les indemnisations éventuelles et l'accès aux marchés devraient aussi être documentés. Une route de désenclavement doit bénéficier aux habitants qui vivent le long de l'axe, pas seulement aux véhicules qui le traversent.

Rattraper le troisième lot sans sacrifier la qualité

L'écart du troisième lot appelle un plan de rattrapage, mais la vitesse ne doit pas remplacer le contrôle technique. Les autorités doivent expliquer les causes du retard relatif et préciser les moyens supplémentaires mobilisés. Chaque accélération devrait être accompagnée d'essais de qualité et d'un calendrier réaliste.

La route Kalemie-Manono peut modifier durablement les échanges au Tanganyika. Pour atteindre cet objectif, les trois lots doivent converger vers une livraison complète, sûre et entretenue. Un suivi public régulier permettrait de protéger l'investissement, de prévenir les retards et de donner aux habitants une information plus utile qu'un simple pourcentage national.

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