La reprise des travaux des ponts Mikamba, Kakenge et Sange remet au centre une infrastructure essentielle de la plaine de la Ruzizi. L'Office des Routes annonce disposer des moyens nécessaires et avance un délai de 45 jours. Cette promesse doit maintenant être transformée en calendrier public, ouvrage par ouvrage.
Le 8 octobre, le vice-gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Elakano, s'est rendu à Sange avec des responsables de l'Office des Routes, du Fonds national d'entretien routier et de la division provinciale des infrastructures. Selon le gouvernement provincial, les travaux lancés en 2024 avaient été suspendus à cause du conflit. Leur reprise répond à une attente directe des habitants, transporteurs et commerçants.
Trois ouvrages, trois états d'avancement
Un délai unique peut masquer des situations différentes. Chaque pont a son propre niveau d'exécution, ses besoins en matériaux et ses contraintes hydrologiques. La province et l'Office des Routes devraient publier pour Mikamba, Kakenge et Sange une fiche séparée avec les travaux restants, le responsable technique, le coût, les étapes hebdomadaires et la date d'ouverture prévue.
Ce suivi permettrait de détecter rapidement un blocage. Il éviterait aussi qu'un ouvrage presque terminé serve à présenter l'ensemble du programme comme achevé alors qu'un autre pont reste impraticable. Les habitants doivent pouvoir comparer les annonces aux progrès visibles sur le terrain.
La surveillance ne concerne pas seulement le béton et les charpentes. Elle doit inclure les remblais d'accès, le drainage, les garde-corps, la signalisation et la stabilité des berges. Un pont livré sans accès durable ou sans protection contre les eaux peut redevenir un point de danger après quelques pluies.
NZADI News a déjà souligné que les travaux routiers de Beni seront jugés sur le drainage et le respect des délais. La même exigence vaut dans la plaine de la Ruzizi, où l'eau et l'érosion peuvent rapidement fragiliser une infrastructure mal protégée.
Rendre le financement vérifiable
Le directeur technique de l'Office des Routes a affirmé que les moyens sont disponibles. Cette déclaration doit être suivie d'informations plus précises. Le public devrait connaître le montant mobilisé, la part financée par le FONER, les entreprises engagées et le mécanisme de contrôle des dépenses.
Le vice-gouverneur a demandé un suivi destiné à empêcher les détournements et à faire respecter l'échéance. Pour que cette instruction soit efficace, les rapports ne doivent pas rester dans les bureaux. Une publication hebdomadaire, même courte, peut indiquer les travaux réalisés, les matériaux reçus, les difficultés rencontrées et les correctifs décidés.
L'expérience d'autres provinces montre que la livraison d'un pont ne termine pas le travail. Sur la RN1, le pont Kaluebo a amélioré la traversée entre le Kasaï et le Kasaï-Central, mais sa durabilité dépend toujours du contrôle des charges et de l'entretien. Les ouvrages de la Ruzizi auront besoin de la même discipline après leur ouverture.
Sécuriser la circulation pendant le chantier
Le délai de 45 jours crée une pression sur les équipes. Il ne doit pas conduire à négliger la sécurité des usagers. Des déviations balisées, des limitations de charge et une information régulière des conducteurs sont nécessaires pendant les travaux. Les écoles, marchés et centres de santé desservis par ces axes doivent aussi être pris en compte dans le plan de circulation.
Le gouvernement provincial dispose d'une occasion de restaurer la confiance par une méthode simple : annoncer, montrer, mesurer et rendre compte. Si les trois ponts avancent selon des étapes publiques, le délai de 45 jours deviendra un engagement vérifiable. Sans données régulières, il restera une promesse difficile à contrôler.
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