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RDC : à quatre jours du 15 août, le dialogue national devient le test central de l’apaisement politique

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L’annonce d’un dialogue national par Félix Tshisekedi entre dans une phase décisive. L’opposition maintient son ultimatum du 15 août, tandis qu’une soixantaine d’organisations de la société civile demandent au chef de l’État de privilégier la décrispation politique et de renoncer au processus référendaire.

RDC : à quatre jours du 15 août, le dialogue national devient le test central de l’apaisement politique
U.S. Department of State from United States — Public domain — Wikimedia Commons
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Chapô. Dans la nuit du 10 au 11 août 2026, l’actualité politique congolaise reste dominée par l’avenir du dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi. À quatre jours de l’échéance fixée par la Coalition Article 64, l’initiative censée rapprocher pouvoir, opposition, société civile et confessions religieuses se trouve prise entre attentes de décrispation, crise sécuritaire persistante dans l’Est et débat très sensible sur le référendum.

Une annonce présidentielle devenue point de bascule

Le 17 juillet 2026, la Présidence de la République a annoncé que Félix Tshisekedi avait reçu, à la Cité de l’Union africaine, des représentants des principales confessions religieuses. À l’issue de cette audience, le cardinal Fridolin Ambongo a indiqué que le chef de l’État avait opté pour l’organisation d’un dialogue national inclusif, présenté comme une voie pour renforcer la paix, la cohésion nationale et la stabilité des institutions.

Cette annonce a été accueillie favorablement à l’extérieur. Le 27 juillet, la diplomatie française a salué l’initiative, en insistant sur le respect de la souveraineté congolaise, des institutions et de la Constitution. Paris l’a aussi replacée dans un ensemble plus large d’efforts diplomatiques autour de la crise des Grands Lacs, notamment les médiations conduites sous l’égide des États-Unis, du Qatar et de l’Union africaine.

Mais, à Kinshasa, l’annonce n’a pas suffi à dissiper les soupçons. Les acteurs religieux poursuivent leurs consultations, tandis que les opposants exigent des garanties sur le format, l’ordre du jour, le degré d’inclusion et les mesures de confiance préalables.

La C64 maintient la pression sur le 15 août

La Coalition Article 64, qui regroupe notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, a fait du 15 août 2026 une date charnière. Dans un communiqué du 20 juillet, elle avait reporté sa marche prévue le 22 juillet, à la demande de la CENCO et de l’ECC, tout en affirmant qu’elle ne renonçait pas à ses revendications.

Selon les éléments rapportés par Actualité.cd et Radio Okapi, la C64 demande une convocation officielle du dialogue national, des mesures de décrispation et l’arrêt de tout processus susceptible d’être interprété comme une remise en cause de l’ordre constitutionnel. Elle lie aussi la crise actuelle à plusieurs dimensions : la guerre dans l’Est, la gouvernance, les difficultés sociales et économiques, ainsi que la confiance dans les institutions.

Le 9 août, la plateforme a durci le ton en condamnant des attaques visant, selon elle, des membres de l’opposition lors d’une réunion politique au Camp Luka le 6 août, ainsi que le siège de l’ECiDé le 7 août à Kinshasa. Radio Okapi rapporte que la C64 a maintenu son échéance du 15 août et indiqué qu’elle reprogrammerait sa marche en l’absence de réponses concrètes.

La société civile ramène le référendum au cœur du débat

Le 10 août, une soixantaine d’organisations de la société civile ont à leur tour interpellé Félix Tshisekedi. Radio Okapi évoque 65 organisations, tandis qu’Actualité.cd en compte 64 ; les deux médias concordent toutefois sur l’essentiel : ces structures demandent au président de ne pas promulguer la loi fixant les conditions d’organisation du référendum et de privilégier les urgences nationales.

Parmi les signataires cités figurent notamment la LUCHA-RDC, Filimbi, la Dynamique « Non au changement de la Constitution », Civil Bridge et Génération Z RDC. Leur argument principal est politique autant que contextuel : dans un pays confronté à l’insécurité dans l’Est, à une crise humanitaire de grande ampleur et à des difficultés socio-économiques, un débat référendaire pourrait accroître la polarisation au lieu de favoriser l’apaisement.

Le camp présidentiel défend une lecture différente. Selon Radio Okapi, l’UDPS considère qu’un cadre légal relatif au référendum permettrait de combler un vide juridique et de clarifier les mécanismes d’expression de la souveraineté populaire. Cette divergence explique pourquoi le dialogue national, avant même son ouverture formelle, est déjà traversé par la question constitutionnelle.

Entre paix, légitimité et confiance politique

Le défi du futur dialogue est donc double. Il doit, d’une part, contribuer à consolider un front intérieur face à la guerre dans l’Est et aux tensions régionales. Il doit, d’autre part, répondre à une crise de confiance entre pouvoir, opposition et société civile. Les consultations menées par les confessions religieuses laissent entendre qu’une partie des acteurs souhaite que l’ordre du jour ne soit pas verrouillé d’avance.

Cette exigence d’ouverture se heurte cependant aux lignes rouges du pouvoir, qui met en avant la souveraineté nationale et la nécessité de condamner clairement l’agression rwandaise. La question de la participation de certains acteurs, y compris ceux liés aux conflits armés, demeure l’un des points les plus sensibles.

Conclusion

À ce stade, le dialogue national apparaît comme la principale voie politique de sortie de crispation, mais aussi comme un test de sincérité pour tous les protagonistes. Si une convocation officielle intervient avant le 15 août, elle devra préciser les modalités, les participants, les garanties et les sujets à débattre. À défaut, l’opposition promet de reprendre la mobilisation. Dans un contexte de guerre, de débat constitutionnel et de fortes attentes sociales, la fenêtre politique reste étroite, mais décisive.

 

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