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Fizi : trois décès liés au choléra en une semaine, l’accès à l’eau redevient prioritaire

Fizi : trois décès liés au choléra en une semaine, l’accès à l’eau redevient prioritaire
Pompe à eau communautaire à Lulimba, dans le territoire de Fizi, en juin 2007. Photo d’archive liée à l’accès local à l’eau, elle ne montre pas les malades signalés en septembre 2026. Crédit : Julien Harneis, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.
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Trois décès attribués au choléra ont été signalés en une semaine dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu. Le bilan communiqué mercredi par l’administrateur du territoire, Samy Kalondji, remet au premier plan une difficulté ancienne : lorsque l’eau potable manque et que l’assainissement reste fragile, une flambée peut se propager bien avant que toutes les personnes malades n’atteignent un centre de soins.

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Les décès constituent l’élément le plus grave de l’alerte, mais ils ne suffisent pas à décrire l’étendue réelle de la transmission. Il faut encore connaître le nombre de cas suspects, les zones de santé touchées, le délai entre les premiers symptômes et la consultation, ainsi que la capacité des structures locales à réhydrater rapidement les patients. Ces données permettront d’orienter les équipes et les intrants vers les localités où le risque est le plus élevé.

L’eau sûre reste la première barrière

Le choléra se transmet principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés. À Fizi, les ménages qui dépendent d’une source non protégée, d’un puits mal entretenu ou d’un point d’eau éloigné sont particulièrement exposés. La réponse doit donc combiner la prise en charge médicale avec la chloration, le contrôle des points d’approvisionnement et la diffusion de consignes simples dans les langues comprises par la population.

Faire bouillir ou traiter l’eau, se laver les mains avec du savon, protéger les aliments et utiliser des latrines sont des gestes utiles. Ils restent toutefois difficiles à appliquer sans accès régulier à l’eau, au savon et aux produits de traitement. Les autorités sanitaires doivent éviter de faire porter toute la responsabilité sur les familles lorsque les services de base sont insuffisants.

La photographie associée à cet article montre une pompe communautaire installée à Lulimba, dans le territoire de Fizi. Elle date de 2007 et ne représente pas l’épisode actuel. Elle illustre néanmoins un enjeu concret : la qualité d’un point d’eau dépend autant de son existence que de son entretien, de la propreté de son environnement et de l’adaptation de ses équipements aux récipients utilisés par les habitants.

Traiter vite pour prévenir les décès

Une diarrhée aqueuse abondante peut provoquer une déshydratation sévère en quelques heures. Toute personne présentant ces signes doit être orientée rapidement vers une structure de santé ou un centre de traitement. La solution de réhydratation orale peut sauver des vies lorsque la prise en charge commence tôt, tandis que les formes graves exigent des soins adaptés et une surveillance médicale.

Les équipes locales ont aussi besoin d’un circuit fiable pour signaler les cas, transporter les échantillons et suivre les contacts proches. Dans un territoire où les distances sont longues et les routes difficiles, un retard logistique peut devenir un retard de soins. Les relais communautaires, les centres de santé et les autorités administratives doivent partager les mêmes informations sans minimiser le risque ni alimenter la panique.

La situation sanitaire se déroule dans une région déjà éprouvée par l’insécurité et les déplacements. NZADI News a récemment suivi les conséquences civiles des tensions dans le Sud-Kivu, notamment dans l’article sur [la reprise revendiquée de plusieurs localités par l’armée](https://nzadinews.net/sud-kivu-larmee-revendique-la-reprise-de-trois-localites-la-verification-reste-difficile/). Les mouvements de population peuvent accroître la pression sur l’eau, les latrines et les centres de soins.

Des indicateurs à publier chaque jour

Pour mesurer l’efficacité de la riposte, les autorités devraient publier régulièrement le nombre de nouveaux cas, les guérisons, les décès, les zones touchées et les stocks disponibles. La population doit aussi savoir quels centres accueillent les malades et quels numéros appeler. Une communication précise réduit les rumeurs et permet aux familles de consulter plus tôt.

À Fizi, l’urgence immédiate est de prévenir un nouveau décès. La réponse durable consiste à sécuriser les points d’eau, organiser l’évacuation des déchets, maintenir les latrines et assurer l’approvisionnement des structures de santé. Le territoire a déjà connu des tensions autour de la circulation et des services publics, comme l’a montré la récente [libération de six acteurs de la société civile de Baraka](https://nzadinews.net/fizi-six-acteurs-de-la-societe-civile-liberes-apres-quatorze-jours-de-detention/). Face au choléra, la coopération entre autorités, soignants et communautés devient une condition de protection collective.

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