La suspension des activités académiques dans plusieurs établissements publics situés dans les zones contrôlées par l’AFC-M23 montre à quel point la crise sécuritaire pèse désormais sur les institutions civiles. La mesure concerne notamment des universités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu pour l’année académique 2026-2027.
Derrière la fermeture des campus se trouve l’avenir de milliers d’étudiants, d’enseignants et d’agents administratifs. Les déplacements forcés, l’insécurité sur les routes et la fragmentation de l’autorité publique compliquent l’organisation des cours, la reconnaissance des évaluations et le fonctionnement quotidien des services universitaires.
La situation militaire reste instable. Des combats ont été signalés dans plusieurs secteurs du Sud-Kivu, tandis que les deux camps s’accusent d’utiliser des drones, de l’artillerie et des mortiers. Ces affirmations demandent une vérification indépendante, mais elles témoignent d’une montée en puissance des moyens engagés et d’un risque accru pour les zones habitées.
Une interruption prolongée de l’enseignement supérieur favoriserait le décrochage, la fuite des compétences et le départ de futurs médecins, ingénieurs, enseignants et administrateurs. Une réponse nationale est nécessaire pour accueillir temporairement les étudiants, préserver leurs dossiers académiques et proposer un enseignement à distance lorsque les communications le permettent.
Toutes les parties ont l’obligation de protéger les civils et les infrastructures éducatives. Les campus ne doivent pas servir de positions militaires ni être exposés à des opérations mettant les étudiants en danger. La continuité éducative doit faire partie de la réponse humanitaire et sécuritaire.
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