Cinq maternités du Kongo Central doivent être rénovées dans le cadre d'un programme lié à la gratuité des soins maternels et néonatals. Le projet associe le Conseil national de la couverture santé universelle, la Fondation Vodacom et le Fonds des Nations unies pour la population. Pour les familles, son efficacité se mesurera moins à la remise en peinture des bâtiments qu'à la présence continue de sages-femmes, de médicaments, d'eau, d'électricité et de moyens d'évacuation.
Le lancement des travaux a eu lieu le 26 septembre 2026 à Matadi, sous la présidence du ministre provincial de la Santé, Jean Kimboko Ndombasi, représentant le gouverneur. Les partenaires ont annoncé des interventions sur les infrastructures, les équipements, la formation des prestataires, les soins obstétricaux et néonatals ainsi que des solutions numériques de suivi des femmes enceintes.
Les informations publiques disponibles ne donnent toutefois ni la liste complète des cinq maternités, ni le budget détaillé, ni le calendrier de livraison. Ces éléments doivent être publiés rapidement. Sans eux, les communautés ne pourront pas suivre l'avancement des travaux ni savoir quelle structure doit recevoir quel équipement.
Une maternité fonctionne comme une chaîne
Rénover une salle d'accouchement ne suffit pas si le laboratoire est indisponible, si le bloc opératoire ne peut pas prendre en charge une césarienne ou si l'ambulance manque de carburant. La qualité dépend de la continuité entre la consultation prénatale, l'accouchement, les urgences, la surveillance après la naissance et l'orientation vers un niveau supérieur.
Chaque maternité devrait disposer d'un diagnostic initial publié. Il doit préciser l'état du bâtiment, la capacité en lits, le nombre de sages-femmes, les équipements fonctionnels, l'accès à l'eau et à l'électricité, ainsi que le temps nécessaire pour transférer une patiente en urgence. Le bilan de fin de chantier pourra alors être comparé à une situation de départ connue.
La gratuité doit être visible pour les familles
Un programme présenté au nom de la gratuité doit expliquer clairement quels actes, médicaments et examens sont couverts. Les tarifs qui restent à la charge de la patiente doivent être affichés. Cette transparence protège les familles contre les paiements informels et permet aux gestionnaires de repérer les ruptures de financement.
Le personnel a également besoin d'une procédure simple pour signaler les stocks insuffisants. Les kits d'accouchement, antibiotiques, produits sanguins, consommables et équipements de réanimation néonatale doivent être suivis. Une maternité rénovée qui manque de matériel essentiel peut rapidement perdre la confiance des femmes enceintes.
Mesurer les résultats sans exposer les patientes
Le programme prévoit des solutions numériques pour le suivi des femmes. Ces outils peuvent rappeler les rendez-vous prénatals, faciliter l'orientation et consolider les statistiques. Ils doivent cependant protéger la confidentialité des patientes et limiter l'accès aux données sensibles.
Des indicateurs anonymisés peuvent être publiés chaque trimestre : nombre de consultations prénatales, accouchements assistés, césariennes réalisées, références vers un hôpital, décès maternels et néonatals examinés, ruptures de stock et plaintes traitées. Ces données ne servent pas à classer les maternités, mais à identifier les problèmes et à corriger les écarts.
Former et maintenir les équipements
La Fondation Vodacom et l'UNFPA ont annoncé un appui à la formation des sages-femmes et aux équipements. Le plan doit inclure la maintenance, les pièces de rechange et la désignation de techniciens responsables. Beaucoup d'appareils médicaux cessent de fonctionner faute d'entretien, même lorsqu'ils ont été fournis récemment.
Le programme évoque aussi la prise en charge des femmes souffrant de fistules obstétricales. Cette composante exige une orientation spécialisée, une chirurgie disponible et un accompagnement social. Elle ne peut pas être réduite à une campagne ponctuelle.
Pour le Kongo Central, la rénovation des cinq maternités offre une occasion de relier l'infrastructure à la qualité réelle des soins. La prochaine étape consiste à rendre publics les établissements concernés, le budget, le calendrier et les indicateurs. C'est ainsi que les familles pourront vérifier si la promesse de gratuité se traduit par des accouchements plus sûrs et une prise en charge digne.
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