La Fédération congolaise de football association et la Direction générale des impôts ont évoqué un futur partenariat consacré au développement du football. À ce stade, les deux institutions ont ouvert une discussion. Aucun accord détaillé, budget ou calendrier n’a encore été rendu public.
Une rencontre qui ouvre un chantier
Le président de la FECOFA, Véron Mosengo, et le directeur général de la DGI, Bernabé Muakadi Muamba, se sont rencontrés le 28 août. Le compte rendu fédéral parle de perspectives de collaboration autour de la formation, de la détection des talents et de plusieurs défis institutionnels et fiscaux. Les échanges doivent se poursuivre.
Le mot partenariat peut susciter beaucoup d’attentes dans un football congolais qui manque de moyens stables. Il ne faut pourtant pas lui faire dire plus que ce qui a été annoncé. Il n’existe pas encore de convention publique précisant les engagements de chaque partie. Aucun programme destiné aux clubs, aux jeunes ou aux éducateurs n’a été présenté avec un financement et une date de début.
La différence entre une intention et un accord est importante. Une rencontre peut identifier des intérêts communs. Un partenariat exige ensuite un texte, des responsabilités, des règles financières et une méthode d’évaluation.
Que peut apporter une administration fiscale ?
La DGI n’est ni un sponsor commercial ni un ministère des Sports. Sa mission principale concerne l’impôt. Sa présence dans un projet lié au football peut néanmoins être utile si elle aide les structures sportives à mieux comprendre leurs obligations, à formaliser leurs activités et à sécuriser leurs opérations.
Les clubs, les académies, les agents, les organisateurs et les prestataires évoluent dans un secteur où circulent des recettes de billetterie, des rémunérations, des contrats et des droits commerciaux. Une meilleure information fiscale peut réduire l’improvisation et les conflits. Elle ne doit pas être confondue avec une exonération générale ou un financement automatique, car rien de tel n’a été annoncé.
La FECOFA évoque aussi la formation et la détection des talents. Le lien concret avec la DGI devra être expliqué. L’administration pourrait soutenir une action d’éducation ou participer à un cadre de formalisation. Si des ressources doivent être mobilisées, leur base juridique, leur origine et leur destination devront être connues.
Les clubs ont besoin de règles lisibles
Le football congolais se développe difficilement lorsque les acteurs découvrent leurs obligations au dernier moment. Des règles simples sur les contrats, les déclarations et la gestion des recettes peuvent aider les clubs à planifier. Elles peuvent aussi rendre les comptes plus crédibles pour de futurs partenaires privés.
Cette formalisation ne doit toutefois pas écraser les petites structures. Une académie de quartier n’a pas les mêmes moyens qu’un grand club. Un dispositif utile devrait prévoir des outils adaptés, une période d’accompagnement et des points de contact accessibles dans les provinces.
La transparence sera décisive. Si le partenariat prévoit des formations, il faudra publier les critères de sélection et le nombre de bénéficiaires. S’il soutient la détection, les zones couvertes, les catégories d’âge et le parcours des jeunes retenus devront être précisés. S’il touche à la fiscalité, les textes applicables doivent être accessibles à tous, sans privilège négocié dans l’ombre.
Cinq questions avant de juger l’impact
Le futur accord pourra être évalué à partir de questions simples. Quel problème précis veut-il résoudre ? Quel service apporte chaque institution ? Quel budget est mobilisé ? Qui peut en bénéficier ? Quels résultats seront publiés et à quelle date ?
Ces réponses protégeraient aussi les deux parties. La DGI éviterait d’être présentée comme un bailleur qu’elle n’est pas. La FECOFA pourrait montrer que la coopération s’inscrit dans un programme cohérent plutôt que dans une succession de rencontres protocolaires.
Le football a besoin de partenariats, mais surtout de partenariats exécutés. Une photo de réunion ne forme pas un entraîneur, ne repère pas un talent et ne régularise pas les comptes d’un club. Ces effets apparaissent lorsque des outils sont disponibles et que les bénéficiaires peuvent les utiliser.
La discussion du 28 août mérite donc d’être suivie sans être surinterprétée. Elle peut ouvrir une voie intéressante entre gouvernance sportive et formalisation économique. Pour devenir une information pleinement positive, elle devra maintenant produire un accord public, un calendrier et des engagements vérifiables. Jusque-là, il s’agit d’une promesse de collaboration, pas encore d’un résultat pour le football congolais.

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